Le triomphe attendu du Paris-Saint-Germain…

En somme, parmi les multiples avantages du confinement, j’avais particulièrement  apprécié la disparition du foute-balle. Pendant près de trois mois cette sorte de covid social, ce coronavirus des cervelles supporteuses, ce syndrome d’abrutissement collectif, on n’en a même plus entendu parler. Une authentique grâce de Dieu! C’était une parenthèse enchantée, voilà tout, les meilleures choses ont une fin, bien plus souvent que les pires, d’ailleurs… Parce que justement, le foot, resté quelques semaines en suspens, reprend désormais de plus belles! Ils se rattrapent tous, les confouteux de notre beau pays métissé à diversification accélérée -célérité scélérate- ils se lâchent à bloc! Vous pensez, le PSG en finale de la Ligue des Champions! L’hystérie générale nous déferle en pleine poire, les media s’en délectent, s’en lèchent les babines, nous en farcissent les yeux et les oreilles, nous l’enfoncent dans le crâne comme dans le vieux temps la réclame pour la Poudre de Cock (attention, ne vous méprenez pas, c’était juste un truc pour l’estomac, pas pour… autre chose)! S’il s’agissait d’un simple jeu-spectacle pour satisfaire les braves-gens qui aiment les jolis buts, les passes décisives, les tirs croisés, les petits-ponts, voire même les tacles appuyés et autres corners-rentrants, il n’y aurait guère de mal, on pourrait regarder cela comme un passe-temps agréable pour amateurs éclairés. Ces derniers décèlent dans le jeu de balle-au-pied une esthétique empreinte de subtilité, de grâce et d’élégance, une discipline toute de stratégie, de tactique fine, d’éclairs de génie quasi-napoléoniens, bref quelque chose de grandiose, qui rappelle vaguement l’antique dans ce qu’il recèle de plus noble et de plus glorieux. En pareil cas, on comprendrait. Après tout chacun aime ce qui lui plait et la contemplation assidue de jeunes africains courant comme dératés après une jolie baballe, ne me semble pas plus regrettable que la passion des hippodromes voire celles des courses de lévriers. L’ennui, avec le foute, vient des passions accessoires qu’il déchaîne et notamment cette forme de chauvinisme borné qui entraîne le fanatique à perdre à la fois le minimum de lucidité dont il pourrait peut-être faire preuve en d’autres occasions et le sens du ridicule. Rappelez vous, certains naguère qui hurlaient Kaka-Kaka! Encore heureux qu’il ne se fût point agi de sans-papiers.
Sans oublier que cette sorte de religion barbare se pratique en grosse foule, des milliers de branquignols animés de la même aberration mentale. Sachant la stupidité profonde des grandes masses populacières agglomérées on comprend immédiatement les ravages qui découlent de l’exercice. Bien entendu tout cela relève complètement de notre époque. Quand j’étais petit, ce qui nous remet plutôt loin, le bon populo s’en venait au stade le dimanche après-midi pour soutenir du geste et de la voix l’équipe locale. Rappelons tout d’abord que ladite équipe était composée des jeunes du pays, même en première division, les spectateurs connaissaient les joueurs, les parents des joueurs et parfois leurs grand-parents, pour les plus résistants. Cela expliquait, voire même justifiait, le chauvinisme fouteballesque des années d’après-guerre. La bêtise, bien sûr, n’en était pas exclue, les esprits s’échauffaient souvent et parfois les poings suivaient mais sans atteindre les paroxysmes d’aujourd’hui. En ce temps-là, le sport drainait très peu d’argent  et les joueurs, fussent-ils professionnels, se contentaient d’émoluments qui atteignaient à peine les niveaux de salaire des cadres supérieurs pour les plus élevés, bien sûr. Progressivement l’arrivée de la télévision a fini par tout changer, les clubs ont touché des « droits » de plus en plus énormes, les joueurs se sont vus négociés entre équipes à des prix pharamineux, ce qui fait que les noirs d’aujourd’hui valent des millions de fois plus cher que leurs ancêtres, victimes malheureuses de l’esclavagisme. Sauf que désormais il n’existe plus aucun lien entre les populations locales et les formations censées les représenter sur le terrain. Au sein de l' »élite« , comme ils disent, ces dernières sont exclusivement composées de mercenaires cousus d’or qui n’ont rigoureusement rien à foutre du lieu dont ils portent les couleurs, les plus consciencieux faisant semblant parce que c’est dans leur contrat.
Et nous voilà donc face à une configuration spécifique. Beaucoup de sous en jeu, les media ayant à cœur d’attiser les braises afin de rentabiliser le dispositif: plus il y aura de monde sur l’affaire, mieux le bizness se portera. Parallèlement les petits « jeunes », chauffés à blanc (façon de parler), se tiennent toujours prêts à sauter sur les occasions fouteuses pour se mêler au gros tas de supporters éméchés et en profiter pour casser, piller et plus si opportunité. En ce jour particulier, qualifié d’historique par tous les media dignes de ce nom, l’équipe du Paris-Saint-Germain s’apprête à affronter celle de Munich en combat singulier (1) pour la Coupe d’Europe, la Ligue des Champions comme ils disent. La grande finale, vous savez, malgré le covid qui a un peu écourté les phases préliminaires et qui impose aux joueurs d’opérer dans le silence pesant de stades vides. Qu’importe, l’évènement est là et les écrans géants offrent à la foule en délire de multiples ersatz  de match avec l’ambiance survoltée des grands concours de supporteurs déchaînés. C’est encore plus chouette que le stade parce qu’on n’est pas obligé de mettre un masque ni de respecter les distances de sécurité!
On peut cependant gloser. Moi, ils me font doucement rigoler, les innombrables quidams de tout le pays – à l’exception notable de Marseille, j’y reviendrai – qui font assaut de patriotisme en déclarant qu’avec Paris c’est la France entière qui se couvre de gloire. Certains vont même jusqu’à affirmer qu’en cette occurrence nous soutenons tous le PSG, dans l’immense mouvement d’ensemble de la Nation unanime! Non mais vous vous rendez compte? Après avoir fait la guerre au Covid, sans grand succès semble-t-il, voilà que nous montons à l’assaut de Munich, aux armes citoyens! Dieu merci, Munich ça ne dit plus grand chose à nos petits jeunes d’aujourd’hui, formatés par l’Education Nationale décérébrante et les jeux vidéos du même métal. Avec un peu moins d’inculture crasse nous risquions des manifestations d’anti-germanisme primaire ce qui eût, sans doute, déplu à la grosse Angela. En ces temps de rapprochement nous l’eussions bien regretté  et Présipède en eût été fort affecté, n’en doutons pas.
Sur ce coup-là, nous ne risquons rien. En revanche, cette fabuleuse équipe de Paris, dont il convient de rappeler au passage qu’elle appartient en propre à l’Émir du Qatar, ne compte dans ses rangs qu’un seul Parisien, vu qu’il naquit dans le XIXème et vécut toute son adolescence à Bondy, ville assez bigarrée mais cependant partie intégrante du Gross Paris comme on disait jadis sur les bords de la Seine. Le parigot en question n’étant autre que l’illustre M’Bappé, jeune garçon au pied incomparable dont la fortune dépasse  désormais la centaine de millions.
Comme je le suggérais un peu plus haut, l’amour sans mélange que porte notre cher pays des droidlom à l’équipe présidée par M. Nasser al Khelaïfi, Ministre d’État du Qatar, souffre une seule exception: Marseille! Sur le Vieux Port, la Corniche ou la Canebière, la simple évocation de Paris, de son équipe de foot et du match de ce soir, entraîne systématiquement la bordée d’injures et la profession du mépris le plus absolu. Encore une manifestation caractéristique de la stupidité fouteballière, les Marseillais, très généralement inconditionnels de l’Olympique de Marseille, l’OM pour les intimes, se montrent intraitables lorsqu’il s’agit de l’ennemi héréditaire PSG.  Et, pour reprendre le propre terme de Moussa Darmanin, notre excellent ministre de l’Intérieur, comme le pays s’ensauvage de plus en plus et que ledit ensauvagement touche presque exclusivement les populations issues…vous voyez ce que je veux dire, la Ville Lumière aussi bien que la Cité Phocéenne se trouvent au premier rang des victimes du phénomène. Et quoi de plus efficace qu’une belle partie de ballon pour faire surgir les sauvages de leurs tanières? Moyennant quoi, ce soir les suites du match seront certainement plus spectaculaires que le match lui même. Sur les Champs Elysées, je ne vous fais pas un dessin, le dispositif policier ne manquera pas de se voir débordé et la sauvagerie déboulera dans toute son horreur, surtout en cas de victoire des Qatari. Quant au Vieux-Port, si jamais un supporter parisien s’avisait de déambuler au milieu de la foule en délire (seulement en cas de défaite) je ne donnerais pas un liard de sa peau. Le Préfet envisagea même un instant d’interdire, dans toute l’agglomération phocéennne, le port du maillot parisien. Les Hautes-Sphères lui firent rentrer son arrêté préfectoral dans la gorge, faut pas déconner, mais le pauvre homme eût sans doute sauvé les vies des quelques crétins capables de prendre un risque aussi inconsidéré.
Nous verrons cela demain matin, quand on aura relevé les blessés et les morts des deux villes phares du fouteballe français ou prétendu tel.
Cela dit, naturellement, je ne souhaite rien, ne vous gourez pas, je suppute juste…
Si vous n’avez rien de mieux à faire ce soir, couchez vous donc le plus tôt possible, pas la peine de traîner dans les rues ni de regarder la télé, ça vous avancerait à quoi?

N’en passez pas moins une excellente semaine et que la paix soit avec vous.

Et merde pour qui ne me lira pas.

NOURATIN

(1) Plutôt pluriel vu qu’ils jouent à onze de chaque côté.

26 réflexions sur “Le triomphe attendu du Paris-Saint-Germain…

  1. Jacques Étienne 23 août 2020 / 17 h 32 min

    Je vous approuve à 100 %.

    J'aime

  2. Diocletien 24 août 2020 / 6 h 34 min

    Bravo ! Bravissimo !

    J'aime

  3. Gérard 24 août 2020 / 7 h 13 min

    Les qataris ont perdu … enfin une victoire européenne !

    J'aime

    • nouratinbis 24 août 2020 / 11 h 43 min

      Remarquez, les Allemands sont souvent bien bronzés, cette année. Ils ont toutefois
      quelques européens dans l’équipe, et même deux ou trois Chleus véritables.
      Condoléances à l’Émir!

      J'aime

  4. Arthourr 24 août 2020 / 7 h 59 min

    Même si l’équipe du PQSG (Q pour Qatar, hein), comme certains la nomment, est un modèle de bigarrure à faire la fierté de la municipalité hidalguesque, je crains tout de même que la composition de l’équipe teutonne n’ait pas davantage à voir avec les bords de l’Isar et le catholicisme séculaire de la Bavière…

    Quant aux « débordements » des « supporters »…Rares sont les occasions « officielles », « avalisées », « préfecture approved », pour les incivils de métier de se rassembler par centaines, et de démultiplier ainsi les nuisances qu’ils ne peuvent créer que par dizaines, au mieux, en temps « normal ».
    D’ailleurs, que « leur » équipe perde ou gagne, le bordel reste le même. Comme quoi, la « détresse » de la défaite ou « l’allégresse » de la victoire sont -une fois de plus- un faux-nez pour avoir une « License to pille ».

    J'aime

    • nouratinbis 24 août 2020 / 11 h 45 min

      Comme dit le premier ministre Cachsex « le sport est un facteur de cohésion
      sociale ». Ché ben vrai cha, comme eut dit la Mère Machin.
      Amitiés.

      J'aime

    • nouratinbis 24 août 2020 / 11 h 47 min

      L’important c’est de participer…à la casse générale!
      Amitiés.

      J'aime

  5. Le Rabouilleur 24 août 2020 / 8 h 10 min

    Sur les fouteux en général, et sur Bernard Tapie en particulier.
    Un journaliste demande à Tapie ; que pensez-vous de Toulouse-Lautrec.
    Et Tapie réponds :
    C’est Toulouse qui va gagner.

    J'aime

    • nouratinbis 24 août 2020 / 11 h 50 min

      Remarquez, il ne se limitait pas qu’au foot, ce brave Tapie. Un jour que son
      décorateur lui avait accroché un tableau à la plus belle place en lui disant
      « c’est un Dunoyer de Segonzac », il avait répondu « vous vous foutez de moi?
      Je veux du premier zac! »
      Amitiés.

      J'aime

  6. Mildred 24 août 2020 / 9 h 59 min

    Je me suis toujours foutue du foot (pardon : du foute) moi aussi. Mais cela dit, et avec le recul du temps, comment ne pas se souvenir de la joie de son homme et de celle de ses fils, au temps où le foutu-foute n’était pas encore ce qu’il est devenu aujourd’hui ?
    Alors si vous me le permettez, une petite piqure de rappel :

    J'aime

    • nouratinbis 24 août 2020 / 11 h 51 min

      C’était assez différent, bon enfant…mais c’était avant l’invasion!
      Amitiés.

      J'aime

    • Gérard 24 août 2020 / 19 h 28 min

      Moi, je suis tellement vieux que, sans m’être jamais intéressé au foute, je me souviens néanmoins d’une époque ou tous les fouteux français étaient blancs, et avaient des noms français, même que quand ils étaient pas français depuis 15 générations, et que leur nomp était – par exemple – Kopaszewski, ils en foutaient en l’air une bonne partie pour avoir l’air d’être du cru … Je me demande comment ça pouvait intéresser les supporters de ne même pas voir un seul black. Incroyable, pas vrai ?

      J'aime

      • nouratinbis 27 août 2020 / 18 h 42 min

        Triste époque où l’on ne voyait que des Fontaine, des Piantoni, des Kopa…
        L’absence de diversité, on la supportait parce qu’on ne savait pas…
        Aujourd’hui on sait!
        Amitiés.

        J'aime

  7. elba 25 août 2020 / 7 h 07 min

    J’ai actuellement en vacances à la maison un de mes petits gendres foudefout. Je ne dis rien parce qu’il est du genre à admirer les passes et les jeux de jambes, comme vous l’avez décrit, Nouratin. Pas du tout du genre à crier ou à boire de la bière pendant le match. J’ai donc allumé la tévé dimanche juste pour lui faire plaisir. Ma fille, mes petits enfants et moi l’avons laissé tranquille.
    Mais je n’ai pas résisté au fait de lui dire après le match « mon pauvre Fabien, ton équipe du Qatar n’est pas si bonne que ça, puisqu’elle a perdu, mais bon ! ce n’est pas une équipe française, donc ça n’est pas bien grave. » Parfois j’ai un tantinet de méchanceté doucereuse en moi. C’est comme ça. 😉 Il a souri gentiment.

    Tout comme vous et de nombreux autres, je saluais pendant notre mise en séquestration, cette interruption des matchs de fouuut. Hélas, toute bonne chose a une fin. Les mauvaises aussi en ont une, mais parfois je trouve que les mauvaises choses durent plus longtemps que les bonnes. Comme ce port idiot du masque obligatoire qui m’enquiquine fortement, mais que d’aucuns trouvent « nécessaire » ou « indispensable » à mon grand désespoir. Ce qui n’est heureusement pas le cas de mon gendre ici présent. Ouf !
    … Ces inconditionnels du masque se rueront sur le vaccin, sans doute. Hélas, trois fois.

    Et moi, en attendant, je me dis que finalement les femmes qui portent le niqab sont peut-être chanceuses dans cette histoire : elles ne changent rien à leur façon de vivre. A moins qu’elles ne soient obligées de porter un masque dessous ??? 😉

    Allez ! J’arrête mes bêtises et vous fais un gros bisou !

    PS –
    « …reprend désormais de plus belles » – « pharamineux »… C’est normal ?

    J'aime

    • nouratinbis 27 août 2020 / 18 h 46 min

      Je ne sais pas si c’est normal, c’est venu comme ça…
      Quant à ce qu’il y a sous le niqab, mystère et boulette de couscous…
      Pour ce qui est du masque, que voulez vous, il faut y passer, même
      si on a l’impression d’être pris pour des jambons…Cette histoire de
      Covid est extraordianaire, je suis content d’être encore en vie pour
      avoir vécu ça!
      Gros bisous.

      J'aime

  8. G.Mevennais 25 août 2020 / 16 h 03 min

    Oh là là, trois jours de retard pour vous répondre, j’espère que vous ne m’en tiendrez pas rigueur, j’en serais navré ! Vous avez, encore une fois, raison sur toute la ligne, j’ai été, comme beaucoup de jeunes, « supporter » du FCN, du temps où Blanchet et Daniel Eon étaient des « gars du cru » et l’ambiance n’avait rien à voir avec celle d’aujourd’hui. Bien évidemment, il arrivait, parfois, que l’arbitre était « envoyé »aux « chio..es » sur l’air des lampions, mais ça s’arrêtait là, c’était bon enfant, c’était avant quoi..
    Merci pour ce billet, cher Nouratin (y a t »il un seul sujet où nous ne sommes pas d’accord ? ça devient désespérant (lol), et amitiés.
    Bonne semaine à tous/toutes.
    Gilles

    J'aime

  9. nouratinbis 27 août 2020 / 18 h 48 min

    Bonsoir cher ami, je pense que nous aurons du mal à ne pas être
    d’accord, à moins que vous n’aimiez pas le bœuf bourguignon, qui
    sait…
    Amitiés.

    J'aime

    • G.Mevennais 29 août 2020 / 14 h 39 min

      Ne pas aimer le boeuf bourguignon ? comment pouvez vous me croire coupable d’un tel méfait ? Non seulement j’adore, mais je le cuisine moi-même et je me régale. J’es père vous avoir rassuré ‘lol)
      Amitiés.

      J'aime

  10. nouratinbis 29 août 2020 / 17 h 29 min

    Je n’avais pas la moindre ombre de doute à cet égard!
    Amitiés.

    J'aime

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s