Le bruit et les odeurs

Aujourd’hui les Autrichiens se rendent aux urnes. La belle affaire me direz vous, alors que notre chouette pays de France pleure son bien aimé ante-ante pénultième président… enfin bien aimé depuis sa triste retraite, avant on le détestait avec une vigueur peu commune, pire que ses successeurs ce qui n’est pas peu dire. Mais bon, moi, vous savez, je préfère vous parler des législatives autrichiennes… Pourquoi un tel parti pris qui frise l’iconoclastie?
Eh bien voilà, un décès est toujours chose fort triste; surtout quand le rôle principal revient à un type plutôt sympa, vachement politicard, certes, chargé de gros boulets assez terribles, notamment sa signature au bas de l’acte fondateur du regroupement familial, le pire à mes yeux, mais bon garçon au fond, enfin pas plus mauvais qu’un autre… Enfin bref, pour tout vous dire, ça m’ennuierait de vous exposer ce que je pense vraiment de Jacques Chirac, ça ferait tache, et le moment me semble plus propice au recueillement… en tout cas au silence. Et puis, vous savez, plus on s’approche du petit jardinet sur le ventre, moins on a envie de dénigrer les copains clamsés, fussent ils de vieilles crapules, de parfaits abrutis ou de simples corniauds tout-venant. La vedette d’aujourd’hui n’appartenait assurément  pas aux deux dernières catégories, je le laisse donc s’apprêter tranquillement à un repos définitif dont il avait, de toute évidence, récolté un sérieux avant-goût ces dernières années, le pauvre bougre… En conséquence, je lui fiche la paix, la paix éternelle, que son âme s’en aille où elle pourra, à Dieu, à Bouddah, enfin des gens comme ça, miséricordieux et indulgents, oui vachement indulgents même, sans quoi ça ne le fera pas! Amen.

Mais revenons à nos moutons, plus précisément à nos Autrichiens, lesquels ne se révèlent pas si moutonniers que cela, moins que nous en tout cas puisqu’il semblent avoir pris l’habitude de voter en se foutant pas mal du baratin lénifiant des humanitaristes bien pensants; si nous en avions fait autant nous n’en serions pas là. Ce coup-ci, le Conseil National -chambre des députés- s’est retrouvé dissous (et dissous c’est pas cher, comme disait le regretté Bourvil) à la suite d’une sombre histoire de tractation russo-douteuse impliquant le sieur Strache, chef du parti d’ekstraimdrouatte et principal allié de Sebastian Kurz, jeune patron du Gouvernement Autrichien. Ce dernier a rompu illico sa coalition parlementaire et démissionné aussi sec. Contrairement à Matarella, son collègue rital, le Président autrichien ne s’est pas chatouillé pour provoquer des élections anticipées, c’est aujourd’hui que ça se passe.
Alors, les Autrichiens vous en pensez ce que vous voulez, vous pouvez toujours ressortir des souvenirs remontant aux années quarante et même rappeler que cette nation engendra un jour Hitler, mais en tout cas ces gens-là ne se laissent pas impressionner, ça se confirme avec éclat, ils vont voter pareil que la dernière fois! Parfaitement! Encore mieux, même, si l’on en croit les sondages qui donnent une très large majorité à Kurz, environ trente-cinq pour cent des suffrages, et placent en deuxième position, qui donc? Eh oui, les nauséabonds du FPÖ! En d’autres termes: dans l’os, les progressistes bien pensants! Dans le dos, dans le baba, dans tout ce qu’il leur plaira! C’est-y pas beau ça? Ça fait-y pas envie? Un corps électoral de cette qualité, nous en aurions un tout pareil je vous jure que notre pays présenterait une autre gueule! Sauf que, bien sûr, il nous faudrait un Kurz et aussi un FPÖ, des gens sérieux, pas des rigolos style Marine et autres Wauquier, Bellamy ou Jacob! Et curieusement, il nous faudrait aussi, semble-t-il, un autre mode de scrutin qui reste toutefois à imaginer. Le bidule uninominal majoritaire à deux tours musèle la moitié des électeurs, la proportionnelle c’est le bordel assuré comme au vieux temps de la Quatrième et le mélange des deux, personne ne voit très bien, ni comment le faire, ni ce sur quoi il pourrait déboucher. Notre problème, en réalité, procède d’une inadaptation totale à la démocratie. Seuls les monarques autoritaires réussirent, pendant quelques temps, à assurer un minimum de tranquillité publique. Voyez donc ces braves Autrichiens, ils savent ce qu’ils veulent, en tout cas une majorité d’entre eux, il veulent un pouvoir capable de les protéger contre l’immigration, voilà tout. Le reste ils s’en chargent eux mêmes, puisque le pays se révèle d’autant plus prospère que l’État met le moins possible son gros pif dans les affaires privées, Donc, plus d’un tiers des électeurs votent Kurz, un conservateur vrai, pas un branquignol genre « Les Républicains » et par surcroît vingt pour cent au moins restent fidèles aux nauséabonds du FPÖ. Remarquez bien l’extrême discrétion dont les media font preuve à l’égard de cette journée de vote, elle est due à la probabilité incontournable d’une catastrophe: la victoire écrasante de la peste brune en dépit des espoirs désormais fanés d’une bien-pensance profondément dépitée. Les rares journalopes qui en parlent tentent vaguement de nous faire gober la possibilité d’une alliance de Kurz avec les Verts, en pleine ascension à ce qu’on raconte, c’est juste un baroud d’honneur à la con, personne ne croit à pareille calembredaine! Il y aura bien, à l’issue des négociations habituelles, un gouvernement autrichien de droite, clairement mandaté pour tenir bon face à l’immigrationnisme ambiant. Ces choses-là gagnent à ne pas être connue du grand public franchouille, des fois que ça lui donnerait des idées…

Et il est vrai, aussi, que chez nous les choses bougent un peu. La Droite s’ébroue comme un vieux clébard sous la pluie, elle tente quelque chose de nouveau: le regroupement des pires mal-pensants sous la houlette du couple improbable Marion-Zemmour. Ceux-là sont manifestement d’une autre trempe, c’est l’intelligence qui prend le relais, ça pourrait nous changer un peu la politique, en tout cas le discours adopte une nouvelle couleur, assez foncée pourrait-on dire, ça ne va pas plaire du tout à ceux qui, jusqu’à présent, prétendent penser à notre place!
Parce que en effet les choses apparaissent maintenant de plus en plus claires: le clivage, comme ils disent, entre la Droite et le reste de l’offre politique, s’opère sur la question de l’immigration. Cela arrive hélas un peu tard mais je crois que nous y parvenons enfin. Il n’y aura donc plus, je pense, de faux semblant; les hurluberlus qui se prétendent de droite tout en prônant la diversité et le vivre ensemble, nous allons désormais les classer à leur place, à gauche. Quand je dis nous, bien sûr, je parle des gens sérieux et non de tous les pantins qui écrivent des fadaises humanitaristes dans les journaux et distillent leur prêchi-prêcha bien pensant sur les ondes hertziennes. La rigolade s’arrête-là, il va nous falloir désormais passer aux choses sérieuses, et ça, c’est une autre paire de manches! Reste à savoir de quelle manière les acteurs du drame vont procéder. Si des gens comme Marion et Zemmour apparaissent capables de fédérer pas mal de monde autour d’eux, on voit mal, aujourd’hui, comment ils vont pouvoir monter sur un ring où la mère Le Pen tient fermement le rôle de challenger du futur vainqueur, Présipède le Grand. Il va bien falloir parvenir à une alliance des nauséabonds, depuis Dupont-Gnangnan jusqu’à Ménard, en passant par des hurluberlus comme Collard, lequel cherche lui aussi à tenir sa partie dans le concert. Bref, ce n’est pas gagné, il y a du chemin à faire avant que nous voyions arriver au pouvoir quelqu’un ou quelqu’une qui voudra vraiment faire le boulot. Il est d’ailleurs à craindre que cela n’arrive trop tard.
En attendant, c’est la première fois, à ma connaissance, depuis 1945, que nous voyons surgir une Convention de la Droite. Il n’est jamais trop tard pour bien faire! Et l’on observera avec intérêt que le Premier Ministre Barbapoux soi-même s’est empressé de saluer l’évènement en condamnant avec sa fermeté habituelle de mollusque rocardien  modifié UMP, « les discours nauséabonds » tenus par les différents orateurs à ladite Convention. Avec un label de ce calibre, l’affaire me semble admirablement lancée!

Sauf que pour le moment, nous en sommes aux discours. Il en faut, d’accord, mais pour arriver à quelque chose il conviendra de pousser plus loin, de passer aux actes et d’essayer de faire prévaloir, dans les isoloirs, le bon choix comme disait ce vieux paillasse de Giscard. Ce n’est pas gagné! Souvenez vous du propos, éminemment condamnable lui aussi, d’un type qui évoquait le bruit et les odeurs, vous savez, le bruit et les odeurs qui rendaient fou l’ouvrier franchouille sur son palier de HLM. C’était en 1991 et c’était Jacques Chirac, le type en question, il avait fait le buzz, pour parler comme aujourd’hui et s’était attiré les foudres abominatoires de tout ce qui, alors, refusait qu’on touchât à son pote et chantait les louanges enflammées des Chances pour la France. Entre 1995 et 2007 il a eu douze ans pour faire quelque chose, ce brave Chichi! On s’est brossés, pas vrai? Et le voilà aujourd’hui dans la Cour d’Honneur des Invalides avec un beau drapeau sur le cercueil et plein de franchouilles -dont pas mal d’ouvriers qui ont dû s’échapper depuis de leur HLM envahie- venus lui rendre hommage… pas rancuniers les mecs!
Espérons quand même, c’est ça qui fait vivre…

Amitiés à tous.

Et merde pour qui ne me lira pas.

NOURATIN

 

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Raisonnablement laxiste?

C’est lui qui l’a dit, le mot, c’est Présipède, parfaitement! Qui l’eût cru, n’est-ce pas? Un garçon si bien comme il faut, propre sur lui et tout! Et puis vachement bien-pensant, hé oui! Qui jusqu’aujourd’hui s’aviserait de soutenir le contraire? Depuis deux ans et demie, bientôt, qu’il nous la joue chef de l’État, jamais personne n’aurait douté de sa loyauté immigrationniste, personne! Au contraire, il a donné les gages les plus incontestables de son adhésion profonde aux idées lumineuses du vivre-ensemble et de la diversité triomphante! C’est tout de même lui qui avait fait du jeune Benalla un petit potentat élyséen, avec plein de passeports diplomatiques et de téléphones cryptés, ce n’est pas rien ça, surtout quand on connaît la suite de l’histoire. Lui aussi qui osa se dresser devant l’abominable Salvini, le Mussolini du nouveau siècle, l’affreux qui ferma ses ports aux vaisseaux de la Coterie Humanitariste  Pour l’Invasion de l’Europe. Souvenez vous qu’ils s’étaient déclarés réciproquement ennemis, les deux oiseaux, et avec une sincérité confondante de part et d’autre. Macrounette c’est l’anti-Salvini, absolument! Depuis 2017 les données relatives à l’immigration ont explosé, en France, celle que l’on qualifie de régulière apparaît plus florissante que jamais, les demandes d’asile ont fait un bond historique, les charges de l’AME dépassent largement le milliard, bref carton plein pour nous autres, terre d’asile, terre de conquête islamique, terre de pauvres corniauds incapables de la défendre.

Et cependant, tout à trac, au moment où l’on s’y attendait le moins, voilà notre bien aimé petit Guide qui nous sort incontinent, en plein milieu d’un joli discours bien ficelé comme à son habitude: « En prétendant être humaniste, on est parfois trop laxiste« . Attention, n’est-ce pas, là il causait immigration, pas tauromachie ou PMA pour toutes, non! Immigration, absolument! Vous vous rendez compte? Alors, s’il peut y en avoir qui pensent que, dans le fond, cette connerie de République qui Marche ce serait plutôt un parti de droite…si, si, je vous assure, ça existe des gens qui gobent cette sorte de calembredaine… eh bien maintenant, vu la réaction des affidés du parti présidentiel, il va falloir qu’ils se détrompent! Une véritable bronca, voilà ce qu’il a déclenché dans ses rangs, le petit Manu! D’aucuns m’ont même rapporté avoir cru entendre un « Macron, facho, le peuple aura ta peau!« , scandé  –mezzo-voce, faut pas déconner-  par certains militants-marcheurs, ulcéreusement scandalisés par le propos présipédique.
La discorde met ainsi les pieds dans le plat macronicole! « Tout de même, disent les uns, il ne présente même plus l’immigration comme une richesse, une chance pour la France!« , et d’autres encore d’ajouter « à ce train là, au prochain second tour, il pourra donner des leçons de frontisme à la Marine« ! Rares, au bout du compte, restent ceux qui, dans ses rangs, lui concèdent une certaine habileté manœuvrière sur ce coup-là.
Il a pourtant analysé le truc avec finesse, le petit futé. Il part d’un postulat: les bourges n’en ont rien à branler de l’invasion, ils ne la voient pas et donc s’en foutent complètement; en revanche le populo, lui, il vit avec! Et il déguste! Peu à peu c’est l’enfer qui s’installe dans les périphéries prolétariennes, chose qui défrise l’électeur au point de le faire basculer dans les bras de l’ekstraimdrouatte!
-« Alors, qu’il leur fait Macrouillette aux républicains marcheurs, on est quoi nous autres, un parti bourge ou un parti prolo, hein? Déjà qu’on m’a collé président des riches, si je ne fais pas un minimum dans la démagogie anti-immigrés il va nous arriver des bricoles, vous verrez! Le nouveau  progressisme sera identitaire ou ne sera pas, c’est moi qui vous le dis, parce que l’électeur du seizième, de même que celui de Neuilly, il votera toujours pour nous, vu qu’il a la trouille de l’aventure; en revanche, le petit manard de banlieue, l’employé de base et même le cadre moyen qui prend le RER tous les jours, ceux-là, en leur caressant gentiment la glande anti-mohamed ça leur évitera d’aller se baguenauder du côté des bulletins bleu-marine! »
Pour lancer l’opération, sera organisé un chouette débat au parlement Lundi en huit, histoire de bien causer de tout ça entre gens de bonne compagnie. Ne parleront que ceux qui auront obtenu la parole, forcément, ce qui exclut d’office le R.N. lequel, dépourvu de groupe, sera autorisé à fermer sa gueule. Toutefois, ne nous faisons pas la moindre illusion, tout cela restera sans aucun doute au niveau de l’échange de jolis mots et de belles idées. Un débat, grand ou petit, ça ne débouche en aucun cas sur rien de concret, ce n’est jamais que de la poésie à deux balles, de la poudre aux yeux du con-citoyen et du vent pour emporter la poussière ténue des velléités bien vite passées à la trappe.

Sans compter qu’au fond, il a dit quoi, précisément, Macrounette? Si on la regarde bien attentivement, sa sortie sur l’invasion, elle se borne à avancer qu’à se prétendre humaniste on en devient parfois trop laxiste. Alors donc c’est juste parfois, pas tout le temps n’est-ce pas, une fois par-ci, une fois par-là, voyez vous, et puis surtout, le point essentiel du discours on le trouve dans le trop de trop laxiste. Ainsi, suivez moi bien, pour notre bon Président de la Répupu ça ne commence à puer dans le domaine migratoire que lorsque on devient excessivement laxiste. Un peu laxiste ça passe sans problème, même raisonnablement laxiste ça marche aussi très bien; en revanche trop de laxisme nuit gravement à l’humanisme immigrationniste! Qu’on se le dise au plus profond des cabinets ministériels! Le secret de tout cela consiste dans le dosage: jusqu’à quel point peut on se montrer laxiste sans basculer du mauvais côté de l’humanitarisme… C’est là qu’il est malin, le petit Présipède, il ne donne pas la posologie, ainsi chacun continuera à administrer le laxisme comme il l’entend, le malade crèvera sûrement mais on s’en fout un peu, de toute façon il est condamné…

En d’autres termes, soyez tranquille, nous continuerons à consommer du laxisme migratoire avec notre modération habituelle, c’est à dire avec droit du sol,  regroupement familial, naturalisation par mariage, aide médicale d’état, et condamnation impitoyable de tout ceux qui tenteraient de s’opposer de quelque façon que de soit à cette construction, harmonieuse autant qu’unique au monde, de bêtise congénitale à la française.
Quant à Présipède, ce genre de déclaration sans lendemain séduira sûrement un sacré paquet de gogos. Surtout que les media se sont empressés de mettre en lumière le « courage » du chef, qui ne recule pas devant le propos iconoclaste du moment qu’il s’agit de faire prévaloir l’intérêt national. Décidément, il n’y a pas d’inquiétude à nourrir, il sera sûrement réélu en 2022… Pour moi, je m’en fous allègrement, ça me fera soixante-seize balais, j’aurai largement fait le plus gros…c’est pour les autres que je m’inquiète, car lorsque tout cela nous aura conduits à la Charia, nos chefs muz du futur, vous croyez, vous,  qu’ils se montreront raisonnablement laxistes?

En attendant, que la Providence vous ait en sa Sainte Garde, et vous permette de passer plein de bon temps, amitiés à tous.

Et merde pour qui ne me lira pas.

NOURATIN

 

 

 

Rentrée judiciaire

Notre ami Présipède, on peut en penser ce qu’on veut -plutôt du bien, tout de même, si on souhaite éviter les embêtements- mais pas question de remettre en cause sa volonté sincère de réformer le Pays! C’est en tout cas ce que me confiait récemment une relation à moi, qui le connaît d’assez près et trouve avantage à lui cirer amoureusement les godasses. Je ne saurais donc, même si je navigue sous pseudo, remettre en cause pareille affirmation; d’autant qu’on rencontre en effet, chez le petit bonhomme de l’Élysée, des tendances à la table rase…bien vite transformée en réformettes démocratiquement acceptables, toutefois.
Sauf que, ce coup-ci, il s’attaque à l’Everest, carrément! Le voilà parti pour l’expédition de tous les dangers, la rivière sans retour, le Pont de Remagen, la mort aux trousses, une saison en enfer! Enfin le gros casse-gueule, le piège à cons pour militaire isolé, le grand bond en avant dans le gouffre sans fond… je veux dire la réforme des retraites, vous m’aurez compris.
Il faut du courage, voire de l’inconscience pour se lancer sur un tel projet avec pour ambition l’unification totale du système, c’est à dire la disparition des régimes spéciaux. Parce que, ce faisant, vous vous attaquez à la SNCF ainsi qu’à la RATP, c’est à dire tout ce qu’il y a de plus performant pour foutre le bordel dans le pays. J’oublie les notaires et les avocats, lesquels manquent un peu, pour ce qui les concerne, de puissance de feu mais je m’empresse de rappeler les fonctionnaires, également concernés par les visées présipédiques. Nous avons là un fort joli panel de grévistes potentiels sans prise de risques; c’est ce qui fit, pour ceux qui s’en souviennent, le succès fabuleux de la révolte de Décembre 95 contre le Plan Juppé dont il faut rappeler qu’il comportait des objectifs grosso-modo semblables. Certes les générations ont changé mais les principes demeurent: « tous ensemble, tous ensemble, ouais, ouais… » on fout le boxon partout! Avec la conviction de « sauver leurs retraites », le côté récréatif de la bonne petite révolutionnette des camarades, et le sentiment jouissif de la mettre bien profond au capitalisme tant détesté, je vois mal comment les mêmes causes ne produiraient pas les mêmes effets, fût-ce à vingt-quatre ans d’intervalle. Sans compter qu’ils ont confié le pilotage des opérations au Haut Commissaire Delevoye. C’est qu’il a de sacrées références Delevoye! Ainsi, comme ministre de l’ineffable Raffarin, ce garçon conduisit jadis la réforme des retraites des fonctionnaires…Oui, d’accord, personne alors ni jamais depuis ne s’en aperçut, sauf lui, et encore… Un peu comme Sarko lorsqu’il proclama à sons de trompes avoir résolu l’épineux problème des Régimes Spéciaux! Nous constatons dans les deux cas, le caractère quelque peu illusoire des opérations en cause puisqu’il faut aujourd’hui une volonté farouchement affirmée de notre petit Président adoré, pour remettre sur le métier un ouvrage qui, manifestement, n’a guère avancé depuis 1945.
Nous voilà donc partis pour un nouveau round, avec, bien sûr, concertation syndicalo-politique et, chose absolument délicieuse, « consultation citoyenne » par le biais d’Internet. Il aime ça, notre Guide de l’Elysée, les « Grand Débat », les « Consultation citoyenne », tout ce qui ressemble de près ou de loin à de la démocratie directe, sans toutefois présenter les inconvénients majeurs du referendum, tels que nos amis Britanniques les mettent en lumière au travers du processus de Brexit. Nul ne sait ce qui sortira des préliminaires ci-dessus énoncés mais le nouveau système de retraites doit apparaître dans sa forme définitive d’ici l’été 2020. Tout cela nous promet une petite année d’agitations et de désordres en tout genre! Les hostilités ont démarré dès Vendredi dernier par une grève massive de la RATP bien décidée à défendre bec et ongles ses « avantages acquis »… disons les privilèges invraisemblables de ses employés… Sauf qu’avec l’affaire Balkany elle est passée inaperçue, la grève d’avant-hier!

Oui, enfin, pour les pauvres couillons qui prenaient le Métro, fût-ce à Pont de Levallois, la grève restait perceptible, c’est le moins qu’on puisse dire. En revanche, pour les BFM TV et consorts, la nouvelle de l’embastillement surprise du zigoto en question n’a pas manqué d’atomiser tout le reste de l’actualité; seul un scoop de dimension mondiale, un truc énorme quoi, le Pape sodomisé par Donald Trump, voyez, ou bien la Reine d’Angleterre en maillot de bains deux-pièces traversant Trafalgar Square au pas gymnastique, enfin vraiment du surchoix sans équivalent, pour prendre le pas sur la décision du Tribunal Correctionnel de Paris. Aussitôt tombé le verdict, plus rien d’autre n’existait que le mandat de dépôt délivré à l’encontre de l’édile tant abhorré par la Grande Famille de Gauche dans son ensemble.
Alors, disons le tout net, ce M. Balkany ne mérite ni l’importance qu’on lui accorde, ni le déchaînement de haine qu’il provoque chez les Gauchiards, ni la sanction manifestement vengeresse que des juges probablement proches du mur des cons viennent de lui infliger. C’est un maire bien installé dans son fauteuil, qui a su, en arrosant à droite et en passant la pommade à gauche, enfin façon de parler, se faire apprécier d’une majorité de ses administrés, lesquels ont bien profité de la bonne réputation de la ville, de sa situation géographique, quasiment à Paris et du bon côté. Sans compter, aussi, le prix du mètre carré en constante augmentation depuis des décennies. Le bon bourge de Levallois, enrichi par une évolution des choses lui paraissant favorable et, pourquoi pas, imputable à la bonne gestion du Maire, tient à ce dernier comme à la prunelle de ses yeux, il n’en changerait pas pour un empire… Surtout qu’il voit, tout à côté, l’exemple de la Capitale, vaste caravansérail dirigé par une bande de branquignols à moitié sinoques avec, à leur tête, une ex-inspectrice du travail marxiste (pardonnez le pléonasme). Face à Annie Dalgaud, Patrick le Balkanique fait figure de génie de la gestion municipale!
Manque de pot, ce dernier aime beaucoup le pognon, au point de tout mettre en œuvre pour éviter de s’en séparer, aidé en cela par sa tendre épouse, tout aussi acharnée à soustraire le blé aux attentions délétères du Fisc. N’oublions tout de même pas que M. Balkany et Mme. née Smadja, ont reçu tous deux en héritage une culture très orientée -sinon orientale- les conduisant à toujours faire fructifier sans jamais dilapider.
Manque de pot, encore, ce brave couple de gens, somme toute assez ordinaires, sans intérêt particulier ni quelconque génie, se sont trouvés rapidement étiquetés « saloperies de droite », vieux potes de Sarkozy et donc, parfaitement haïssables. Le feuilleton judiciaire qui les a trimballés depuis plusieurs années a fait le reste, les Balkany sont devenu un symbole de l’ignoble bourgeoisie oppressive et malfaisante, encore heureux si l’on n’y ajoute aucune référence confessionnelle. La Gauche adore les symboles, elle ne vit même que de cela, et le sort des deux époux, thénardisés par l’opprobre gauchiard, s’en est trouvé scellé sans espoir de retour. En conséquence, les Juges ont suivi la pente de leur sentiment profond et de leur pieuse conviction , en condamnant le pauvre Patrick bien plus lourdement qu’ils ne l’avaient fait, par exemple, dans le cas Cahuzac pourtant encore plus grave, si l’on y regarde de près. La Justice de classe est passée, que voulez vous! Selon que vous serez, ou non, convenablement placé sur l’échiquier politique, les jugements de la Répupu vous rendront blanc ou noir.

Sûrement pas, nous dit-on! La Justice se montre parfaitement impartiale! Il suffit pour s’en convaincre de s’en référer à la mise en examen du Président de l’Assemblée Nationale. Socialo recyclé macrouillesque, franc maçon, mutualiste de souche! Et pourtant traîné devant les Juges d’Instruction comme le premier facho venu! Si cela ne vous suffit pas, qu’est-ce qu’il vous faut, alors?
Alors? Eh bien d’abord, rappelons donc un peu les raisons pour lesquelles il en arrive là, le beau Richard du perchoir enchanté. Une escroquerie évidente et scandaleuse, un trafic d’influence patent, avec enrichissement personnel au détriment de l’Organisme Mutualiste dont il assumait la Direction Générale. Une combine tellement grosse et tellement évidente qu’elle ferait rigoler un gamin de maternelle-supérieure, fût-il issu de l’immigration comme l’écrasante majorité de ses petits camarades. Le type fait acheter par sa femme un bien sur lequel la mutuelle a jeté son dévolu, après quoi ladite mutuelle le prend en location pour un loyer couvrant largement le remboursement du prêt, et ensuite y réalise à grands frais des travaux de rénovation. Le tout décidé par un conseil d’administration gentiment manipulé, qui gobait tout ce que lui présentait son cher, très cher, directeur.
Le dossier initial ayant bien vite fait l’objet d’un classement sans suite par le Procureur de Brest, l’Association Anticor prit l’heureuse initiative de déposer une nouvelle plainte, mais cette fois-ci avec constitution de partie civile et devant le Doyen des Juges d’Instruction du Pôle Financier de Paris! Celui-ci, après s’être longuement grattouillé la pensarde, a fini par constater les dégâts, pas moyen de faire autrement que de donner suite, c’est trop gros, trop évident, trop inadmissible aussi! Et du coup, bien sûr, il se retrouve inculpé -comme on disait avant- Ferrand, c’est bien la moindre des choses…mais rassurez vous, il pourra encore percher tranquillement, ce Monsieur, l’instruction sera longue! J’irai même jusqu’à pronostiquer qu’il ne sera pas condamné avant la sortie de taule du sieur Balkany…si le malheureux ne décède pas avant, bien entendu… les volontés de l’Éternel sont insondables…

Que la vie continue à vous être douce, et, vous autres qui me lisez (ce qui pourrait bien constituer un délit, vous savez), faites bien attention, évitez de traîner à proximité des Palais de Justice, passez bien au large…
A bientôt.

Et merde pour qui ne me lira pas.

NOURATIN

No deal!

Actuellement, le sujet favori des folliculaires de media-intox c’est Villani. Vous savez, le mathématicien macronniste qui a une araignée au plafond. Soyons précis, jusqu’à ces derniers temps il portait ladite bestiole placardée sur son poitrail étique d’intello un peu secoué, mais il l’a désormais soustraite à notre vue, cela risquait d’effaroucher les rombières bobo qui votent si bien à Paris. Moi, je vous l’avoue, avant même que ce zigomar ne s’engage en macronnerie politicarde j’ai toujours pensé qu’il lui manquait quelques rivets. Déjà, un pur matheux, juste pour la beauté des équations, ça fait peur, enfin à moi, en tout cas. L’élégance du raisonnement mathématique, l’esthétique des formules cabalistiques qui sortent des tronches surmultipliées de ces olibrius, tout cela m’échappe totalement. Attention, tout de même, d’une certaine façon j’admire, ça me réveille le complexe d’infériorité, souvenir de l’époque atroce du passage au tableau, vous savez, quand il fallait, devant tous les copains rigolards, essayer de démontrer je ne sais quelle fonction à la con, sous les quolibets d’un prof sadique autant qu’incapable d’expliquer simplement des chose pas si compliquées, somme toute, qu’il n’y paraissait. J’en ai tellement sué qu’à la fin j’ai fini par m’éclipser en douce avant la classe de math, ce qui n’a évidemment pas arrangé les choses. Alors, évidemment il en impose à bloc le type qui jongle avec les dérivées, les intégrales, les sinus et les cosinus, enfin tous ces machins ésotériques réservés aux intelligents du dessus, ceux qui possèdent des Q.I. à rendre malade de jalousie n’importe quel littéraire tout juste bon à souffler du vent approximatif. Et, en plus, il a sorti des travaux fabuleux, Villani, il a notamment fait progresser la science dans le domaine de l’entropie, c’est à dire en termes vulgaires, du désordre…voilà sans doute ce qui lui a donné l’idée de s’embarquer dans la Répupu en marche, l’entropie macronienne lui a rappelé le temps où il servait un peu à quelque chose, à l’arachnophile, voilà sans doute l’explication.
Et puis, il a attrapé le melon, cette grosse tête, une fois député il y a pris goût; on peut dire plein de conneries, on est bien payé, bien considéré, c’est cool, comme il convient désormais de dire jusqu’à ce que cela passe de mode et tombe dans le domaine du parler vieux-con. Par conséquent, en sa qualité d’énorme intelligence, il s’est dit, l’ex-mathologue, qu’en faisant parler de lui il arriverait sans doute à faire fructifier son petit capital de notoriété démocratico-combinarde. Et ça marche à bloc! Le coup de la candidature à la Mairie de Paris fonctionne à tout berzingue! Non seulement il fait la nique à ce petit miteux de Grivaux, mais encore il défie ouvertement Présipède. Du coup c’est l’affolement dans la volière médiatique, on nous cuisine du Villani à toutes les sauces. Il a déjà gagné, le surdoué, même si ses chances de succéder à la Maire Hidalgo -qu’il soutenait en 2014, c’est vous dire- apparaissent plutôt faiblardes, en tout cas il crève les écrans et enquiquine tout le monde, y compris le parti macrouilliste qui n’a même pas eu le courage de l’exclure pour outrage à Magistrat Suprême. Allez savoir, parti comme le voilà, où il va finir, le sinoque à la grosse araignée! Si ça se trouve, à l’Elysée, tiens, on en a vu des pires…enfin non pas des pires, mais des équivalents, oui, tout le temps! Réputé hyper-cerveau, parfaitement bien-pensant, suffisamment philanthrope pour séduire à la fois le Germanopratin et le Maçon de loge provinciale, politiquement correct au point de rappeler à tous qu’algèbre vient de l’arabe littéraire, ce qui en dit long sur le potentiel caché des petits Beurs en ce domaine éminent de la science pure, le petit bonhomme a tout ce qu’il faut pour briller au firmament de notre belle démocratie franchouille.

Remarquez, j’ai l’air de critiquer comme ça -et pas seulement l’air, à dire le vrai- mais dans le fond, française ou bien d’ailleurs, la Démocratie ça reste la Démocratie. Comme toute initiative sociétale de l’esprit humain il s’agit d’un machin vachement aléatoire, mal branlé, vaseux, biscornu et propre à faire face aux situations qui ne posent aucun problème. Dès que surgit le moindre imprévu, elle part illico en quenouille, la Démocratie, elle se transforme en monstre apathique, amorphe, abruti, hostile, incapable de dégager la moindre solution idoine. Bien sûr, elle finit toujours par trouver un truc, un bidule à la mords moi le nœud histoire de débloquer, parce que lorsqu’elle débloque, elle débloque à bloc, la Démocratie, et la plus vieille, la plus titrée de toutes, la Britannique, nous en administre en ce moment la preuve magistrale.
Tous les aspects les plus caractéristiques du système se trouvent là, résumés en une sorte de tragédie antique avec unité de temps, de lieu et d’action. L’Europe d’aujourd’hui, vaste lupanar à ciel ouvert, théâtre du Brexit! Premier acte bien démocratique, tout ce qu’il y a de plus orthodoxe et légitime: les Rosbifs votent à leur referendum de Juin 2016. Voilà donc plus de trois ans. Une courte majorité sort des urnes, un peu moins de 52 % de votants souhaitant quitter l’Union Européenne. D’accord, ça laisse 48% de couillons sur le carreau, sans compter les habituels abstentionnistes dont nul, par la force des choses, ne sait ce qu’ils pensent…mais souvent ils n’en pensent pas moins! En gros, une forte minorité des gens de là bas, venait de décider d’abandonner l’Europe à son triste sort, afin de s’émanciper des multiples contraintes inhérentes à l’organisation foireuse des États du Continent. Donc, en démocratie c’est la règle, la décision prise s’imposait à tous, satisfaits ou pas. Et là, logiquement, il eût été nécessaire d’en tirer les conclusions: « au revoir et merci, on s’en va! » Et la réponse polie des cons qui restent eût alors été: « bon vent les amis, n’oubliez pas de bien refermer la porte derrière vous pour éviter les courants d’air ». Ainsi la question se trouvait réglée, la vox populi respectée et le boxon actuel évité.
Oui, mais non! Alors là pas du tout, vous êtes loin du compte! C’est qu’ils sont là depuis le temps de Pompidou, les Britiches, vous vous réalisez l’amoncellement de scories de toute nature que ça peut créer, un demi-siècle d’appartenance à l’Europe? Inextricable, la situation! Il fallait y penser avant de poser la question au populo, me direz vous… Oui, bien sûr, sauf qu’à l’époque ils avaient parié sur la victoire du Bremain, le contraire du Brexit! Et vous ne pouvez pas imaginer à quel point c’est joueur, les Rosbifs! Cameron, le Premier Ministre qui avait lancé le truc a donné sa démission, il avait perdu, point final! Sauf que depuis lors c’est le bordel arabe sauce londonno-bruxelloise, personne n’en voit l’issue, ni clairement, ni même vaguement: un combat de nè… enfin je veux dire de personnes de couleur…ah, non, ça aussi, vaut mieux éviter? Bon, allez, merde, un combat de personnes dans un tunnel! Okay, l’image perd beaucoup en puissance évocatrice, ça ne veut même plus rien dire du tout, mais force reste ainsi à la Loi! C’est y pas l’essentiel?

Au début, au lieu de cravacher, perdu pour perdu, ils se sont donné deux ans pour couper le cordon! Deux ans! Une paille! Et pendant ce confortable délai, non seulement ça a discuté le bout de gras avec les gens de Bruxelles, Barnier en tête, mais encore le chaudron britannique s’est mis à bouillir entre les pro-brexit et leurs adversaires qui reprenaient du poil de la bête au fur et à mesure que le temps passait. Résultat des courses, à la fin des deux ans on en était quasiment au point de départ. Il fallut donc rallonger la période afin de négocier encore et encore, jusqu’à ce que, de prolongation en prolongation et à force de rejets successifs de ses projets, la pauvre Thérésa May finisse par démissionner, laissant la place à un  Boris Johnson  gonflé à bloc.
Ce dernier, convaincu de la nécessité de siffler la fin de la récréation, décida alors de se débarrasser du boulet démocratique le temps d’en finir avec le feuilleton Brexit et de sortir enfin, à la date fixée du 31 Octobre prochain. Donc, il a mis les parlementaires en congé d’office, le gros Bobo, parce que depuis le début des négociations ledit parlement a toujours tout refusé, les accords négociés par la brave Thérésa tout autant que l’éventualité d’une sortie sans accord, le fameux No deal qui semble bien constituer la seule solution réalisable, quel que puisse en être le coût. Pour arriver enfin à quelque chose il faut donc momentanément neutraliser le Parlement, c’est à dire la sacro-sainte Démocratie… Je ne sais pas ce qu’il se figurait, Boris, mais en s’attaquant ainsi de front à la Statue du Commandeur, il apparaissait inévitable qu’il se prît un véritable tsunami à travers la gueule! Ça n’a pas loupé. Aujourd’hui, il n’a plus de majorité, ses potes le laissent tomber les uns après les autres, jusqu’à son propre frère qui quitte le navire comme un rat pressentant l’incendie! Le voilà sommé de retourner à Bruxelles en vue de négocier un deal dont tout le monde sait qu’il serait rejeté comme les autres… Pour jouer sa dernière carte il demandera Lundi aux Communes de se dissoudre afin d’aller à de nouvelles élections… Il ne l’obtiendra certainement pas! La démocratie aura tellement bien parlé que ce pauvre Johnson ne disposera d’autre choix que la démission…laquelle pourrait peut être déboucher sur de nouvelles élections…même pas sûr! Quand on veut noyer le gros toutou, on l’accuse de la rage et tout le monde s’y met, la carpe s’allie au lapin et le conservateur au travailliste. L’essentiel étant de se débarrasser de l’empêcheur de démocratiser en rond… Vous avez vu ce qui est arrivé à Salvini?… Affaires à suivre…

Bonne semaine à tous, amitiés bien démocratiques.

Et merde pour qui ne me lira pas.

NOURATIN

Dorian

Un monstre absolu arrive en Floride…Pardon? Comment?…Mais non! Pas Donald Trump! Vous vous croyez où, dites donc? Vous vous trumpez…je veux dire trompez! Ici vous n’êtes pas dans la presse convenable, m’enfin! Si vous voulez déguster cette sorte de lieu commun vous allez voir l’Obs, ou bien encore Le Monde; là oui, vous pourrez hurler avec les loups, cracher sur Donald, lapider Matteo, haïr Jaïr, fusiller Viktor, bref vous faire plaisir à peu de frais en emboîtant le pas à la Bien-Pensance et à ses délicieuses  détestations tout à fait comme il faut. Pas chez moi, en revanche. Ici, avant de dénigrer on essaie de comprendre, d’analyser un tant soit peu, bref de taquiner l’objectivité sans prétendre à l’atteindre totalement, mais tout de même un peu plus que les autres, ce sera déjà ça!
Non, moi je vous parlais de l’ouragan Dorian, un gigantesque rouleau compresseur prêt à écrabouiller tout ce qui lui tombera sous le vortex; suffisamment redoutable pour conduire, justement, Trump à annuler un voyage chez ses potes nauséabonds de Pologne. On peut en penser ce qu’on veut, de ce type, il trimballe à peu près tous les défauts, si vous voulez, en attendant il fonctionne parfaitement en phase avec la démocratie. En l’occurrence, vu qu’il joue sa réélection de l’an prochain et que la Floride apparaît comme une des clés du succès, il saute à pieds joints sur l’occase de se montrer en Président qui veille sur le bon peuple avec amour et sollicitude, et ce avant toute autre considération, fût elle d’importance stratégique majeure. Sa mission, chèrement acquise d’un suffrage universel par nature versatile, il la remplit avec un dévouement proche du sacerdoce. Il n’a pas oublié, je pense, la campagne unanime qui visa Deubeulyou, l’ex-Président Bush jr. le jour maudit où Katrina s’abattit sur la Nouvelle Orléans. Ledit Deubeulyou ayant un peu sous-estimé le phénomène, toute la presse lui est tombée dessus! S’agissant d’un salaud de Républicain, en pareil cas il est d’usage de le démolir à grands coups de brûlots enragés. Évidemment ce serait encore pire avec le Président d’aujourd’hui, ès qualité d’ordure de sale populiste nauséabond! Seuls les Démocrates, bien étiquetés à gauche, peuvent se permettre à peu près tous les écarts; je ne vous parle même pas de Barack-Hussein Obama qui fut, aux yeux des pisse-copie du monde entier, l’équivalent en mieux de Jésus Christ, voire de Mahomet et aussi de Bouddha, les trois réunis arrivant péniblement à la cheville du-Premier-Président-Noir!
Du coup, il a désormais intérêt, le gros vieux à la jaune tignasse, à ce que le déferlement  de Dorian sur Miami et ses voisines se solde par une catastrophe épouvantable. Si jamais ce con d’ouragan s’avisait de passer à côté, c’est alors que les critiques se mettraient à lui pleuvoir dessus en averses cataclysmiques! Parce qu’évidemment, il n’a pas droit à l’erreur, lui, tout ce qu’il pourra dire et faire se retournera toujours contre lui, le manichéisme médiatique est ainsi conçu qu’il ne pardonne jamais rien à ceux qui ne présentent pas le moindre embryon de sensibilité de gauche. Loin de moi l’idée de souhaiter la dévastation complète de ce coin de paradis pour snobinards friqués mais peut être Trump, lui, en rêve-t-il secrètement; dans le registre de l’aide humanitaire à l’électeur sinistré il pourrait sans doute crever l’écran et  récolter ainsi un avantage décisif sur un challenger encore dans les limbes démocratiques. Il lui restera juste à éviter l’écueil de l’exagération poétique dans le style de Kouchner avec son faux sac de riz sur les endosses. Ce serait toutefois faire injure à ce pauvre Donald que de lui prêter un tel niveau de stupidité, il faut en laisser l’apanage à nos amis les gendegôches.

Reste que, le réchauffement climatique se révélant comme un puissant booster d’ouragans, de cyclones et de typhons en tout genre, on sent confusément l’alliance objective du climatosceptique qui préside les States et du dérèglement provoqué par la hausse des températures. Sans aller jusqu’à dire que Trump, ça l’arrange, il faut bien reconnaître qu’un super coup de vent de force douze pourrait bien lui faciliter la victoire aux élections prochaines. Alors pourquoi voudriez vous, après tout, qu’il s’embête à respecter les accords de Paris signés par son prédécesseur bronzé, hein, je vous le demande? Sans compter que lorsqu’on aura réussi à faire fondre le Pôle Nord, on pourra récupérer l’énorme stock de pétrole qui se trouve dessous, ce sera la fête pour les petits malins qui auront su se placer…Après tout, pourquoi croyez vous qu’il cherche à acheter le Groenland, Pépère? Pour aller skier sur les glaciers fondus?

Alors, vous allez me dire que j’ai l’air de souscrire aux thèses du GIEC et que j’avance comme vérité révélée le réchauffement dû à l’activité humaine. Ben oui, je suis sincèrement désolé pour les copains qui vont me traiter de suppôt des comploteurs de l’intox climatique, mais j’en suis tout à fait convaincu. N’étant pas qualifié pour juger de la validité d’une thèse ou d’une autre, j’ai juste mon pifomètre empirique et fort usagé pour me faire une idée sur la question.
En substance je vois, depuis l’époque de mon jeune temps, la mer de glace descendre trente mètres plus bas, le glacier des Bossons remonter sur quelques kilomètres, laissant à sa place un énorme tas de cailloux, et mes chères montagnes du Valais perdre leur capuchon de neiges éternelles pour ressembler, dès la fin du Printemps, aux cimes pelées qu’on trouve juste au dessus de chez moi. Si vous ajoutez à cela les étés de plus en plus caniculaires, le pinard qui prend trois degrés et se vendange en Août, bref l’évolution que tout un chacun a pu constater en quelques décennies, moins d’une vie d’homme, vous en arrivez forcément à la conclusion que tout cela n’est pas dû seulement aux variations de l’activité solaire. Ça va beaucoup trop vite pour relever d’un processus naturel. Si vous croyez dur comme fer le contraire, libre à vous, question de foi… Mais la croissance exponentielle de la population et la consommation d’énergie qui l’accompagne, l’hallucinante quantité de saloperies carbonées balancées à chaque instant dans l’atmosphère, tout cela confronté au constat du réchauffement accéléré, laissent difficilement place au climatoscepticisme, lequel apparaît comme pure opinion politique, à l’instar de son ennemi juré, l’écologisme gauchiard. Me refusant à faire assaut de stupidité avec Gréta machin sur son petit bateau à la con, je préfère prendre en compte les réalités et en déduire que nous sommes dans un beau pétrin sans avoir aucun moyen d’en sortir; ce ne sont ni les vociférations des Jadot, Con-Bandit et consorts, ni les pactes dérisoires issus des COP cérémonielles autant qu’incantatoires, qui apporteront la solution. De solution il n’y en a pas! Vous voyez, vous, un politicard quel qu’il soit, imposer l’arrêt des centrales à charbon, à gaz et à pétrole, le retour à la navigation à voile, la suppression du trafic aérien, l’interdiction du chauffage central et des climatiseurs, les toilettes sèches généralisées et le vélo obligatoire de sept à soixante dix sept ans,  le tout assorti d’une limitation de vitesse à zéro kilomètres/heure pour les bagnoles? Eh, non, pas vrai, c’est le progrès tout ça, le sacro-saint progrès divinisé par la pensée « progressiste »…alors vous pouvez toujours vous brosser pour qu’on y renonce, plutôt crever! Sans compter que ce sont les enfants de nos enfants qui crèveront, ils ne votent pas ceux-là, enfin pas encore…du coup hein, dans le fond de nos intangibles principes démocratiques, qu’est-ce qu’on en a à foutre? Alors, la Gauche va rester dans l’incantation et la Droite dans le déni…après eux le déluge… Ah, ils peuvent se foutre de Louis XV, ils sont mille fois pires…d’autant qu’il n’a jamais dit ça, le pauvre Roi tant vilipendé par la Répupu maçonnique!

Nous allons donc continuer comme cela, tranquillement. Les pays du Sud deviendront progressivement de moins en moins habitables et leurs habitants nous déferleront sur le râble beaucoup plus vite et beaucoup plus fort qu’aujourd’hui. De nos jours, il crèvent un peu de faim et nous les attirons par notre relative opulence, demain c’est pour éviter la noyade ou bien encore la combustion lente qu’ils migreront par centaines de millions. Il ne sera plus temps alors d’embastiller les Identitaires parce qu’ils tentent de barrer le passage aux envahisseurs; on en viendra même un jour ou l’autre à couler les embarcations en pleine mer, vous verrez…enfin non, vous ne verrez pas, ni moi non plus, mais ça viendra, forcément, inéluctablement… Alors, de vous à moi, un Afghan demandeur d’asile qui égorge un peu les passants, la routine quoi, même pas la peine d’en parler, BFM TV s’en charge… Ce n’est pas par esprit de contradiction, vous savez, mais je crois qu’en termes de conséquences à long terme, l’ouragan Dorian et ses collègues qui suivront, c’est du beaucoup plus lourd!

Ne m’en veuillez pas trop et passez tout de même un bon Dimanche.

Et merde pour qui ne me lira pas.

NOURATIN.