C’est au pied du mur qu’on voit le Macron

-« Ah ben flûte alors, ça commençait à devenir nécessaire, ça, Septembre! Deux mois qu’on s’enquille la chaleur, les incendies, les touristes, les moustiques et tout le toutim, nuisances et compagnie, là on va un peu souffler, tiens, pas trop tôt! »
Et hop, une super-lampée de Ricard on the rocks  qu’il s’enfile avec délice, le camarade Jean Foupallour, et je ne vous parle même pas de l’espèce de soupir-grognement de volupté qui suit immédiatement l’ingestion du divin liquide, un vrai bonheur!
-« On va souffler, on va souffler… Moi, observe le vieux Maurice, après le gros rot qui suit toujours chez lui la troisième gorgée de son demi-pression, je me demande bien sur quoi, tiens. Souffler sur les braises, peut être, histoire de réchauffer un peu l’atmosphère? Bon, déjà lorsque arrive l’automne aux doigts de merde on peut s’attendre aux petites augmentations de toutes leurs taxes de mes deux qui vont nous vider le porte-lasagnes,  en attendant les deux points de C.S.G. promis par le divin Macrouille avec sa gueule enfarinée et son air de ne pas y toucher. Il faut leur presser le citron aux retraités! Voilà son truc, à lui, les racailles cacochymes qui se gavent sur les jeunes générations, il va te leur faire déguster les suites des trente glorieuses, le mecton. Les trente piteuses arrivent…enfin moi, à mon âge, forcément pas tant que ça, mais tout de même, bordel de dieu, sur les quatre sous-espagnols que me balancent leurs Caisses percées, dès Janvier prochain je vais en refiler, de gré ou de force -façon de parler, vu que mon gré ils s’en passera le morveux à sa Brigitte- une jolie pincée pour engraisser un peu plus tout un tas de branleurs que je ne connais même pas. La solidarité inter-générationnelle, ils appellent! C’est Mohamed et Mamadou qui vont être contents, dites donc, ils vont prendre des forces pour venir nous crever la gueule, la vie est belle, pas vrai?
« Cela dit, vous savez, poursuit l’ancêtre sur sa lancée, enlever son pognon à un vieux c’est comme défigurer un jeune,  vous les privez tous les deux de leur potentiel de séduction! Moi, déjà, pour aller voir Jennyfer deux fois par mois, je dois me priver un peu, vous voyez, privilégier la pomme de terre par rapport à l’entrecôte marchand de vin, faut ce qu’il faut, y a pas de miracle…Mais avec les conneries de l’autre trou du cul, va falloir que je réduise aussi la ration de patates, vous vous rendez compte… Et comment je m’entretiens  les ardeurs, moi, si je ne bouffe plus, hein? Faut quand même un minimum de calories pour astiquer le tunnel, sans quoi vous n’arriver même plus a vous démarrer à la manivelle! Déjà qu’elle a tendance à devenir semi-automatique (oui faut la monter à la main mais elle redescend toute seule) l’inanition ne risque pas de m’arranger le coup! Elle va marcher beaucoup moins bien comme disait Bourvil! Pédé de Macron, va! »

Ce qu’il y a de plaisant, entre autres avantages, DERRIERE NAPOLEON, c’est qu’il y a toujours un zigomar prêt à saisir la balle au bond pour relancer la conversation dans une direction inattendue. En l’occurrence sur ce coup là, l’ancêtrissime Blaise Sanzel, mettant à profit le décilitre de bière dûment englouti par l’orateur, glisse mezzo voce  une petite interrogation pas vraiment innocente, bien qu’accessoire.
-« Oui, Maurice, cette demoiselle Jennyfer, tu voudrais pas nous en dire un peu plus? On ne connaît pas, nous autres, alors comme ça peut intéresser du monde, on ne sait jamais, n’est-ce pas, sans compter les tarifs de groupe qu’on peut toujours négocier le cas échéant… »
-« Ah écoutez, les vieux cochons, intervient Thérèse en claquant un grand coup de torchon mouillé sur le zinc, vous fréquentez une maison sérieuse, ici, pas un lupanar! Alors vos histoires de pétasses, vous en parlez où vous voulez mais pas devant les dames, crédieu! Et puisque vous voulez tout savoir, Monsieur Blaise (sans « L » hein, vous n’avez pas honte à votre âge?) la Jennyfer en question vous la trouverez sans difficulté dans le magasin de chaussures à l’angle de la rue en face, la petite brune un peu sur le retour qui sert de vendeuse au patron, vous savez, Oreste Malchaussay…Enfin, elle ne lui sert pas que d’employée, faut préciser, mais ça ne l’empêche pas, la coquine, d’exercer en extra, vu que la godasse nourrit mal son homme et encore moins sa femme, de nos jours, avec la concurrence d’Internet et des grandes surfaces. Alors si le cœur et le plus-bas vous en disent, c’est vous qui voyez, pas de problème, mais siouplait évitez d’étaler vos turpitudes chez les honnêtes gens! »
-« Heu, la petite brune, vous dites, risque le vieux schnock, celle qui métisse juste ce qu’il faut dans  l’antillais…huumm, j’adore… »
-« Ah écoutez, espèce de vieux satyre vicelard, vous comprenez le français où vous virez complètement gaga? Changez de sujet où alors de crèmerie, au choix! M’enfin qui c’est qui m’a foutu des nonagénaires de ce calibre, j’ai fait quoi au bon dieu, moi, pour mériter ça? De toute façon pour aller vous désengorger la tubulure, faudra attendre Mardi, vu qu’Oreste, le Dimanche et le Lundi, il emmène la petite dans un gourbi à la montagne, ils organisent des rencontres avec d’autres personnes, vous voyez…mais pas des fossiles de votre espèce, je vous rassure, commencez pas à fantasmer, tel que je vous vois, sardanapale! »

Pensant qu’il devenait indispensable de créer la diversion, notre bien cher Maître Jean Trentasseur, qui vient de vider son désormais habituel godet de Mc Ron, intervient opportunément histoire de placer son petit couplet militant néo-socialiste revu et corrigé Répupu en Marche.
-« En attendant, vous pouvez dire ce qu’il vous plaira mais je vous ferai observer, Messieurs, la ponctualité avec laquelle notre Gouvernement tient ses engagements. Nous attendions les ordonnances, les voilà! … Au fait ma bonne Thérèse vous n’auriez pas son portable à Melle. Jennyfer, juste comme ça, pour ne pas déranger mon ami Malchaussay… Plaît-il, que dites vous? Ah que j’aille me faire…Oooh! Très bien, n’en parlons plus, Maurice tu dois l’avoir, toi, non? Ah, je puis me brosser…Bon alors revenons à nos moutons. … Contrairement à ce qu’un vain peuple eût pensé, bien accueillies par le patronat les ordonnances Penicaud, et sans grand tapage de la part des syndicats, vous l’aurez remarqué, j’imagine! Ces gens-là savent naviguer, vous auriez mauvaise grâce à prétendre le contraire, et les prophètes de malheur qui prédisaient une rentrée chaude en seront pour leurs frais, tenez vous le pour dit!..
-« Ben pour sûr, tu parles, rétorque Foupallour, y a que dalle dans sa soi-disant réforme! Le petit Manu y devait envoyer la révolution et y nous balance deux trois mesurettes de misère, avec la possibilité de négocier pour les petites entreprises, comme s’ils l’avaient attendu pour causer ensemble, les patrons et les manards, tiens! Et même pas la peine de venir nous faire miroiter l’histoire du plafonnement des indemnités prud’hommmales, à ce que je me suis laissé dire ce sera cassé par le Conseil Constitutionnel à cause des juges  qui n’aiment pas qu’on leur ratiboise du pouvoir! »
-« Mais attendez un peu, réplique alors le Maître, vous découvrez l’Amérique, là, mon bon Jeannot? Figurez vous que la révolution du Code du Travail c’est ce que nous avons laissé croire aux andouilles de droite qui ont voté pour nous, enfin! Vous n’avez tout de même pas envisagé que nous foutrions en l’air notre belle législation sociale, non? C’est nous qui l’avons bâtie, figurez vous! Alors qu’on prenne des mesure favorables aux grosses entreprises et à la haute finance afin de renvoyer l’ascenseur à ceux qui nous ont facilité la prise du pouvoir, cela me semble parfaitement  raisonnable, mais au delà, voyons, vous n’y pensez pas! »
-« Mais dites, alors, Maître, si c’est vraiment comme ça, pourquoi, alors, les socialos vieille école et les recyclés dans le macronnisme se foutent-ils des torgnoles devant tout le monde au point de s’envoyer aux soins-intensifs? Bon, je veux bien que le Macronnien en question s’appelle M’jid El Guerrab, ça explique  un peu, mais on a affaire à des députés, tout de même? »
-« Attention Jeannot, Padamalgam, en rajoute ce brave Blaise, n’oublions pas qu’un témoin, sans doute digne de foi, rapporte que l’hospitalisé, lequel s’est morflé une bordée meurtrière de coups de casque de scooter, aurait traité ce pauvre M’jid de sale arabe de merde… Remarquez, venant d’un socialiste comme ce Boris Faure, la chose paraît fort peu crédible…arabe de merde, à la rigueur je veux bien, mais sale, tout de même… »
-« Ho, vous pouvez persifler, cher ami, fait le Maïtre, en attendant cette altercation, certes regrettable la violence restant inadmissible quelle qu’en puisse être l’auteur ni la cause, ne comporte pas le moindre rapport avec les avancées irrésistibles de la Présidence Macron. Et puisque vous jugez utile d’évoquer cet incident, je vous ferai respectueusement remarquer que M. El Guerrab suivit jadis sa scolarité dans les écoles catholiques, c’est sans doute de là que lui viennent de telles pulsions agressives, vous savez…pour peu qu’il ait subi dans son enfance, les assauts pédophiles de prêtres sans scrupules… »

-« Vous en avez de bonnes, y a pas, conclut Maurice! Un avocat socialo-macronnien ça vous ferait prendre des vessies de porc pour des lanternes islamiques! En revanche, j’aimerais autant que vous évitiez tous de tourner autour de Jennyfer, on a ses petites jalousies, vous savez, ce n’est pas une question d’âge, ni de tarif…Et puis, Maître, vous allez récupérer du boulot, maintenant, vous pouvez nous raconter ce que vous voulez mais il est au pied du mur, désormais, votre petit Présipède, et comme on dit, n’est-ce pas, c’est au pied du mur qu’on voit le Macron! Whaaarfff! »

Eh bien en effet, s’il en est ainsi nous n’avons pas fini de le voir, alors, le petit Manu!

Bonne semaine tout de même et amitiés à vous tous.

Et merde pour qui ne me lira pas.

NOURATIN

10 réflexions sur “C’est au pied du mur qu’on voit le Macron

  1. G.Mevennais 3 septembre 2017 / 17 h 11 min

    Ben voilà ! Je vous demandais, la semaine dernière, s’il était possible de faire un billet « optimiste », d’éviter de déprimer, c’est réussi. Non seulement vous êtes inimitable avec vos personnages de troquet, mais là, c’est du tout bon. Super donc et….merci pour la rigolade « non stop » à la lecture de ce billet. Je ne prendrais qu’un exemple, deux extraits du même paragraphe : « Astiquer le tunnel » et « semi automatique, elle monte à la main et redescend toute seule »…. j’en ai encore mal aux côtes !
    Amitiés, cher mi, et bonne semaine à tous.
    Gilles

    Aimé par 1 personne

  2. nouratinbis 3 septembre 2017 / 17 h 14 min

    Merci à vous, cher Gilles, je savais que cela vous ferait plaisir.
    A bientôt, amitiés.

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  3. Liz Ford 3 septembre 2017 / 18 h 10 min

    Bonsoir,

    Comme Gilles, j’ai ri sur le même passage. « … et redescend toute seule » quelqu’un à côté de moi a rajouté : « comme une grande ! » Eclat de rire général. Merci cher Nouratin.
    La gauloiserie a quelque chose de rassurant, de vivifiant. Le fameux entre-soi de souche et de coeur.

    Notre présipède (excellent Nouratin !), alias Ganymède, -petit rappel : Ganymède, de nom international Jupiter III Ganymede, est un satellite naturel de Jupiter- amant de Zeus, vient faire le job pour le dieu de la banque. En se qualifiant de Jupiter, il a tout dit.
    Il n’est donc qu’un échanson.
    Mais il nous fait trinquer et offre le poison sur ordre.
    La fin de l’épisode reste à écrire.

    Heureux aïd el-kébir à tous, ici nous partageons une daube de sanglier. On fête la vie comme on peut…
    Oecuménique vous dis-je !

    Bien des bises souriantes,

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    • nouratinbis 3 septembre 2017 / 19 h 27 min

      Vive la fête du mouton! Quand on voit comment ils la lui font,
      sa fête, il est à craindre que ce soit un jour ou l’autre notre
      fête à nous aussi…
      Et vive aussi le sanglier (pour d’autres raisons).
      Bises mythologiques.

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  4. Gérard 3 septembre 2017 / 18 h 37 min

    « En même temps », « celles-zé-ceux » qui vont morfler (c’est à dire vous, apparemment, bande de retraités qui passez votre temps au bistro, et moi et moi et moi), ils vont permettre de baisser les charges sociales sur les salaires parce que, voyez-vous, il faut leur laisser leur pouvoir d’achat , aux salariés qui vont aussi subir la hausse de la CSG. Faut bien compenser …
    Parce que eux, si on baisse leur pouvoir d’achat, ils risqueraient d’en parler à Méluche.
    Alors que vous, les retraités plus ou moins gâteux et qui ne foutez rien, vous ne pouvez tout de même pas refuser la solidarité intergénérationelle que c’est une des valeurs de la répupu : parce que eux, non seulement ils cotisent pour payer votre retraite (alors que vous ne foutez rien, je le rappelle tout de même) mais en plus ils vont se payer les migrants, les réfugiés de mes deux, les muzz et peut-être même macrouille pendant plus longtemps que vous.
    Après tout, si vous aviez fait ce qu’il fallait en son temps en virant les politocards qui ont commencé à les faire rentrer avec toute leur smallah, on n’en serait pas là.
    Amitiés quand même mais arrêtez de ronchonner : vous allez cotiser pour la bonne cause : c’est pas comme si c’était pour Fillon ; Brigitte elle a tout de même de plus belles cannes que Pénélope, non ?

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    • nouratinbis 3 septembre 2017 / 19 h 30 min

      C’est vrai, Brigitte côté cannes, on dirait un Robust de Saint-Etienne
      (pour ceux qui ne connaissent pas, un fusil à deux coups).
      Il est clair que le vieux citoyen paye sa connerie collective, ce sont
      les Valeurs de la Répupu…saloperie de Répupu!
      Amitiés.

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  5. Boutfil 3 septembre 2017 / 18 h 40 min

    j’ai bien aimé aussi l’histoire du tunnel , ils sont  » béton » tes pochetrons, ( comme disent les d’jeunes ) je crois que ce vieil esprit Français ne disparaitra pas, même après nous, il y aura toujours quelques bien éduqués qui aurons le souvenir de nos galéjades et ça, les envahisseurs peuvent toujours s’accrocher pour suivre et comprendre, éduquons nos petits enfants, j’ai commencé avec les miens
    gros bisous

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    • nouratinbis 3 septembre 2017 / 19 h 33 min

      Tu fais bien, c’est primordial, il faut qu’ils se souviennent, comme
      ils disent au Québec, qu’ils partagent…et qu’on les débarrasse
      des foutaises que l’école leur fourre dans le crâne.
      Gros bisous.

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  6. Pangloss 4 septembre 2017 / 7 h 18 min

    Moi, ce qui me fout le bourdon, c’est qu’à mon âge, je risque de ne pas connaître un autre présichose que Macron. Surtout s’il est réélu dans cinq ans. Tiens, Macron, c’est comme un chat: si j’en prends un maintenant, il a de grandes chances de me survivre. Pour Macron, je ne me fais pas trop de souci, les jeunes seront là pour lui donner sa pâtée, mais un chat … ?

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  7. nouratinbis 4 septembre 2017 / 7 h 46 min

    De la à dire qu’il vaut mieux pour nous prendre un Macron plutôt
    qu’un chat…L’idéal serait tout de même un cochon, on peut à tout
    moment décider de le bouffer, ce qui n’est pas le cas des deux
    autres bestioles!
    Amitiés.

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