Les voraces et le coriace

Fallait voir, hier matin, la joie et l’allégresse qui régnaient au sein de la médiasphère internationale unanime! Il s’est planté, le gros albinos! La gamelle de sa vie, dites donc! Pour niquer l’Obamacare il repassera, Donald, qu’il aille se faire voir chez Mickey, l’enflure! On se serait cru dans la cour de récréation des Maternelles, dites donc:
Oh l’incapable,
C’est qu’un gros minable,
Il est puni,
C’est bien fait pour lui!
En même temps, bien sûr, les rôteuses qui ont pété dans les salles de rédactions contenaient autre chose que du Champomy, mais la bonne humeur et l’optimisme des journalopes, alléchés par la perspective des emmerdements qui attendent encore le gros cochon rose de la Maison Blanche, procédaient manifestement de la candeur enfantine, voire de l’innocente cruauté des comploteurs en culottes courtes. Tout cela apparaît bien naturel, voyez vous, la puissance symbolique de la sécu mise en place par Saint Obama le Grand, l’Intangible, celui qui restera pour jamais le Premier-Président-Noir, ne saurait autoriser l’abominable Trump à l’effleurer si peu que ce fût avec ses sales mains pleines de doigts. Tout ce qui pense comme il faut en ce bas monde, depuis le dernier crados de ZAD jusqu’au plus chic des rédacteurs du Figaro, regarde l’ensemble des faits et gestes de l’actuel président des Etats-Unis, comme une série ininterrompue de blasphèmes et de crimes de lèse Bien-Pensance. Ainsi que l’exprimait si bien ma chère Grand-Mère, « il pourrait faire de l’or, ce serait de la merde« . Dès le départ et avant qu’il ouvre son infecte clappoir pour prononcer sa première parole de candidat à la Primaire Républicaine, nous savions déjà avoir affaire à une sinistre ordure… sauf qu’à l’époque personne n’imaginait le voir, au bout du compte, succéder au Bienheureux Barack-Hussein.
Par voie de conséquence, toute tentative de l’intéressé en vue de réaliser les mesures prévues dans son programme électoral fait l’objet d’une démolition médiatique préalable. Les Juges Fédéraux, pour la plupart farouchement hostiles, se chargent de détricoter tout ce qu’ils peuvent, à commencer par le décret anti-invasion musulmane, et certains députés Républicains, confrontés dans leur circonscription à une opinion publique média-formatée ou supposée telle, prennent position contre les textes proposés par l’affreux rouquemoute. De même que pour construire son mur-frontière avec le Mexique, ce dernier devra compter avec l’anathème frappant les entreprises candidates. Ainsi Lafarge, montré du doigt par les censeurs de la politique convenable, a t-il finalement renoncé, de peur de se retrouver cloué au pilori et écarté des marchés bien-pensants. Et comme chaque fois qu’il met le pied en terrain miné ça lui pète à la figure, Donald se voit peu à peu qualifié d’incompétent, d’andouille et de gros con prétentieux tout juste capable de confondre ses désirs avec une réalité dont il se trouve bien en peine d’appréhender la complexité. Reste à savoir si l’œuvre de désagrégation entreprise à son encontre portera ses fruits jusqu’au plus profond de l’Amérique obscure, là où se sont trouvés les présumés abrutis qui l’ont élu. Tout va dépendre des résultats de la politique trumpienne en matières économique et fiscale. Nous en saurons plus dans quelques mois. En attendant, comme dirait Hank Hulley, let piss the mérinos, in God we trust… plus ou moins. De toute façon, eux, quoi qu’on puisse en penser, ils ont leur président… nous c’est autre chose…

Je me résume: dans quatre semaines, heure pour heure, nous commencerons à consulter « La Libre Belgique » ou la « Dépèche de Genève » pour savoir qui, de Fillon ou de Macron, affrontera la mère Tapedur au second tour de la présidentielle. Autant dire, au train ou vont les choses, que nous y voilà déjà quasiment. A en croire les multiples organes de désinformation tous plus ou moins acquis à la cause du petit protégé des gens bien comme il faut, c’est lui qui tient la corde avec l’assurance de mettre plusieurs longueurs dans la vue à l’infâme Sarthois corrompu jusqu’au plus profond du caleçon en soie sauvage. Ce dernier a beau rester droit dans ses Weston,  dénoncer les basses manœuvres Élyséennes, le « cabinet noir » de Hollandouille, la mafia judiciaire de mèche avec Bercy et Beauveau -les deux mamelles des complots de l’Exécutif- rien n’y fait, les sondages restent de marbre et le mari de Brigitte toujours au coude à coude avec la progéniture de Jean-Marie. On le voit bien, pourtant, que Fillon a succédé à Sarko (lequel ne gêne plus personne) dans le laminoir à opposants. Même service d’enquête, même Parquet, mêmes magistrats, mêmes journalistes destinataires des informations couvertes par le secret de l’instruction! Tout pareil! Sans compter qu’elle est grosse la ficelle: tout se passe entre copains idéalement placés, le Directeur de Tracfin, celui des Affaires Criminelles, les cinq juges d’instruction préposés à la lutte contre l’adversaire politique. Rien n’échappe à la machine à broyer, jusqu’à Vallsounet! A l’époque où ce dernier pouvait encore présenter un danger, il avait eu droit à l’investigation qui tue…heureusement ou hélas pour lui, Petit Caudillo s’est vite révélé pétard mouillé…dossier classé sans suite! Ils se sont même payé le luxe de sacrifier Chicorée Premier, dites donc, le gros bovin de la Place Beauveau! Liquidé en trois heures, le mec, pour avoir embauché sa fifille, alors lycéenne, en tant qu’attachée parlementaire grassement payée. Ça ne mange pas de pain, vu que Le Roux personne n’en a rien à foutre, mais la preuve est ainsi faite que chez les Socialos le coup de pied au cul suit immédiatement le doigt pris en flagrant délit dans le pot de confiture…tout le monde ne peut pas en dire autant, pas vrai?
Alors, bon, cela saute aux yeux, le lynchage de Fillon procède des petits accommodements entre les réseaux personnels du Président, du Ministre des Finances et d’un certain nombre de leurs amis bien placés depuis 2012,  l’appareil de l’État, dévoué en quasi-totalité à la cause socialiste, se voyant opportunément utilisé. L’unique qui puisse se révéler assez niais pour soutenir le contraire c’est Bayrou! Pour lui pas de complot, que dalle, il croit à la rectitude des gens concernés et à l’indépendance de la Justice, le mec! C’est le seul qui assume le culot d’avancer pareille calembredaine… Toujours pareil « les cons ça ose tout… » un pur génie, ce Audiard!
Seulement voilà: Pénélope relève malheureusement du réel, le pognon du contribuable a bel et bien fini dans les poches des costards à cinq-mille balles de son époux. Et ça, pour s’en dépêtrer ce sera dur d’autant que le Franchouille est jaloux, envieux, près de ses sous, bref peu enclin à pardonner ce genre de comportement. Pour équilibrer le jeu autant que possible, il faudrait chercher quelques poux dans la tronche à Macroncron, retrouver les trois millions perdus de vue qu’il aurait gagnés chez Rotschild, éclaircir un peu ses dépenses de Ministre de l’Économie, regarder de plus près les dîners à Las Vegas, tout ça… Oui mais il conviendrait à cette fin de disposer des moyens d’investigation adéquats… ceux qui se trouvent entre les petites mains potelées de Hollandouille, vous voyez ce que je veux dire? J’espère me gourer, bien sûr, mais à mon humble avis Fillon c’est foutu…que voudriez vous qu’il fît contre tous ces salopards-là? Qu’il mourût? Ou qu’un beau désespoir alors le secourût?

Attendez,  je vous sors ça à cause du Traité de Rome, enfin de son soixantième anniversaire, vous voyez? Non? Bon, ça va, j’explique.
Le 25 Mars 1957 fut signé, à Rome, au Capitole, dans la Salle des Horaces et Curiaces, le traité qui fonda la Communauté Économique Européenne, autrement dit l’Europe des Six, le Marché Commun si vous préférez. Ce truc, qui devint au fil du temps l’Union Européenne, avait semble-t-il besoin d’un bon coup de boost, d’où l’idée de revenir en ce lieu éminemment symbolique pour signer, mais à vingt-sept ce coup-ci, une espèce de renouvellement de promesses, un peu comme feu Eddy-Barclay organisait en son temps des confirmations de mariage quand il commençait à en avoir ras la piste à mouches de divorcer juste pour convoler encore un nouveau coup.
Adoncques nos chefs d’états et de gouvernements Européens -Britanniques exceptés- se sont ils retrouvés hier, dans ladite salle des Horaces et compagnie, afin de signer une sorte de feuille d’émargement censée relancer l’Europe pour une nouvelle palanquée de décennies, sinon pour l’éternité -mais il convient de se méfier des ambitions démesurées, n’est il pas? Je ne saurais personnellement y trouver à redire, vu que les conneries symboliques, même si elles coûtent un peu cher, n’engagent à rien. En revanche j’apprécie le lieu, ça me rappelle plein de souvenirs et me fait remonter des tas de réminiscences (je suis Romaine hélas puisque  Horace est Romain- j’en ai reçu le titre en recevant sa main…) et ainsi de suite jusqu’au fameux morceau de bravoure de ce vieux con de Horace, déplorant que son dernier fils ait sauvé sa peau… jusqu’à ce qu’il comprenne, soulagé, que le petit rusé était parvenu à zigouiller successivement ses trois adversaires. N’y voyez cependant aucun parallèle avec la situation de Fillon, seul contre le Pouvoir et ses accessoires judiciaire et médiatique. Il aura du mal à courir assez vite pour les semer les uns après les autre, le pauvre pénélopisé, même s’il a pu démontrer, à tout le moins, une énorme capacité de résistance…le combat des voraces contre le coriace, en somme…

Allez, veuillez m’excuser et n’en passez pas moins une bonne semaine.
Amitiés à tous.

Et merde pour qui ne me lira pas.

NOURATIN

 

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A quoi tiennent les choses…

Cette fois-ci on va pouvoir le prendre à la rigolade, vu qu’à part un énorme bordel dans le trafic aérien, l’affaire n’a produit qu’un seul mort, l’ordure d’agresseur. Un de moins, c’est toujours ça de gagné, ça va dans le bon sens. Mais bon, ne nous emballons pas, le triste sire présentait un profil tellement commun qu’il s’en trouve des centaines de milliers d’exemplaires par tout le pays. Neuf condamnations au casier judiciaire, soupçonné de « radicalisation » au point d’avoir fait l’objet d’une perquisition au début de l’état d’urgence…mais, et c’est là qu’on voit tout l’intérêt du truc, infructueuse la perquisition! Z’ont rien trouvé les poulets! Alors, bon, pas la peine de le surveiller particulièrement, le gus, d’autant qu’il se trouvait déjà sous contrôle judiciaire pour vol à main armée! Un garçon bien ordinaire, en somme. Français que plus c’est pas possible: né à Paris en 1978, parmi les tout premiers fruits du regroupement familial, merci les Giscard-Chirac! Une belle « Chance pour la France », voilà! Un chouette multirécidiviste musulman fanatique qui se balade en parfaite liberté, tire sur les flics et agresse une petite soldate pour lui piquer son fusil d’assaut – Joli pays où l’on confie aux femmes le soin de protéger la population les armes à la main (ouh, flûte, je n’aurais peut être pas dû l’écrire, ça…enfin tant pis, au point où j’en suis…)-  Dieu merci les collègues de la petite, vu qu’un militaire, même chez nous, ça dispose encore un peu du droit de tuer l’ennemi, n’ont pas loupé l’occase d’expédier le salopard au paradis d’Allah…où d’ailleurs ce corniaud, infoutu de dézinguer le moindre chien d’infidèle, devra se contenter d’un strapontin de troisième classe. Sous le nez, les soixante douze vierges! Même pas à la moindre pute paradisiaque il aura droit, ce con! Maladroit va! Si au moins tu t’en étais pris à des flics, jamais ils n’eussent osé te flinguer, pauvre cloche, avec les Juges qui n’attendent que ça pour les embastiller! En pareil cas, tu nous zigouillais facile une bonne douzaine de voyageurs et tu partais pour la félicité éternelle, andouille, faut réfléchir, un peu, avant de s’embarquer n’importe comment pour le Djihad! M’enfin!

Bien entendu, comme à chaque fois en pareille occurrence, le cirque médiatique installe illico son chapiteau. BFM TV, notamment, ressort ses baratineurs de choc, les spécialistes de mes deux, genre Feltzer, le retraité d’Air France, qui débitent leurs spécialisteries à la con alors même qu’ils n’en savent pas plus que vous et moi; les Cazevide-Le Roux-Bignolle qui se pointent à Orly histoire de faire le tour du propriétaire, serrer quelques paluches de troufions et autres poulagas; le bouffon-bouffi Hollandouille, enfin ce qu’il en reste, qui salue le courage des Forces Armées… Et Marine Le Pen, joliment inspirée, qui évoque un « Gouvernement dépassé, ahuri, tétanisé, comme  un lapin dans les phares d’une voiture« … sans compter qu’au fond ils n’en ont plus rien  à secouer, ces branquignols, dans un mois ils disparaissent de la circulation. Enfin pas tous, peut être, vous en avez, comme Le Driant, qui espèrent encore sauver leur maroquin grâce à la providence macronnesque… et aux costards de François Fillon. Tout cela n’aura pas empêché le Premier Ministricule, d’appeler Mme. Le Pen à un minimum de dignité. Il ne se voit pas en chef-lapin,même à titre intérimaire, le nabot!
En attendant, avec le palmarès qu’il trimballe, Cazevide, il lui serait loisible de fermer sa pauvre gueule et de s’occuper de finir les cartons. C’est sous son règne à l’Intérieur que tout s’est passé! A part Merah, le précurseur, le déchaînement de la violence islamiste en France c’est tout pour sa pomme à ce con. Vallsounet, lui, grosso-modo il s’est sorti de Matignon avec une victoire morale sur les dangereux extrémistes de la Manif Pour Tous et le K.O. technique de l’affreux Dieudonné, mis à terre en même temps que la liberté d’expression et compté dix, comme on dit autour des rings, avec la bienveillante complicité  de M. Stirn du Conseil d’Etat. L’emballement subséquent des assassins musulmans fanatiques, depuis les frères Kouachi jusqu’aux ignobles ordures du Bataclan et de la Promenade des Anglais en passant par tous les autres qu’on finit par oublier tant ils nous enfoncent dans une espèce de routine mortifère, restera à jamais comme le glorieux bilan du petit chapeauté chafoin… Ce n’est pas pour rien que Hollande l’a bombardé Premier Ministre, c’est le symbole du quinquennat, Cazevide! Le roi du coup foireux, le prince du loupé, l’empereur de l’impéritie verbeuse! A tel point que, pour se donner l’air moins couillon par comparaison, il a trouvé le moyen d’en coller un pire que lui sur le poste: Chicorée Premier, Prince de Beauveau! Fallait la faire celle-là. Comme l’écrivait si admirablement Audiard pour « Le Cave se rebiffe »: « tu le reconnaîtras facilement, s’il existait un mètre étalon de la connerie, il serait à Sèvres« !

Et voilà donc feu Zied Ben Belgacem, l’assaillant à la manque d’Orly-Sud, le brillant représentant de la deuxième génération, qui vient lui enjoliver la fin de mandat, à Bruno Le Roux, ça lui manquait un petit attentat Djihadiste! Fort heureusement celui-là s’est révélé aussi minable que le ministre en cause, complètement à côté de la plaque! Deux nullités qui se rencontrent, dont une gentiment allongée sur le pavement de l’aérogare… Grâce à deux braves petits soldats, il fait désormais partie des bons islamistes, Zied, les islamistes morts! Et Le Roux-Ston, lui, il conviendra bientôt de le ranger parmi les anciens d’un gouvernement dont nous n’eûmes jamais l’impression qu’il existât vraiment, celui de Cazeneuve Le Bref (dans tous les sens du terme), le mandataire-liquidateur de la présidence clownesque de Pépère-Culbuto!

Qu’est-ce qu’il lui disait, ce dernier à Trump, déjà, la semaine dernière? Ah oui, j’y suis, un truc du genre « Monsieur, en France, on ne tire pas sur les gens à tout bout de champs ». Putain, en l’espace de vingt-quatre heures, appréciez la démonstration! Entre le camarade Ben Belgacem hier et le petit lycéen de Grasse voilà guère plus de deux jours, ça flingue tout public et tout azimut, pire que Columbine! Les morts en moins mais ça c’est le coup de pot. Un fils d’immigré Tunisien et un enfant d’élu municipal ripoublicon transfuge du Front National… Aucun rapport? Mais si, le point commun c’est l’invasion… Seulement on ne vous le dira jamais parce qu’il faudrait alors expliquer ce qui se passe dans les Lycées, entre les élèves aborigènes, comme le Killian en question, et leurs petits camarades issus (des pieds) de l’immigration. Dans la mesure où il faudrait entrer dans le détail, évoquer des choses qui fâchent, le quotidien de l’Éducation Nationale, les petites « incivilités » courantes, les harcèlements, les coups vicieux dans les coins, les tabassages à dix contre un, les viols sympas de copains à copines, tout ça quoi, la « vie scolaire » comme ils disent. Alors forcément un jour ou l’autre il s’en trouve un qui craque, qui part en quenouille sans préavis et qui se met à tirer dans le tas, comme aux États-Unis, l’exemple vient d’en haut, c’est bien connu. On n’en parlera pas trop, donc, de cette histoire grassoise, pas la peine de mettre les braves-gens au parfum, c’est-y pas mieux comme ça?

Et puis, vous savez, tout ce merdier ne peut aller qu’en s’aggravant. Ce pauvre vieux pays s’en va en sucette, la chose est désormais certaine et cela ne peut qu’empirer. Regardez donc trente secondes la brochette de trous de balle qui prétendent se présenter à nos suffrages dans le cadre ridicule d’une présidentielle vérolée. Non mais vous vous rendez compte: quatre candidats d’extrême gauche, marxistes, trotskystes, maoïstes, chavezistes, tout y passe! Vous me direz, plus ils seront nombreux moins chacun d’eux recueillera de voix, d’accord mais tout de même, à notre époque ça fait un peu décalé, non?
Après, je vous passe les plaisantins style Cheminade, Asselineau, Lassale ou Dupont-Gnangnan, gens dont on se demande bien ce qu’il viennent foutre en pareille affaire; si le populo avait connaissance des réseaux pourris qui soutiennent ces sortes de candidats, peut être la révolte éclaterait elle enfin…non je vous rassure, je dis ça pour rire.
Restent les trois vrais candidats dont l’un porte tellement de plomb dans l’aile qu’on se demande bien comment il parvient encore à voler… Hélas il se pétera la gueule le  23 Avril prochain, laissant les deux heureux finalistes s’étriper dans la perspective d’un second tour qui s’achèvera deux semaines plus tard par la victoire d’un jeune homme, bien sous tout rapport, paraît-il, mais, en tout cas, manifestement dépourvu des caractéristiques indispensables au redressement du pays. D’aucuns pourraient encore croire au succès de Marine Le Pen. Qu’ils se rassurent: c’est mathématiquement impossible.
Nous continuerons donc à dégringoler, probablement de plus en plus vite, jusqu’à ce que les copains de nos chers criminels salafistes s’emparent du pouvoir pour ne plus le lâcher jamais. C’est curieux mais je pense que les costards du père Fillon nous ont bousillé la dernière chance qui pouvait nous rester d’échapper encore au désastre… A quoi tiennent les choses, tout de même!

A la semaine prochaine en espérant que le Printemps, au moins, sera au rendez-vous.

Et merde pour qui ne me lira pas.

NOURATIN

Goràn Avaltàtric

Il est, tout au fond du bistrot, dans un recoin obscur jouxtant la porte des chiottes, une petite table bancale tristement accompagnée d’une seule et unique chaise, grisâtre et abandonnée comme un Fillon en liquidation judiciaire. C’est la place attitrée de Goran Avaltatric, le plus sombre et le plus solitaire des ivrognes du pourtour méditerranéen et de ses dépendances. Un Serbe, le mec, enfin d’origine. Arrivé ici en 63, évadé du chouette paradis marxiste de Tito…mais non, pas Titof, enfin, Tito, le Maréchal, quoi! Comment, que dites vous? Le Maréchal Pétain? Oh pétain de la Bonne Mère, mais ce n’est même plus de l’ignorance, ça, vous frisez la paraplégie cérébrale, faites gaffe! Bon, allez coucher! Laissez nous donc entre vieux, au moins, à nous autres, les souvenirs tiennent lieu de culture!
Il vient de temps en temps, Goran. Lorsqu’il débarque, sans jamais en décoincer une, il se traîne jusqu’à sa table personnelle, toujours vacante et disponible; nul ne songerait à la lui contester, non plus qu’un roturier-paroissien le prie-dieu de Madame la Comtesse à l’église du village… enfin, là aussi je vous parle d’un temps quasi-proustien où diversité et mondialisation n’existaient même pas à l’état de concept embryonnaire… je veux dire avant les smartphones, Twitter, Facebook et tout le toutim, pour ceux qui s’en souviendraient.
Une fois le Serbe assis (et non le serbassis(1), il s’agit juste d’un ablatif absolu, rien de plus) Thérèse lui apporte sa bouteille, également personnelle, de slivovitsa(2) avec un verre à moutarde, après quoi on l’oublie jusqu’à la fermeture. Il suffit alors de le réveiller et Goran se tire, du même pas traînassant et toujours dans le silence le plus hermétique. Un hochement de tronche en guise de salut et il disparaît dans la nuit, le mec, jusqu’à la prochaine; nul ne sait quand, y a pas de règle! Ce n’est pourtant pas faute d’avoir cherché les indices d’une quelconque logique, d’une routine algorythmée, d’une coïncidence directe ou pas avec les phases de la Lune, le retour des saisons, les apparitions périodiques de sauterelles, tampons ou autres termites… que dalle! Il revient quand il revient, le sieur Avaltatric, quand ça lui prend, voilà, aléatoirement… ou alors en vertu d’une horloge biologique réglée sur les ondulations telluriques Belgradoises, un truc dans ce goût-là…allez savoir…

Bref, ce matin, à l’heure du pastaga dominical, nous voilà tous réunis Derrière Napoléon histoire de commenter agréablement une actualité qui ressemble à un mur de pissotière tant elle se couvre d’obscénités au fur et à mesure des jours qui passent.
Et c’est en pleine péroraison de Maître Jean Trentasseur, scandalisé comme un curé du siècle dernier à qui on aurait conchié les burettes, par le culot des Fillonistes résiduels, lesquels osent mettre en doute l’impartialité des Juges, qu’une voix pâteuse au fort accent balkanique se fait soudain entendre depuis le fond crépusculaire de la grande salle.
-« Demande humble pardon, ces Monsieur…moi difficile comprendre situation à la con politique…juste plus savoir faire quoi pour voter dans bordel pas possible érection président… »
Nom de dieu, y cause! Nous voilà tous estomaqués par le scoop! Avaltatric qui rompt des décennies de mutisme! Vous vous rendez compte! Décidément depuis le Brexit et l’élection du camarade Donald, il se passe des trucs qu’on n’aurait même pas osé imaginer en rêve. On va finir par ne plus s’étonner de rien: on verrait la reine d’Angleterre esquisser un streap-tease, Jacques et Bernadette nous danser un tango torride ou François Bayrou devenir subitement intelligent, on n’y prêterait quasiment plus attention, je vous jure! Blasés, impassibles, indifférents à tout, pareils au stoïcien de ce brave Horace « si fractus illabatur orbis, impavidum ferient ruinae » (3)!
Encore plus stoïque que nous autres tous, c’est cependant Jean Foupallour qui se ressaisit le premier:
– » Caisse vous en avez à foute, M’sieur Goret, ça touche pas la Yougoslavie nos merdiers politiques, vous pouvez continuer à picoler tranquille, bilez vous pas… »
-« Goràn, scusez…et puis Yougoslavie fini depuis gros paquet temps, savoir vous? Maintenant Serbie libre et indépendant même si écrabouillé par Occidentaux amis des Musulmans…mais tout ça fini, oublié, on parle plus…sauf saloperie pour nous Kosôvo, mais bon, pas possible fabriquer goulash sans zigouiller bestiaux, pas vrai? Seulement aussi nationalité française 1982 depuis, moi, savoir pas? Alors vote comme citoyen d’ici et pas plus con qu’autre! Un homme une voix, comme dire chez nous…mais là comprends plus peau de balle, alors demande à vous, très forts analyse politique, je toujours entendre même si pas souvent capter cinq sur cinq.
« Impossible voter Marine, anticommuniste viscéral moi, beaucoup morflé quand jeune, dans pays mon… Et puis pas du tout apprécier Islam non plus, connaître oiseaux, dangereux comme pas soupçonner vous, couper couilles, arracher foie, crever zyeux, baiser femmes chrétiennes comme gorilles en rut avec plein foutre pour mettre enceinte…alors pas possible voter Macron, Hamon, Méchancon tout ça copain des Muz. Idée à moi, donc, Monsieur Fillon, bien élevé, propre sur lui, joli président comme tout! Et puis maintenant, tout le monde y pisse dessus pourquoi fait bosser gonzesse, Belsalope…enfin nom comme ça… Moi jamais vu couillonnade énorme comak, plus savoir quoi faire dans isoloir républicain! Vous comprendre, non? »

Nous comprendre en effet. Le doute l’habite comme nous tous. A l’exception toutefois de Maître Trentasseur, lequel, drapé dans sa dignité socialiste, fait l’article pour le petit Macrouillon.
-« Laissez donc tomber vos inquiétudes, Monsieur Bouftabite, venez rejoindre la jeunesse et le dynamisme alliés à la ferme clairvoyance qui caractérise le candidat du progrès bien compris. Votez Macron et oubliez vos haines! Nous combattrons à la fois le capitalisme borné et l’islamisme fanatique, en interdisant simultanément aux plus farouches des gauchistes tout accès à la moindre parcelle de pouvoir. Voilà ce que je vous propose et qu’il convient de faire. N’écoutez pas, s’il vous plaît, tous ces réactionnaire ici présents: ils n’ont à vous proposer que le renoncement et le chaos. Tandis que moi je vous dis: à votre santé, cher Monsieur Gorille! Thérèse, remettez donc une bouteille de vodka à mon ami et de la meilleure, c’est pour moi! »
-« Remercie très beaucoup excellence vôtre, rétorque l’interpellé…mais pas boire vodka moi! Vodka russe, je Serbe! En plus m’appelle pas je Gorille Bouftabite, nom à moi Avaltàtric Goràn, pas confondre…et puis petit trou de cul pédé pas du tout aime-je, grand piège à cons me semble et je pas assez idiote pour laisser niquer moi, scuzémoi! »

Il l’a vexé, dites donc, ce connard de Trentasseur! Sans compter qu’il a ses idées l’ex-taciturne, on ne la lui fait pas! Et du coup c’est le vieux Maurice qui reprend le crachoir au vol.
-« T’as raison, Goran, te laisse pas faire! En politique ou on se fait sa propre idée ou on se fait couillonner… Tu me diras, l’un n’empêche pas l’autre. Tiens, moi par exemple, voilà soixante ans bien sonnés que je vote et autant que je l’ai dans le pétrus. Soit que le peigne-cul pour qui j’ai voté m’a pris pour un con, soit qu’il s’est fait battre à plate couture. Alors j’ai fini par me faire une raison, je vote pour celui -ou celle- qui emmerde un max de monde…tout en sachant très bien que ce faisant je marche encore dans une combine visant, l’air de rien, à en faire élire un autre. Mais que veux tu, mon pauvre vieux débris, c’est la démocratie, ça, personne n’y peut rien!
« Et là, tu vois, l’esprit de contradiction qui me caractérise, me conduit à soutenir l’autre pignouf de Fillon. Moi, les mecs qui se retrouvent seuls contre tous, ça m’a toujours branché, surtout quand ils possèdent un minimum de burnes. Il en trimballe deux grosses le type! Faut dire aussi qu’il n’a plus rien à perdre. Seulement, face aux rats qui s’échappent en hordes du navire, face aux ennemis qui se marrent doucement en assistant au naufrage, il fait front, il résiste. Pendant que ceux qui lui léchaient goulûment tous les accessoire y a pas un mois, le poussent dehors à grands coups de pompe dans le derche, lui il fait venir une chiée de couillons pour remplir l’esplanade du Trocadero et il essaie de donner l’impression qu’il résiste avec l’énergie d’un désespoir bien maîtrisé.
« Alors quand je vois ce gus, ni plus ni moins malhonnête que n’importe lequel de ses collègues, pourchassé par les juges rouges qui ont décidé de lui faire la peau -au même titre que Sarko lorsqu’il était encore dans la course et à qui ils foutent maintenant une paix ségolènesque- quand je vois ses anciens potes qui veulent lui substituer Mohamed Ali, là, le bordelier de Bordeaux dont personne ne veut, hé bien je marche avec lui, voilà! Je vote Fillon s’il est encore là en Avril, ce dont je doute, malheureusement… En tout cas si les Ripoublicons ont le culot de remplacer un mis en examen par un repris de justice, non seulement ils vont se rétamer la gueule mais encore ils se déconsidèreront totalement vis à vis des quatre millions et demi de gogos qui ont raqué quatre Euros pour s’emmerder à aller voter à leur primaire de mes baloches! Après, tu fais ce que tu veux, camarade Sustapine, mais moi je vois les choses comme ça. »
-« Je pas Sustapine, fait le Serbe un peu saoûlé, appelle je Avaltàtric Goràn! »

Bon qu’est-ce qu’on y peut, me dis-je en finissant mon ultime Ricard, nous devrions selon toute probabilité nous farcir un quinquennat Macron -deux dans le pire des cas- tout a été combiné pour et je ne vois pas comment l’affaire pourrait louper. Comme dit Maurice chacun fera un peu comme il voudra. En tout cas nul ne saurait blâmer le citoyen pêcheur du 23 Avril prochain vu que mettre ce jour là un bulletin dans l’urne ça revient à souffler dans un violon, et je reste poli. Et la France dans tout ça? Eh bien elle continue de plus belles à partir en couilles… c’est la démocratie qui le veut, pas vrai?
Au fond, il se complique la vie pour pas grand chose, Goran Avaltatric, en réalité il n’y a rien à comprendre, il y a juste à subir.

Amitiés à tous.

Et merde pour qui ne me lira pas.

NOURATIN

(1)Serbassis: démon chef de légions, une sorte de centurion des Enfers.

(2)Slivovitsa: alcool de prune des campagnes serbes, la vraie cogne 80°!

(3) »Si fractus illabatur orbis impavidum ferient ruinae » vers d’Horace qui prétend que le stage stoïcien resterait impassible même si le ciel lui tombait sur la gueule. Pour nous faire marrer mon vieux prof traduisait par « il n’est pas vide, il ne fait rien qu’uriner », c’est sans doute pour cela que je m’en souviens encore.