Ta gueule, sale blanc!

L’échéance approche à vive allure, le mois prochain marquera le début de l’année pré-électorale, celle qui revient désormais tous les quatre ans nous rythmer la vie médiatique. Avant, lorsque nous avions encore le septennat, c’était différent, moins fréquent (ben oui, comme eût dit La Palice) et donc plus solennel, plus classe, moins banal, enfin mieux, quoi, vous en pensez ce que vous voulez mais la démocratie, plus on s’en sert plus elle s’use, un peu comme la pile Wonder, pour ceux qui s’en souviennent, laquelle, déjà mise à mal par une CGT soixante-huitarde encore plus con que nature, fut proprement liquidée par ce pauvre Tapie qui la vendit pour quatre sous aux Amerloques. Or, changer de roi tous les cinq ans, notre règle depuis le referendum de septembre 2000, c’est presque aussi idiot que de lui couper le cigare, comme le firent si aimablement nos premiers républicains aux temps affreux de la Terreur. Le principe apparaît d’autant plus naze qu’il suppose des élections législatives dans le mois suivant la proclamation de l’heureux élu, lequel, par la même occasion récupère la majorité à l’Assemblée et règne donc en maître absolu faisant fi des sacro-saints principes de séparation des pouvoirs. Du coup il en devient tellement odieux au populo qu’il descend à la prochaine, ce qui fut le cas des deux rigolos prédécesseurs de notre petit Présipède actuel, Sarko dit « Talonnettes » et Hollandouille qui restera à jamais le petit livreur à scooter, en raison des croissants qu’il portait à sa belle dès potron-minet. L’actuel Chef de l’État en dépit d’une taille plutôt modeste (1) n’éprouve le besoin de se surélever que de deux ou trois centimètres seulement et, par ailleurs, ne risque pas de se faire gauler comme un con à visiter une nana aux aubes. Il n’en trimballe pas moins une série de casseroles de nature à lui causer quelques difficultés l’an prochain au moment crucial. Nous verrons bien mais je crains que nous ne réussissions pas si facilement à nous en dépêtrer, de celui-là.
En tout cas, si vous voulez mon avis -si vous n’en voulez pas allez donc m’attendre trois ou quatre lignes plus bas, ça devrait suffire- donc, si vous voulez mon avis ce n’est pas la candidature dores et déjà proclamée de l’ami Bertrand, Xavier -vous savez, le héros fabuleux de la guerre anti-tabac- qui fera beaucoup de tort à Présipède. Il promettait, ce garçon, je me trompai même lourdement à son sujet dans le temps, voilà douze ans bien sonnés, en le prenant pour celui qui niquerait Sarko en 2012! Erreur de jeunesse, à l’époque je n’avais que soixante-trois ans et quelques dents de plus qu’aujourd’hui, ça peut excuser un peu, mais pas tant que ça tout de même. Bertrand fait partie de ces types que l’on classe à droite parce qu’il émargeait jadis à l’UMP, ce que les media appelaient « la droite républicaine »…l’autre façon d’être de gauche, comme chacun a pu le constater. Et, cerise blette sur le gâteau rassis, Bertrand porta très longtemps les couleurs du Grand Orient, il ne s’en est un peu écarté que pour éviter les inconvénients électoraux d’un positionnement gauchiard trop ostentatoire. C’est donc cette espèce de franc-maçon crypto-socialiste qui voudrait faire pièce l’an prochain à l’autre socialo-défroqué de Macrounette. Un doute sérieux m’habite, sans compter qu’il court tout seul, Bertrand, il ne cotise même plus aux Ripoublicons…vous me direz, cela revient à peu près au même, en somme…
Mais, soyons sérieux, on s’en fout. En réalité le grand cirque électoral devrait commencer par les régionales, toujours prévues en juin prochain pour peu que l’illustre Professeur Défraîchy et le Grand Chambellan Salomon en soient d’accord. Entre le covid et la stratégie présipédique, toujours un peu louvoyante, la tenue dudit scrutin demeure très incertaine encore. Cependant, avec un délai déjà inférieur à un an entre les deux élections le problème se révèle épineux, d’autant que la Répupu en Marche devrait se ramasser une gamelle retentissante dans l’ensemble des régions ce qui prépare plutôt mal la réélection du petit président en exercice. L’équation pourrait se compliquer encore en cas de victoire des potes de Marine, lesquels se trouvent en position de remporter la timbale au moins en Paca et peut être dans le Nord, dans ce dernier cas la déculottée du Bertrand précité viendrait corser un peu plus encore le grand-guignol démocratique. Alors, je ne vous dis pas qu’on va bien s’amuser vu qu’il y a bien longtemps que cette sorte de clownerie ne réjouit quasiment plus personne et que le lancinant tapage médiatique associé nous les brise en petits morceaux. Pourtant ces urneries ne manqueront pas d’intérêt; savoir comment les franchouilles se feront encore une fois couillonner sera riche d’enseignements dans l’ordre anthropologique. Comme le dit si bien Zemmour, un quinquennat Macron égale deux millions d’immigrés supplémentaire…donc, en reprendre un second, vous voyez où ça risque de nous mener… Et pourtant cela nous pend au nez comme un sifflet de deux sous! Au point où nous voilà rendus aujourd’hui, deux millions de plus -en admettant qu’il ne mette pas le turbo, Macrouille- ça pourrait bien suffire à nous faire basculer dans l’abomination, vous savez, la grosse goutte qui ferait déborder le vase… Nous constatons aujourd’hui des phénomènes que nous ignorions encore sous Hollandouille, par exemple, tenez, la dernière de la dame Audrey Pulvar, celle qui dit « toi y en a saloperie de blanc, toi y en a fermer ta sale gueule« , enfin à peu près, quoi… Eh bien à l’époque, souvenez vous, la petite Audrey c’était la gonzesse de Montebourre, même qu’on le surnommait Montaudrey de ce temps-là. Le gros rigolo en question portait alors le titre exceptionnel (ça ne s’est plus jamais fait ensuite, et pour cause) de « Ministre du Redressement Productif« , ce qui m’avait inspiré un petit billet lequel comportait notamment une java du redressement productif, témoin historique de mes déconnages passés. Or, ce brave redresseur, bien qu’un peu mitigé maghreb, se présentait alors comme le champion de la marinière bretonne et du presse-purée made in France, un patriote exacerbé, toujours prêt à mouiller la chemise, voire même le slip, pourvu qu’il s’agisse de purs produits de nos terroirs profonds. Dans ces trous-là on ne peut tout de même pas laisser la parole aux seuls Africains d’importation récente, non? Mais il est vrai aussi que le couple avait fait long feu, largué au bout de deux ans seulement le pauvre Arnaud, trop blanc, probablement! Il a fallu qu’il se console dans les bras de sa collègue Filipetti…décidément un vrai socialo, celui-là, il ne copule que dans la militante pure et dure! Et pour vous le finir, ses redressements se révélèrent alors vachement productifs, le fruit de ses amours interministérielles se prénommant Jeanne, on ne saurait faire plus conforme à la tradition de chez nous, celle qui pue aux nez de Miss Pulvar et de ses potes.
Tout ça pour vous dire -oui je sais, je me répète- qu’une resucée de Macron (j’aime bien resucée, moi, même si en l’occurrence ça peut paraître un peu connoté) nous entraînerait encore plus profond dans l’abîme insondable de l’invasion et du grand remplacement. Avec lui nous sommes sûrs du coup. Les autres, ma foi, à ce jour je ne vois que la grosse mémère, elle se trouverait bien obligée de faire quelque chose, tout de même, ne serait-ce qu’un referendum pour nous demander notre avis sur la question, ça changerait un peu au moins… On peut toujours rêver, pas vrai, pour tenter de mieux supporter l’horreur.
Allez, je m’arrête là pour cette fois-ci, en attendant qu’en ma qualité de sale vieux blanc nos nouveaux maîtres m’intiment un jour ou l’autre l’ordre de me taire à jamais…ça s’approche tout doucement…

Bonne Semaine Sainte à tous, n’oubliez pas de faire maigre Vendredi, ça vous fera du bien au cholestérol!

Et merde pour qui ne me lira pas.

NOURATIN

(1) 1,73 M. si j’en crois ce qui se dit sur Internet…tant que les pieds touchent par terre…

Eruption

Oulalah! Ça me rappelle quelque chose cette affaire de volcan islandais qui se réveille! Attendez que je me rappelle, diable à mon âge les souvenirs ne se maîtrisent plus aussi élégamment qu’à la bonne époque, quand j’étais jeune et beau…enfin jeune, quoi, parce que les nanas qui me trouvaient une ressemblance avec Alain Delon (en large) il n’y en avait pas des masses…une seule, à vrai dire, même pas miro mais vachement gentille, une bonne copine quoi, jolie en plus…faut voir aujourd’hui, sacrebleu! Saleté de vieillesse! Une blague sadique que nous a mijoté le bon Dieu…mais que lui avons nous fait, à Celui-là, pour qu’il nous traite de la sorte? Je me perds en conjectures, vous savez, et je ne suis pas le seul, nous sommes même des chiées à nous poser la même question… Et comment expliquez-vous, s’il vous plaît, l’engouement de toutes ces pauvres vieilles pour une Église où l’on prie le Zigomar qui nous torture ainsi? Le mec vieux, son église c’est plutôt le bistrot. Là on trouve une logique en béton parce que derrière le rade on oublie. Même qu’au bout d’un certain nombre de godets on ne se rend plus compte de la malédiction qui accable le vieillard décati. Le cacochyme, le podagre, le sourd, l’édenté, le gâtouillard, tout cela se fond dans l’espèce de torpeur cotonneuse dont la biture montante enveloppe la clientèle mathusalèmesque. Mais la vieille, elle, son rêve éthéré, son oubli éthylique c’est la religion, l’opium des mémères…enfin je parle pour celles de chez nous, bien sûr, le monde déclinant des catholiques assaillis de partout, encerclés par les hostiles de tout poil, bientôt chassés comme Adam le fut du Paradis à cause de cette petite coquine d’Eve. Cette dernière y est sans doute pour quelque chose dans la ferveur des pauvres nanas, obligées de se faire pardonner les incartades de l’arrière, arrière, arrière…bon enfin, on va la faire courte, grand-maman. Remarquez bien que ça se pratique de moins en moins, la religion, chez la femme ménopausée, elle a trouvé le moyen de faire durer, désormais. Bien sûr c’est variable en fonction des gonzesses, de leurs moyens financiers, de leur manière de tenir à leur esthétique personnelle pour réparer des ans l’irréparable outrage. De moins en moins irréparable, du reste, car la cosmétique, la médecine, l’hormonothérapie et la chirurgie ont progressé à un rythme prodigieux sur un marché tellement juteux qu’il attire les meilleurs et les plus malins à commencer par nos amis israélites qui savent toujours flairer le coup exceptionnel bien avant tous les autres. En conséquence vous vous trouvez aujourd’hui en présence de certaines octogénaires qui vous donnent l’impression d’avoir quarante ans de moins…enfin de loin, tout de même mais c’est déjà ça. Nous autres bonshommes qui savons (de Marseille) avoir franchi la limite de validité du ticket, nous cherchons rarement à tricher avec l’âge et les rares qui s’y risquent plongent irrésistiblement dans un ridicule terrifiant, la pire des tristesses parce que le refus désespéré du désespoir se révèle encore pire que le désespoir lui même, pathétique, pitoyable, lamentable, grotesque! Je ne citerai pas le moindre nom par un reste de charité chrétienne, toutefois ça ma démange un peu, je l’avoue…
Bien, passons, foin des digressions sinistres qui vous conduisent irrésistiblement à vous contempler le vieux nombril avachi; la question n’est pas là, moi je vous parlais volcan islandais. Pourquoi? Eh bien figurez vous qu’en ces contrées lointaines et quasi-polaires, réchauffées seulement par une géothermie naturelle d’origine volcanique, un vieux cratère endormi depuis le treizième siècle vient de renouer avec l’éruption. Et donc, parti dans une logorrhée propre à nous écarter quelques minutes du sujet en question, j’ai eu le temps de me souvenir des évènements qui, voilà près de onze ans, défrayèrent grave la chronique, je veux parler de l’éruption de l’Eyjafjallajtankull. A relire ce que j’écrivais à l’époque, le volcan d’Islande présente un danger considérable pour l’avenir de l’humanité, un peu comme le coronavirus, voire même le Coranovirus, mais avec des méthodes différentes, quoi, là on parle de refroidissement généralisé et durable de la planète, ça vous fait vachement froid dans le dos et même ailleurs, ce genre de couillonnade. Surtout qu’à bien y regarder, d’après la Presse (bon, d’accord, vous avez raison, bonjour la fiabilité, mais quand même…) il apparaît que ce nouveau volcan de mes deux, le Krysuvik, lequel se trouve un peu au sud du mont Fagradalsfjall, pour vous situer…ah bon? Ça vous situe que dalle? Alors on va dire à quarante kilomètres de Reykjavík, là ça va mieux, non? Ah, pas plus, et puis vous vous en foutez comme de votre première blennorragie? Bon, okay alors, c’est quelque part du côté du Père Noël, ça vous va comme ça? Oh et puis flûte, je poursuis, sans quoi on y sera encore demain matin!
Donc, le volcan Krysuvik, réveillé depuis peu, présente, à en croire les folliculaires, le risque de ne plus se rendormir à nouveau pendant un sacré bail. Figurez vous que la fois précédente, vers 1200 et quelques, la plaisanterie avait duré environ quarante ans! Cette saleté risque alors de nous refaire la même en nous foutant un bordel inouï et même inuit pour parler plus précisément, jusqu’aux abords de l’an 2061, vous vous rendez compte? Du coup, toute honte bue parce que je l’avais quelque peu largué aux oubliettes, celui-là, j’ai appelé mon vieux copain Ordür, celui qui m’avait déjà rencardé sur l’Eyjafjallajtankull. Ordür Tuppudukudürdürsson, il s’appelle, de son nom complet, un type très sérieux, n’empêche, et très érudit. En dépit d’un coup de vieux manifeste, ces choses s’entendent au téléphone, surtout quand l’intéressé tape manifestement sans retenue dans la gourde de brennivin… Ah oui, je comprends, vous ne connaissez pas…décidément faut tout vous enseigner, des puits d’ignorance ma parole! Il s’agit de la boisson locale! Le brennivin c’est une eau de vie de pommes de terre…ben oui, qu’est-ce que vous voulez, on fait ce qu’on peut avec ce qu’on a, et là bas essayez donc de faire pousser des pruniers ou des poiriers, tiens fume! Seule la patate se cultive à peu près, et ce grâce précisément à la géothermie, laquelle les préserve d’un permafrost généralisé qui eût condamné les malheureux compatriotes de ce cher Ordür à la famine et à une extinction aussi précipitée qu’irrémédiable.
En attendant, il est toujours là, ce vieil Ordür, fidèle au poste et prêt à me fournir tous éclaircissements au regard des spécificités islandaises. Pour ce qui est du volcan Krysuvik, il m’a tout bien expliqué: c’est un gentil, Krysuvik, il ne ferait pas de mal à une puce de renne, celui-là. Et d’ailleurs c’est simple, il me l’avait déjà dit, dans son bled les volcans dont il convient de se méfier s’identifient par le suffixe « jtankull« . En conséquence, autant l’Ejafjallajtankull de sinistre mémoire apparaît comme extrêmement dangereux, autant ce brave Krysuvik ne ferait pas peur à un bambin de six mois, sa petite colère durerait-elle un siècle qu’elle produirait juste un joli spectacle pour les nuits d’hiver. Rien d’autre. Remballons donc notre inquiétude dans l’attente du prochain jtankull en éruption, pour le moment, ouf ça va, nous pouvons dormir sur nos deux oreilles. Tant mieux parce qu’avec le virus nous avons encore de quoi baliser.
Mais ne vous imaginez surtout pas que je m’en irais à présent vous parler du covid 19. Je vous le dis tout net: là ça va, ras le bol, y en a marre! Les petits merdeux qui prétendent nous gouverner, tant en France que dans l’Union Européenne, commencent à me briser les précieuses ridicules en petits morceaux. Même pas foutus de vacciner les gens qui le souhaitent, complètement paumés face à une épidémie à laquelle ils n’ont jamais rien compris, ils prétendent toujours nous dicter leur ligne de conduite. Voilà pourquoi je préfère encore vous parler des volcans islandais, ceux-là au moins savent ce qu’ils font!

Il se fait tard, je vous donne rendez-vous Dimanche prochain pour de nouvelles calembredaines.
Amitiés à tous.

Et merde pour qui ne me lira pas.

NOURATIN

La barbarie préférée des Français

Je vous parle du début des années 70. Et même, pour être précis, de 1971, ça nous remet loin pas vrai? Un demi-siècle bien sonné, une paille! Et à cette époque bénie, pure merveille, chacun faisait plus ou moins ce qu’il voulait, sauf empoisonner l’existence de ses contemporains -auquel cas on pouvait encore recourir à l’assistance de la force-publique- bref la vie se montrait douce, plaisante, accommodante et distrayante, pas tout à fait le paradis mais encore mieux, peut être, les contraintes bondieusardes en moins, pour tout vous dire, et les filles totalement désinhibées en plus. Vous trouvez que j’en rajoute, que j’enjolive, que je radote sur des souvenirs si anciens qu’on ne garde que les bons côtés, lesquels, à vingt-cinq ans, foisonnent évidemment…peut être, je ne sais pas… Et puis, à vrai dire, tout le monde n’en profitait pas forcément autant que votre serviteur, en cherchant bien on parvenait aussi à dénicher des parias, le mot pourrait sembler excessif mais dans certains cas on aurait du mal à trouver plus juste. Voilà où je souhaitais en venir, il s’agit d’un de mes potes de ce vieux temps, Raoul il s’appelait, un petit gros binoclard miro comme une paire de quenouilles; un très brave homme, gentil comme tout, pas bien futé, certes, mais parfois la bonté foncière vaut largement la finesse d’esprit, enfin moi je crois, et ceux qui ne font que le bien, modestement et sans façon, de manière toute naturelle, je les préfère carrément à tous ces types qui la ramènent avec leur grosse tête à la Bernard Henri Lévy, tout en s’en carrant plein les fouilles pour le bien de l’humanité, si vous voyez ce que je veux dire. Et donc, en ces temps bénis des dieux, ce cher vieux Raoul, paix à son âme, me racontait un peu sa vie. Pas le pied, je vous assure. Comme boulot il faisait guichetier à la Sécu, rien d’extraordinairement bandant, vous voyez, et surtout payé avec un lance-pierre, comme disait Papa, un salaire de misère dans une administration encore pilotée par les cocos, c’était leur fief depuis la fin de la guerre, et ces cocos-là, je vous le garantis, se gavaient sur la bête en ne laissant que des miettes aux malheureux sous-fifres qui se tapaient le boulot. Raoul devait palper quelque chose comme neuf-cent Francs mensuels, ce qui ne faisait pas bien lourd, je crois, si je m’en réfère à ce qu’alors pouvaient me coûter certaines soirées…Mais passons, là n’est pas la question. Je vous précise tout de suite qu’il ne se montrait pas foncièrement mécontent de son sort, mon pote, rapatrié d’Algérie quelques années plus tôt, on l’avait recasé là, histoire de ne pas le laisser crever de faim, vu qu’il était chargé de famille et donc prioritaire pour un boulot dans le secteur public, comme il se doit. Pas révolté du tout, vu ses ambitions drastiquement limitées et sa conscience tout à fait lucide de disposer d’un potentiel des plus restreints. Mieux encore, sa femme, dure au boulot, améliorait largement l’ordinaire en faisant des ménages au black en plus d’un petit emploi à la mairie. Il ne leur en fallait pas plus pour les rendre sinon heureux, au moins bien pépères, tout baignait plus ou moins dans l’huile pour ainsi dire, sauf qu’il trimballait un gros souci, Raoul, une épine fort enquiquinante sous la plante des pieds!
Sa préoccupation majeure c’était son H.L.M. Voilà, je vous explique. Après son retour forcé en Métropole, le couple s’est vu affecter un logement dans un quartier un peu excentré de la ville. Au début ça leur faisait bien l’affaire, appartement suffisamment vaste dans un bâtiment presque neuf, la chose prenait des allures de coup de pot pour des braves gens habitués plutôt au vétuste frisant l’insalubre. Sauf qu’au fil des années il a commencé à constater du changement, Raoul, le quartier se remplissait peu à peu de ses anciens voisins de là bas, dis! Et tout doucement, de la manière la plus pernicieuse, il a fini par se retrouver en plein milieu de quelque chose qui ressemblait au bled mais en beaucoup moins bien. Pour lui même, il s’en foutait un peu, il en avait vu d’autres et, comme il parlait couramment l’arabo-sabir des nouveaux arrivants, son intégration personnelle dans ce petit monde ne soulevait pas la moindre difficulté. En revanche son inquiétude obsidionale concernait ses enfants et, plus précisément leurs fréquentations, c’est ça qui l’empêchait de dormir, les petits camarades du quartier. Une horreur, à ce qu’il m’expliquait, le malheureux, mal embouchés, violents dans tous les domaines y compris dans celui d’une sexualité certes précoce mais aussi sommaire que débridée. Deux garçons et une fille, il possédait comme progéniture, ce type, et il voyait les deux premiers virer racailles à vue d’œil alors que la petite risquait à tout moment de laisser sa fraîcheur virginale au détour de la première cave venue; à neuf ans cela parait un peu affligeant tout de même, ne trouvez vous pas?
Son désir le plus ardent consistait à changer de HLM. Il en existait encore à l’époque que l’office compétent réservait aux familles bien de chez nous, pauvres certes, mais correctement morigénées, comme disait Molière, des produits de l’école de la répupu, laquelle leur apprenait encore quelques petites choses, et généralement bien améliorés par le patronage des curés qui savaient encore dégrossir les jeunes merdeux des classes laborieuses. Raoul avait donc, depuis un bon bout de temps, déposé une demande en vue d’émigrer dans le quartier de ses rêves, un groupe de HLM jouxtant les beaux quartiers et abritant en conséquence une population conforme à ses vœux. Sauf que pour aboutir la demande exigeait, soit un bon piston, ce dont ils se trouvait dépourvu n’étant même pas israélite, soit un temps quasi-infini, ce qui laissait à ses gosses toute latitude pour se transformer en malappris, abrutis et vaguement arabophones, probablement destinés à se muer en gibiers de potence pour les garçons et en…bouh quelle horreur, pour la petite. Voilà où il en était ce type, en 71. Après je suis parti, je ne l’ai plus jamais revu, j’ignore ce qu’il a pu devenir, si son pauvre désir a fini par se trouver assouvi…Plus rien, que dalle, les décennies ont accompli leur tâche effaçatoire. Ainsi va la vie, personne n’y peut rien. Raoul ne ressurgit de la nuit froide de l’oubli que pour me conduire à une prise de conscience plutôt inquiétante, glaçante… pour ne pas dire épouvantable.
Eh oui, c’était ainsi il y a cinquante ans. Avant même le regroupement familial, je ne sais pas si vous vous rendez compte! C’est à dire que l’invasion avait déjà commencé avant même de commencer pour de bon, moi ça me la coupe, avec le recul, pas vous?
Parce qu’attention, les petites racailles dont me parlait Raoul avec effroi, actuellement ils ont autour de soixante balais, pas vrai? Ce sont donc les grands parents des petits « jeunes » d’aujourd’hui, ceux qui tous les jours défraient la chronique à coups d’agressions, de rixes, de guets-apens pour flics ou pompiers, entre autres joyeusetés. Par conséquent, les petits camarades des enfants de mon vieux copain sont ceux qui ont élevé les parents des « jeunes » précités, vous voyez? Moi ça m’ouvre des horizons, pas très idylliques, certes, mais instructifs tout de même, on comprend certaines choses, notamment le caractère parfaitement absurde des déclarations du genre « c’est aux parents qu’il appartient d’éduquer ces enfants un peu turbulents« … On l’entend beaucoup, ce genre de niaiserie, dans les media et de la part de ceux qui savent tout, pas vrai? Sauf qu’il n’ont pas connu Raoul, ça c’est un privilège réservé à une élite, quel dommage!
Et trois ou quatre ans plus tard, les Giscard-Chirac ouvraient tout grand le robinet du regroupement familial, suivis un peu plus tard du Conseil d’État lequel, par l’invention du « droit à une vie familiale normale », interdit dès lors toute remise en cause du tsunami invasif qui nous a conduits à notre présente situation. Personne n’a prêté la moindre attention à Raoul ni à ses pareils, obligés de fuir les quartiers perdus. Nos élites ont préféré parler de ghettoïsation pour caractériser un phénomène d’éviction, les petits blancs virés de chez eux, en somme, pour certains comme mon vieux pote ce n’était jamais que la seconde fois.
Et aujourd’hui on s’étonne, on s’interroge, on s’inquiète même, dans les sphères où l’on réfléchit pour les autres. Comment? Mais quoi mais qu’est-ce? Ces jeunes gens se comportent si mal! Certes ce n’est pas leur faute, bien sûr, mais il conviendrait de s’en occuper, n’est-ce pas! La décapitation de Samuel Paty a plongé ce petit monde dans un abîme d’incompréhension, un prof, vous vous rendez compte? Un homme qui portait si haut les valeurs de la République! Probablement, même, conservait il dans sa poche la carte du Parti Socialiste, si c’est pas dieu possible une avanie de ce calibre! Et puis, bon, on passe à autre chose, on n’y pense plus, vous savez Saint-Germain des Prés reste paisible… Nous n’en sortiront donc jamais puisque ces gens qui font l’opinion regardent ailleurs et se rassurent, bien paisibles dans leurs repères douillets et confortablement installés sur leur montagne de pognon. Pendant ce temps la sauvagerie progresse à vue d’œil, il ne se passe plus un jour sans qu’on nous en annonce une manifestation plus ou moins stupéfiante. La dernière à faire grand bruit c’est l’affaire d’Argenteuil, les deux charmants bambins qui, après avoir tabassé leur petite camarade, l’ont balancée dans la Seine afin de la finir pour de bon et sans risque de retour! Mais pas de problème, on va faire une marche blanche, ce sera toujours ça que les boches n’auront pas, comme disait mémé, dans le temps…
En vérité je vous le dis, l’an prochain il faudra vraiment élire les gens qui s’engageront à réformer par referendum tout ce qui tourne notamment autour de l’immigration, du regroupement familial, du droit du sol, de la double nationalité. Hors du referendum pas de salut. A défaut les juges et les media resteront maîtres du terrain et continueront à faire le lit de la barbarie, la barbarie préférée des Français, en quelque sorte, celle qui leur fournit chaque jour du croustillant à se mettre sous la dent, celle que redoutait si fort ce pauvre Raoul, temporibus illis

Bonne semaine à tous et faites gaffe en sortant, dehors ça craint de plus en plus…et pas que le covid, faites confiance!
Amitiés.

Et merde pour qui ne me lira pas.

NOURATIN

Pérégrinations papales

Hier le Pape rendait visite à Abraham. Enfin plus précisément ce brave Francesco se trouvait il à Ur, le fief du Patriarche, celui qui voulait zigouiller son fils pour faire plaisir à Dieu, Lequel dans Sa Grande Bonté arrêta le bras criminel avant qu’il n’eût commis l’irréparable. Bordel de dieu, sombre histoire tout de même! Quand on y pense un peu ça fait froid dans le dos. Toutefois, c’est sur ce genre de coup tordu qu’on saisit bien l’intérêt des religions, on vous donne des exemples qui vous conduisent forcément à adorer le Tout Puissant puisque en pareil cas vous serez du bon côté et qu’ainsi rien de fâcheux ne saurait vous arriver. Il vous faudra juste bien écouter ce qu’Il vous dit de faire (par l’entremise de ses porte-paroles, ceux qui écrivent les consignes) et vous y conformer à la perfection, sans quoi il vous en cuira grave. Et l’avantage compétitif d’Abraham réside dans son caractère commun aux trois religions dites « du livre », le mec fait l’unanimité chez les Juifs et les Chrétiens tout autant que chez nos amis les Muz qui lui collent toutefois « Ibrahim » histoire de se distinguer quelque peu. Le vieux kroum en question c’est notre grand-papa à tous pour ainsi dire; ceci afin de bien souligner l’intérêt primordial du geste salvateur de Dieu: s’il avait laissé Papy égorger le petit, pas de youpins, ni de calotins et encore moins de… oui, bon, prudence, on va dire mahométans, c’est déjà assez dangereux comme ça. Donc, pas plus tard qu’hier, le camarade Bergoglio célébrait la messe devant un parterre d’ayatollah et autres dignitaires chiites de moindre intérêt, avec aussi quelques chrétiens, catholiques ou syriaques, auxquels s’ajoutait un saupoudrage de yazidis, sabéens, zoroastriens, et autres bahaïs. En revanche, pour ce qui concerne le Peuple Élu, que dalle! Vous n’imaginez tout de même pas que, fût-ce pour l’occasion papale, l’Irak eût laissé pénétrer sur son sol le moindre Hébreu, descendant d’Abraham comme les copains, quatre mille ans d’ancienneté en plus, certes, mais on s’en fout! Un juif c’est un juif, voilà, et pour les Arabes il s’agit de la dernière race après les crapauds, comme disaient jadis les Pieds-Noirs…mais pas à propos des israélites. Décidément ces gens-là, descendant pourtant du même Patriarche, lui même issu de la lignée de Sem, fils de Noé, le gus de l’arche, et donc sémites par ascendance commune, ces gens-là, disais-je, ne peuvent irrémédiablement pas se sacquer. Les Juifs sont interdits de pays arabes, les arabes palestiniens sont plutôt mal considérés en Israël, à tel point que dans ce pays on ne les vaccine pas contre le covid, c’est prévu mais ça traîne…de là à penser que si quelques-uns pouvaient en crever… allez, pas de procès d’intention, on va les laisser se débrouiller entre eux, au fond cela ne nous regarde pas, comme disait l’autre. Mais sans chercher bien loin, vous faites un tour dans le XIX ème -non, pas siècle, arrondissement- et vous réalisez rapidement la situation, ça se lit sur les murs, les « jeunes » comme on les appelle, ont une sacré dent contre les sémites de l’autre branche, et si vous avez un peu de chance vous pouvez tomber, au détour d’une rue, sur un lynchage, c’est fréquent dans ces coins-là. Au fond la France apparaît désormais comme un petit bout de moyen-orient où s’affrontent les ennemis héréditaires dont notre pays est fort bien pourvu au demeurant. Pas la peine de voyager, on a ce qu’il faut à la maison.
C’est pourquoi, à bien y réfléchir, nous pourrions proposer au Pape une petite virée par chez nous. Certes, les vrais chrétiens y sont désormais moins nombreux qu’à Mossoul ou à Qaraqosh, malgré l’action déterminée conduite par l’État Islamique en ces contrées, mais en revanche nous avons bézef d’effectifs Musulmans et Juifs, les premiers ne ratant jamais la moindre occasion de faire la peau aux seconds. Grande merveille, les actes anti-juifs ont diminué en 2020…à cause de la pandémie, semble-t-il, et surtout en raison de la fermeture des commissariats qui en a découlé, pas moyen d’aller se plaindre. Cela dit, les chiffres publiés ne signifient pas grand chose puisque dans la plupart des cas les victimes s’abstiennent de porter plainte ce qui ne manquerait pas de leur valoir des ennuis encore bien plus graves, ce phénomène n’étant pas réservé, bien entendu, à nos amis israélites, tous les petits blancs des quartchiers se trouvant sensiblement pris au même piège. Kippa et face de craie, même combat.
Cela dit, j’ai l’air de rigoler mais je ne voudrais pas rater une occasion pareille d’adresser un satisfecit au Pape; c’est suffisamment rare pour que je marque le coup. Vous me direz, il s’en fout comme de l’an quarante avant son Patron, vu que Nouratin, s’il mettait le pied dessus avec ses gros croquenots de curé il ne s’apercevrait même pas de son existence. Il y a trop de distance, comprenez vous, entre un obscur rien-du-tout et le représentant de Dieu sur Terre, soyons sérieux! Cependant j’y vais de mon petit compliment, il a bien fait de visiter ces bleds pourris auxquels une poignée de chrétiens -nos frères qu’on le veuille ou non- s’accrochent contre vents et marées… surtout contre leurs compatriotes muz, faut bien le dire. Ces malheureux existent depuis plus longtemps que nous, ils constituent la toute première manifestation de l’Église, certains d’entre-eux prient encore en araméen, la langue du Christ, vous vous rendez compte! Et nous, nous les laissons tomber comme de vieilles capotes usagées! A Qaraqosh, dont je vous parlais il n’y a pas cinq minutes, ils étaient cinquante-mille avant l’arrivée de l’État Islamique, il en reste aujourd’hui vingt-mille qui campent dans les ruines! Alors c’est bien que le big boss du Vatican, lequel d’habitude n’a d’yeux que pour les envahisseurs musulmans de l’Europe, aille un peu les voir, c’est de nature à leur atténuer la souffrance. Et ils en ont bien besoin, les Chrétiens d’Orient, parce qu’ils ne sont pas sortis du boxon, hélas, les fidèles d’Allah, qu’ils s’en défendent ou non, apparaissent très attachés à l’idée de s’en débarrasser coûte que coûte. Les infidèles, même lorsqu’ils étaient là avant, leur sort est scellé… c’est dans le Coran, que voulez-vous.
Remarquez, nous aussi, si vous regardez bien, nous étions là avant…oui enfin, je veux dire en France. S’il est vrai que nous sommes tous plus ou moins le fruit de vagues migratoires successives, pour la plupart d’entre nous ça remonte à un sacré paquet de lustres, voire de décennies, voire de siècles! Vous vous souvenez peut être « la dame au nez pointu répondit que la terre était au premier occupant, c’était un beau sujet de guerre… » en fait de guerre il semble qu’elle couve tout doucement sous les cendres des bagnoles brulées dans nos banlieues… Si nous ne prenons pas le problème avec toute l’énergie nécessaire, nous n’allons pas tarder à nous retrouver dans la même situation que les Chrétiens d’Orient…et nous n’aurons même pas le Pape pour nous remonter le moral…c’est sans doute aussi bien comme ça, après tout!

Allez, je vous souhaite une bonne semaine, faites très attention où vous mettez les pieds parce que pour le coronavirus il y a toujours l’espoir de se faire vacciner, en revanche le Coranovirus reste sans antidote, nous pouvons toujours nous brosser!

Et merde pour qui ne me lira pas.

NOURATIN