Allumez le feu Johnny

Chaque âge a ses plaisirs, chaque époque ses héros, chaque siècle ses obsèques à grand concours de population dans les rues de Paris. Le XIXème. finit sur Victor Hugo, lequel exécuta dans son cercueil une tournée triomphale, escorté par des  milliers d’admirateurs émus, le XXIème. démarre, un peu tardivement mais en fanfare, avec la descente des Champs Élysées par feu Johnny au milieu d’une double haie de centaines de milliers de fanatiques éperdument chagrinés. Précédé, le joli catafalque blanc, de bataillons de « bikers » en rangs serrés, à moitié aveuglés par leurs grosses larmes de tendres brutes. Puis te-deumisé à La Madeleine devant un parterre de grossiums du show-biz rehaussé par la présence d’une impressionnante délégation de super-politicards, elle même ornementée de trois présidents de la République dont un en exercice…hélas, le potentiel quatrième, un pote à feu Johnny, lui aussi, se trouva-t-il totalement empêché d’assister aux zobes secs pour cause de gâtisme désormais effroyablement avancé.
Bref, enfoncé Totor des Feuillantines et tous les autres déjà bien oubliés, tels Pierre Loti ou Paul Valéry, par exemple, dont les obsèques nationales, au demeurant grandioses, réunirent péniblement quelques grosses centaines de badauds plus ou moins indifférents, pour la plupart, à la disparition de ces personnages d’exception. Bien sûr, feu Johnny, en comparaison, c’était juste un brave couillon qui poussait la chansonnette rockenrollesque avec un art consommé…cependant en cinquante-sept ans d’occupation systématique du PAF, ce garçon s’était constitué un portefeuille de fanatiques inconditionnels propre à faire baver d’envie le petit Kim Jung Un (…deux, à trois j’atomise Trump!) soi même.
Et l’avantage compétitif dirimant du rocker sur le génie des arts et lettre, réside dans la facilité d’accès…même pas besoin de savoir lire, ni d’éducation, ni d’intelligence, ni même d’oreille musicale! Feu Johnny ça parlait à tout le monde, sans autre intermédiaire que nos media boostés au matraquage publicitaire et à l’artillerie lourde d’un marketing simplificateur. Tout cela tombe à pic, vu que, de plus en plus abruties, nos populations ne gobent exclusivement que le frichti pré-mâché des vendeurs d’amusement fastoche. Feu le chanteur en question réunissait toutes les caractéristiques du produit bankable sur la longue durée et un bon million de braves-gens -l’élite des fans désolés- arrosa de pleurs aussi abondants que profondément sincères, le pavé de la Madeleine et de la Rue Royale, où ils s’entassèrent tant bien que mal, pendant que l’Église à tronche de Panthéon un peu raté rendait son hommage, funèbre et solennel, à l’illustrissime défunt.
Eh oui, chaque période de l’Histoire engendre ses idoles, l’après guerre suscita la vague des « Yéyés », jeunes chanteurs mal dégrossis jetés sur le juteux marché d’un baby boom en pleine expansion. Dès le début des années soixante, les petites merdeuses et les petits merdeux nés en masse depuis le retour des prisonniers de guerre, se précipitèrent sur leur Teppaz, offert par un Père Noël plein d’astuce commerciale, afin de se trémousser en cadence sur les chansons à la con proposées par les marchands israélites de petits rockers des deux sexes -voire plus- singeant leurs homologues amerloques avec, en général, une grosse bonne volonté qui leur tenait lieu de talent. Quelques un de ces produits, par construction éphémères (d’alors) trouvèrent une ouverture inespérée et demeurent aujourd’hui encore sur le marché, tels Eddy Mitchell, Sylvie Vartan et quelques autres de moindre notoriété. Cependant la marque phare, le champion toutes catégories des vieux- jeunes idolâtrés par les foules sentimentales, ce fut évidemment et sans conteste ce brave feu Johnny dont la mémoire restera gravée dans les cervelles rockailleuses jusqu’à disparition du dernier des adorateurs johnniques, laquelle n’interviendra pas avant plusieurs décennies en raison de l’étendue pluri-générationnelle de la clientèle en cause.

Nous autres ce matin DERRIERE NAPOLEON, bien abrités derrière nos flutes, fêtons les quatre vingt treize balais de notre ami Blaise Sanzel (voir aussi ici…notamment) et ça se fête au grand champagne, un carat de ce calibre, d’autant qu’il a beau porter beau, le mathusalem, nul ne saurait garantir qu’il fût encore parmi nous l’an prochain. Cependant, me direz vous à juste titre, ce qui se révèle exact pour Blaise l’est quasiment autant pour nous autres, tous plus ou moins nés dans la première moitié du siècle dernier…demandez donc à Johnny, tiens, au hasard! Alors justement, ce dernier s’invite dans une conversation dont le côté joyeux se trouve quelque peu tempéré par un temps qui ne l’est guère…tempéré veux-je dire, suivez un peu enfin! Non seulement il pleut comme vache qui pisse, mais encore un froid pénétrant autant qu’inhabituel nous glace les extrémités…mais non, pas celle-là, c’est dûment protégé le secteur stratégique! En revanche le père Blaise a-t-il enfilé ses mitaines afin de bien saisir son verre tout en limitant au max les risques de cyanose. La prudence apparaît comme un gage de longévité, ce mec l’a bien compris depuis fort longtemps et je vous invite tous, mes chers amis, à vous imprégner de cette sorte de sagesse car l’intérêt de mourir comme un con avant d’avoir atteint le moment où l’on commence à souhaiter le repos éternel, me semble largement surestimé. Ah qu’il eût été bien inspiré de la jouer raisonnable, Halliday! Comme Aznavour, tiens, par exemple, en voilà un qui tient encore debout et parvient même à vocaliser un peu tous les matins afin de rester en mesure de donner, de temps à autres, un petit récital télévisé histoire d’entretenir la flamme dans les yeux des petites vieilles qui persistent dans leur amour inconditionnel pour le chanteur au gosier voilé. Comme quoi, les mecs de nonante trois piges tiennent souvent mieux le choc que leurs cadets, surtout quand ces derniers ont beaucoup tapé dans la gourde…mais non, voyons, je ne faisais aucune allusion déplacée à Lætitia, m’enfin! je causais bouteille, zut! A cet égard, nous aurons pu remarquer avec tristesse et inquiétude l’absence de Jacques Dutronc aux obsèques de son vieux pote…Heureusement qu’il nous reste Adamo, d’autant que celui-là on ne l’entend plus…deux raisons de boire Contrex!

Je vous disais donc qu’il alimente la conversation, ce cher vieux Jean-Philippe, et parfois dans un registre inattendu. Ainsi, le vieux Maurice, lui, trouve du positif dans les cérémonies d’hier à La Madeleine:
-« Vous réalisez, les mecs, la mandale qu’ils se prennent, les soi-disant libres-penseurs, ceux qui exigent la disparition des croix dans les espaces publics et des crèches dans les écoles et les mairies? Les dhimmis qui mettent le catholicisme au rencart pour qu’il abandonne sa place toute chaude aux serviteurs d’Allah? Au moins Johnny Halliday, on peut en penser ce qu’on veut mais il s’en est allé en grandes santiags…enfin je veux dire pompes, avec tous les sacrements idoines, le Curé revêtu des ornements ça sert d’auto et la nef de l’Église des Parigots truffés de pognon, pleine à craquer de tout un tas de gens qui n’y foutent jamais les pieds. A commencer par Macrounette, le copain en chef des Muz, le pourfendeur des Pieds-Noirs criminels contre l’humanité, le roi de l’esquive, il a cependant trouvé la combine pour limiter les dégâts, discours sur le parvis et pas de signe de croix, faut pas déconner tout de même! En attendant il y était, hé, le moyen de faire autrement, pas vrai, vous avez vu le nombre d’électeurs que ça représente feu Johnny? Un macchabée capable de faire descendre dans la rue plus de monde que tous les syndicalistes et mélanchonniens vivants réunis? Incontournables, la messe, les bondieuseries, les chants d’inspiration catholique style Ave-Maria de Schubert! C’est con, mais ce coup-là ça ne se passait pas à la mosquée, merde! Alors le Rocker, tant qu’à faire, on va le remercier pour son tour d’honneur, parce qu’après lui, ce sera fini. Les grandes vedettes d’aujourd’hui, s’il y en a encore, ce sont des rappeurs, des slammeurs, des Omar Sy et des Djamel Deux-Bouses! A supposer qu’ils restent aussi longtemps que le papa de Jade -la probabilité me semble faible- tous ces gens-là ne se feront jamais obséquiser à l’Eglise; l’archiprêtre peut ranger les burettes et le saint-chrème, c’est la dernière fois qu’il verra un enterrement de cette envergure ! L’Imam récupèrera le bizness, forcément, l’ordre des choses est ainsi établi, les envahisseurs finissent toujours par prendre le dessus…En somme, feu Halliday c’est un peu notre dernier des Mohicans…tu peux dire tout ce que tu veux, Nouratin, les braves gens ne s’y sont pas trompés: il n’avait rien de Victor Hugo, évidemment, ce n’est pas le génie qui l’étouffait, bien sûr, mais il représentait d’une certaine façon l’Occident…ils vont l’enterrer aux Antilles. Sauf tsunami, il a plus de chances là-bas d’éviter la profanation qui nous pend au pif, à tous, dans une terre chrétienne qui ne le restera pas longtemps! »

Voilà en somme une façon de voir les choses qui m’avait un peu échappé…il n’a pas tort, Maurice; quelque chose, incontestablement, faisait défaut à la foule sans nombre qui, ce samedi, inondait les portiques de la Madeleine: il lui manquait la diversité! L’idole des franchouilles de souche, Jojo la guitare! Avec lui, un monde s’en va, pour toujur, comme il gueulait, afin de rimer avec l’amur!
Cela méritait bien un « hommage national », après tout.
Et pour finir sur la minablerie du jour, je vous retranscris le propos de Jean Foupallour, bourré au rôteux avec les dents du fond dans les bulles: « Merde alors, j’espère qu’y vont pas l’incinérer, là bas, à Saint Barth…vous vous rendez compte, le croque mort: allez, allumeeeeeez le feu, allumez le feueueu Johnny! »

Passez tout de même une bonne semaine dans la paix du Christ, du Macron et du Johnny…qui sait, si ça se trouve demain ce dernier ressuscitera, allez savoir. Oui, vous avez raison, j’aurais dû l’éviter celle-là…
Allumeeeeeeeeez le feu…
Amitiés à tous.

Et merde pour qui ne me lira pas.

NOURATIN.

 

 

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36 réflexions sur “Allumez le feu Johnny

  1. G.Mevennais 10 décembre 2017 / 17 h 57 min

    Que dire ? On donne, à mon sens, trop d’importance à cet événement. Les gens sont dans la rue, ça défoule mais sans que ça n’aille plus loin. Je ne me fais pas d’illusion, le soufflé va retomber aussi vite qu’il est monté, la foule se déplace plus facilement pour un chanteur, aussi doué soit-il, que pour sauver le pays et cela ne m’étonne pas. Nous en reparlerons dans un an (si tout va bien), tout en espérant, comme d’hab. me tromper sur tooute la ligne.
    Amitiés, cher Nouratin, et bonne semaine à tous et toutes.
    Gilles

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  2. nouratinbis 10 décembre 2017 / 18 h 01 min

    Les foules se révèlent plus sentimentales que politiques…il faut dire qu’on
    les y pousse grave…De toute façon, dans la rue on n’a jamais vu que de braves
    couillons, quelle que soit la raison de leur descente…
    Amitiés.

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  3. Pangloss 10 décembre 2017 / 18 h 30 min

    La France de Johnny, c’est celle qui se résignait en croyant se révolter.

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    • nouratinbis 12 décembre 2017 / 10 h 43 min

      Exactement! Ca nous a conduits là où nous sommes!
      Amitiés.

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  4. capitaineenzo 10 décembre 2017 / 18 h 40 min

    Je me doutais que j’aurais droit à aqueu Johnny même sur ton blog.Tu sais quand j’avais 10/11 ans et que lui débutait, j’avais découvert ce fils d’américain nommé Halliday et d’une mère française (vise cet interview https://www.youtube.com/watch?v=8mZKkTZrzbU) et puis dans un autre interview il racontait que c’est son oncle qui avait un ranch au Texas qui l’avait élevé
    . C’est comme cela qu’il avait connu le twist et le rock.
    A l’époque, il pensait que c’était mieux de dire ça, et puis il n’était pas sûr de faire un second disque.
    Les groupes portaient des noms français, chaussettes noires, chats sauvages, mais les chanteurs portaient des noms américains. Moi, tu sais je préférais les vrais chanteurs américains, les seuls français que j’aimais bien c’était « Moustique et les bulldozzers » où bien Antoine (Rappelles-toi Johnny disait à son sujet « cheveux longs, idées courtes »).
    Il y a des affaires en ce moment autour de Johnny, on m’a proposé une Excalibur, voiture ayant appartenu à Johnny, si si je t’assure, il y a même une crotte de nez authentique collée derrière le volant.
    Amitiés

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    • nouratinbis 12 décembre 2017 / 10 h 44 min

      Si c’est une vraie crotte de nez authentifiée Johnny, cette Excalibur devient
      inestimable! La fortune est là!
      Amitiés.

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  5. Anne 10 décembre 2017 / 19 h 23 min

    Je suis sûrement restée très midinette, mais je ne ferai pas dans le cynisme et franchement je n’ai pas boudé mon plaisir à suivre ces obsèques à la fois Rock&Roll et…tradis !
    On a pu croire, l’espace de quelques heures, que nous étions toujours en France, avec en prime une osmose transgénérationnelle et trans-classes sociales… Sans France blacks/blancs/beurs bazar !
    Rien que pour ça, merci à lui d’avoir réussi ce tour de force. J’ai adoré la phrase -provocatrice ?- de Daniel Rondeau citant feu son ami « je suis né catholique, je mourrai catholique » : il y a dû y avoir quelques étranglements !
    Itou avec le communiqué officiel de son épouse annonçant la mort de « son homme »…!! Et merde aux féministes cul-serré !

    Hélas je plussoie totalement : c’est sans aucun doute la dernière fois…
    Très sympa quand même.

    Gros bisous, amitiés à tous

    Ps : j’espère que vous allez mieux Nouratin, avec davantage de hauts que de bas, et des hauts plus hauts que les bas sont bas…

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    • nouratinbis 12 décembre 2017 / 10 h 52 min

      La force des « idoles » de ce genre c’est qu’ils risquent moins que le
      commun des mortels de se faire tancer pour mal-pensance…surtout
      quand leurs obsèques attirent des millions de braves-électeurs potentiels.
      Ce sera toujours ça que nous devrons à feu Johnny!
      Moi ça va, merci, je surmonte.
      Gros bisous.

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  6. grainsdesel 10 décembre 2017 / 19 h 39 min

    Bon en tant que râleur presque professionnel, la mort de la queue, » oups, je voulais dire (à queue Johny) ça ne m’a pas touché celle de gauche, je m’en serai rendu compte car celle de droite aurait tintinnabulée. Je trouve indécent de voir dans ces enterrements spectacles les pleureuses professionnelles qui s’agglutinent aux premiers rangs des barrières comme des morpions dans les culottes des zouaves de 14/18. Après cette première couche de fond pour peindre le tableau, j’en remets une deuxième couche, Coluche aurait fait mieux, mais je ne vais pas parler des toilettes qui ont du être prises d’assauts à la fin de l’os pisse, les couches culottes devaient déborder et les chaisières avaient été rameutées pour renforcer les dames pipis, elles devaient vérifier le bon ordre du déroulement: priorité aux prostatiques, contrôle des tickets d’arrivée (comme à l’ANPE), En visite chez une voisine nonagénaire qui se plaignait de n’avoir pas entendu « Le temps des cerises » j’ai aperçu dans la téloche François Moumou se plaindre auprès de Sarko (phage) tout en regardant sa toccante de la durée de l’office, il faut dire qu’il voulait savoir à qu’elle heure le buffet serait ouvert. J’en termine avec la couche de vernis, j’ai cru que la doyenne, entendant qu’une quête allait être réalisée pour financer des messes pour le repos éternel de Johny se mette à Renauder et nous tire sa révérence, en chantant « mourir sur scène », pour profiter de l’occase pour rejoindre son filleul en grandes pompes ; tout bénéfice pour elle avec son 36 fillette compressé époque Ming.
    Mon cher Nouratin, je vais encore m’attirer des mots doux, je m’en fous, car dans 300ans je ne suis pas certain que Johny on en parlera comme Mozart de nos jours.
    Alors rendez-vous dans 300 ans moins 5 mns en enfer, le seul lieu où j’ai réservé une place au chaud, je n’ai pas envie de me les geler pendant 3 siècles, sauf si prochainement on me les enlève dans une opération.
    Bien amicalement.
    Suri le défroqué…!

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    • nouratinbis 12 décembre 2017 / 10 h 56 min

      Tout de même! Pourquoi voudrais tu qu’on te les coupe…ce serait mal
      venu et gratuit, enfin façon de parler!
      Cela dit, en effet, nous verrons cela en enfer…et trois cents ans d’enfer
      ça passe en un clin d’oeil, contrairement à ce qu’un vain peuple pense.
      Seulement feu Johnny, lui, il finira au paradis…tant mieux, ça nous évitera
      les chansons.
      Continue comme ça Suri!
      Amitiés.

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  7. Boutfil 10 décembre 2017 / 19 h 55 min

    Bon, aller je vais faire tâche là, moi, j’ai bien aimé, voilà, c’est dit, certes, c’était populaire et même c’était le vrai populo, celui du fin fond des banlieues et des quartiers à la con, certes, c’était les sans-dents, les obscurs, mais ils sont venus, eux, pour remercier un gars comme eux, de leur avoir donné à un moment où un autre, un peu de bonheur, alors ne boudons pas leur plaisir , ils étaient sincères ces gens, bien sûr dans l’église, c’était comme toujours les racoleurs, mais on s’en tape, et puis, dans le fond, peut être pas loin du million de personnes ont entendu des évangiles et une lecture de St Paul, c’est toujours ça de pris ! pas de rappeurs, pas de jamel bouze, ça aussi, c’était toujours ça de pris !
    gros bisous

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    • Anne 10 décembre 2017 / 20 h 36 min

      😃 ! Je serai midinette et niaise jusqu’au bout en pensant que même dans l’église, certains avaient le droit d’avoir un vrai chagrin.

      Comme le dit Fredi M., cette immense émotion populaire vient du côté cash et authentique du personnage…et d’un zest de talent, peut-être ?

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    • nouratinbis 12 décembre 2017 / 10 h 58 min

      Pour une fois, en effet, il a bien fallu qu’ils se farcissent tous un office
      catholique, sur fond de France non diversifiée. Je crains que ce ne soit
      la dernière fois.
      Gros bisous.

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      • Crisfi 13 décembre 2017 / 13 h 00 min

        Il me semble que l’office catholique était moins pesant que celui dont je me souviens (enfance…)
        Le prêtre officiant était d’ailleurs, surtout spectateur.
        L’Eglise y gagnerait à moderniser tout ça…

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  8. Fredi M. 10 décembre 2017 / 19 h 58 min

    Je vois bien la tentation de réduire Johnny à une pomme d’amour de foire du Trône.
    Et même s’il n’avait été que cela, il l’aura été avec ferveur et talent, loin de la France du café de Flore.
    Il n’écrivait pas ses chansons, d’autres le faisaient pour lui ; il était le réceptacle et le transmetteur de l’air du temps, en toute modestie, un pur produit sans doute, mais il n’y avait pas tromperie sur la marchandise.
    Mais quoi ?
    On aimerait que 100% des Français aient posé leur cul sur les bancs de la Sorbonne ?
    Qu’il n’y ait plus de populo pour investir les Champs pour un troubadour ?

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    • nouratinbis 12 décembre 2017 / 11 h 07 min

      Oui, on peut voir les choses comme cela. En tout cas, chacun fait
      comme il veut et là, beaucoup de gens voulaient la même chose: dire
      adieu à leur vieux copain.
      Amitiés.

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  9. elba 10 décembre 2017 / 20 h 53 min

    Eh bien voilà, Nouratin : pour une fois vous avez eu un sujet d’actualité qui est différent des conflits divers ou encore des magouilles politicardes. Ca donne quelque chose à raconter et à montrer également, à toute cette clique de journalistes qui ne sont pas toujours autorisés à tout dire : au moins là, ils peuvent y aller de leurs plumes ou de leurs caméras.
    J’ai fait la curieuse à la tévé, et je me suis fait la même réflexion que vous : où est la diversité ? Pas de petits djeuns à capuche, ni de femmes voilées etc. « Ahkeukeu » a réuni une France « blanche » (j’espère que ce n’est pas défendu de dire ce mot) et de tous âges.
    Le pauvre Jean D’Ormesson n’a pas eu droit à de tels honneurs de la part du peuple français. Ni de la part des me(r)dia d’ailleurs. Mais que voulez-vous, il était nettement moins connu de tous ! 😉

    J’ai appris aujourd’hui grâce à vous, le mot « dirimant »… et j’en profite aussi pour vous dire que j’ai trouvé une coquille dans votre texte :  » toutes les caractéristique du produit bankable » (il manque le s à caractéristique)

    Toujours agréable de vous lire ! Je me suis demandée de quoi il s’agissait lorsque vous parlez de « secteur stratégique ». Ca m’a fait sourire.
    Plein de bisous. A vous et à tous/toutes.

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    • nouratinbis 12 décembre 2017 / 11 h 11 min

      Je faisais bien entendu allusion à mes petits petons qui parviennent
      encore à me porter et même à m’emmener là où je souhaite grâce à de bonnes
      chaussettes en cachemire et à de bonnes godasses bien souples!
      En tout cas,feu d’Ormesson n’avait pas la cote de feu Johnny…on peut
      en penser ce qu’on veut, mais dans le fond il était bien moins exceptionnel…
      Et merci pour la coquille, je corrige.
      Gros bisous.

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      • elba 12 décembre 2017 / 11 h 34 min

        J’ai bien fait de vous demander, Nouratin. Je n’avais pas compris la même chose que ce dont vous me parlez, comme « secteur stratégique. » Mince alors ! On aurait pu me taxer d’avoir les idées mal placées.
        Plus d’équivoque alors. 🙂 … des chaussettes en cachemire, ça existe ?
        Bisou.

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  10. J-J S 11 décembre 2017 / 8 h 24 min

    Dommage quand même qu’il y avait le gros à scooter avec sa morue.Cela gâtait l’ambiance.Comme Elba toujours grand plaisir a vous lire.
    J-J S

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    • nouratinbis 12 décembre 2017 / 11 h 21 min

      Merci! Entre Grotomou, l’excité et l’actuel Présipède, ainsi que leurs brancards
      respectifs, la Répupu était dignement représentée.
      Amitiés.

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  11. Liz Ford 11 décembre 2017 / 10 h 41 min

    C’était la même foule, côté couleur, que celle de la manif « Charlie » avec pas mal d’anti-Charlie, ce que les journalistes avaient oublié de noter. Des bikers aussi, venus en nombre, à pieds et en blouson ciglé. Je me souviens que l’un d’eux, à la vue des franmacs avec leur écharpe avait dit à sa compagne : « tirons-nous voilà les croque-morts ! »

    Merci Nouratin, vous écrivez juste. Sans doute parce que je suis de votre avis…

    Bises à tous

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    • nouratinbis 12 décembre 2017 / 11 h 24 min

      Elle est bonne, celle-là, il faudra la raconter à Xavier Bertrand!
      Merci et bises.

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  12. phineus 11 décembre 2017 / 14 h 18 min

    très bon, réjouissant.

    Mais les marchands « israélites » ça c’est pas bon, ça ne vous ressemble pas

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    • Pakounta 11 décembre 2017 / 18 h 34 min

      Ca ne lui ressemble pas parce qu’il est bien élevé et timide, mais c’est la réalité. Le peuple élu était présent en force à la Madeleine, d’ailleurs…

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      • phineus 11 décembre 2017 / 20 h 24 min

        Bien élevé certainement, timide je ne pense pas, intelligent pas de doute et donc peu sujet aux stupidités.

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      • Pakounta 11 décembre 2017 / 20 h 40 min

        Merci, OK. Ya des mots, simplement des mots, qu’il est interdit de prononcer. C’est DE CA que nous allons crever.

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    • nouratinbis 12 décembre 2017 / 11 h 25 min

      Ce n’est que la vérité, vous savez, j’aime autant la dire.
      Amitiés.

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  13. Pakounta 11 décembre 2017 / 18 h 45 min

    Tout ça comme d’habitude bien vu, souriant, en souplesse, l’oeil acéré.
    Personnellement, je commence à me sentir visé par votre phrase sur « l’intérêt de mourir comme un con avant d’avoir atteint le moment où l’on commence à souhaiter le repos éternel »… Parce que je suis justement en train de m’apercevoir que ça sera plus jamais comme avant, ni dans le pays, ni dans le peuple, ni dans ma vie à moi. Quand on est seul, c’est un peu sans intérêt de vivre. C’est pas que je souhaite le départ, mais bon, la traversée du désert final n’est pas trop aguichante.
    Avec sa superbe tronche de colosse mâché par la vie, Johnny est parti avant les outrages de l’âge. Juste avant. Il a bien fait, et ça nous a donné l’occase de voir les Français de souche, tous blancs, et hélas tous commençant à vieillir : les jeunes n’écoutent plus que le rap nègre, et sont de plus en plus mélangés, je suis effaré de voir les reportages sur les écoles ou les facs, les tronches, les prénoms… On est en Mauritanie, ou dans je sais pas quel djebel…
    Merci pour tout.

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    • elba 11 décembre 2017 / 19 h 57 min

      Je ne suis pas d’accord, Pakounta, des jeunes il y en avait tout de même pas mal aux funérailles de Jojo.

      Et puis, pour ce qui est d’être seul/e je sais que ça ne console peut-être pas beaucoup, mais nous sommes des milliers à vivre ainsi, sans l’avoir choisi. Il nous faut nous accrocher et trouver des centres d’intérêt, ainsi que des amis. Et profiter de nos enfants et petits-enfants, si nous en avons, avant qu’il ne soit trop tard. 🙂
      A partir du moment où nous pouvons payer nos taxes et notre nourriture, eh bien nous n’avons pas à nous plaindre, n’est-ce-pas ? Sauf si nous n’avons pas la santé. Ca, c’est une autre chose bien pénible parfois à supporter.
      (une petite pensée pour Mamedjo et René.)

      Je vous embrasse.

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      • Pakounta 11 décembre 2017 / 20 h 38 min

        Je sais bien qu’on est des centaines de milliers plus ou moins solitaires et vieux. C’est juste ce que je dis : la traversée du dernier désert ne sera pas facile.
        Et on fait comment pour profiter d’un fils à des centaines de kilomètres, dont on imagine avec horreur ou terreur qu’il devra faire face au tsunami mahométan et africain…
        Je me plains pas, je vois pas les choses en rose. Modestement, vous avez vu le titre de mon blog en perdition ?
        Mais si vous le pouvez, soyez heureuse.

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      • elba 11 décembre 2017 / 23 h 54 min

        Pakounta, j’ignorais que vous aviez un blog. Je viens d’y faire un p’tit tour. Et là, vous m’avez de nouveau montré que nous sommes si petits, si petits (pendant que les fous détruisent tout) au regard de l’immensité de l’univers, tout en pensant à tort que nous sommes quelque chose (et pour certains, quelque chose de « grand » !)
        Triste et inquiet vous êtes, et je partage ce sentiment. Il m’arrive de pleurer sur nos conneries, tout spécialement lorsque je vois que de bombes ont atterri sur la tête de gens (huit milliards de morts) qui n’ont rien demandé d’autre que de vivre tranquillement dans leur « chez soi ».

        Pour l’inquiétude, tout comme vous : je pense à mes filles, à mes petits enfants, qui ne sont pas tout près de moi : pour certaines à des centaines de km, pour la plus près à 2-3h de route selon les embouteillages… Chaque jour je me demande si mes petites filles devront un jour porter le voile, chaque jour j’espère que jamais mes petits garçons ne porteront les armes.

        … Mais tout cela n’est pas de notre ressort. Sans céder d’un iota sur ce que nous pensons juste, nous sommes obligés de suivre le courant malgré nous, jusqu’à notre disparition. Les générations futures feront comme nous.

        J’ai vu que vous aviez profité des joies de la table d’opération. C’est une chose dont la vie m’a préservée et je l’en remercie. J’espère bien mourir sans avoir jamais connu ça. J’ai de la chance, j’en suis consciente.

        Alors oui, je m’emploie à essayer d’être heureuse. Même si ce n’est pas toujours facile lorsque l’on vit seule : c’est à nous d’aller vers les autres, parce que les autres ne viennent pas vers nous. A nous de passer un petit coup de fil au lieu d’en attendre un. A nous d’écrire à nos amis… A nous de regarder qui pourrait avoir besoin d’une aide, d’un sourire, d’un bonjour.
        Ce sont toutes ces petites choses qui font que nous tenons le coup.

        Et si je suis trop triste, je m’emploie penser à ceux qui ont faim, à ceux qui ont froid. A ceux qui n’ont plus de maison ou plus de parents à cause des guerres. A ceux qui sont malades.
        Alors là, ça me calme. Je me sens super privilégiée de vivre dans un pays comme la France.

        Même si elle est gouvernée par des pourris et qu’elle part à vaux-l’eau.

        Vous voyez, nous sommes tous un peu semblables, ici. Et nul doute que pour nous, le temps n’arrangera rien. Il nous reste à souhaiter que ceux qui nous suivront auront quelques années de vrai bonheur.

        J’ai conscience d’avoir été un peu longue pour pas grand-chose. J’en demande pardon à Nouratin dont je squatte le blog.
        Et je vous embrasse tous deux amicalement.

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    • nouratinbis 12 décembre 2017 / 11 h 29 min

      @ Pakounta
      Le Djébel Macrouille, je crois…
      Nous sommes à l’évidence, en train de crever, un jour si je peux je
      raconterai l’histoire des Néanderthaliens, telle qu’on vient de l’expliquer
      sur Arte…le parallèle est saisissant!
      Amitiés.

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  14. nouratinbis 12 décembre 2017 / 19 h 23 min

    @Elba
    Pour mes chaussettes, j’ai dit cachemire pour faire chic mais en
    réalité c’est, je crois, de la vulgaire laine…mais bon, ce n’est tout
    de même pas le pied…
    Bises.

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