Considérations démocratico-charitables

Ce qu’il y a d’embêtant dans le quinquennat, entre autres inconvénients tous plus fâcheux les uns que les autres, c’est que ça revient toujours au bout de cinq ans. Oui, je vous entend bien, La Palice n’eût pas dit autrement, j’en conviens, mais en attendant, pour tout vous dire, je commence a en avoir ma claque de leurs conneries. Nous aurions tiré encore deux années de plus avec Présipède, il finissait par se prendre pour de bon les pieds dans le tapis et on n’en parlait plus! D’accord, aucune certitude à ce sujet, vous avez raison, et puis, finalement, rien ne permet aujourd’hui d’affirmer en toute certitude que le corps électoral se montrera assez stupide pour réélire ce mec. Rien! D’ailleurs il baisse dans les sondages et, selon les spécialistes (lesquels ne disent la plupart du temps que des âneries, c’est vrai), il devrait en prendre un nouveau coup dans les galoches aussitôt sa candidature officiellement annoncée. Et puis aussi, le bilan des cinq années macronnoïdes, qu’on le veuille ou non, se présente un peu comme un mur de pissotière: si vous enlevez les graffiti obscènes autant qu’orduriers il ne vous reste plus grand chose à lire. Là c’est pareil, il aura pratiquement tout loupé, le petit crevard, il laisse des finances bérézinesques, une dette hymalaïesque, un déficit dantesque, un commerce extérieur padiraquesque, une insécurité publique cauchemardesque, une invasion migratoire titanesque, enfin bref un désastre absolument gigantesque…ou presque! Oui, presque mais pas tout à fait, soyons justes, pour une fois: en cherchant bien on peut trouver du positif. Bien sûr ça ne saute pas aux yeux, c’est le moins qu’on puisse dire, mais en prenant de la peine, en fouillant partout, en soulevant chaque petit caillou avec patience et longueur de temps, on finit par y arriver, vous savez! Ça m’a pompé beaucoup d’énergie en trituration de méninges mais j’ai trouvé un truc à porter à l’actif de son putain de bilan. Oh, pas grand chose, ne rêvons pas, mais tout de même du positif, une initiative que personne d’autre à sa place n’eût osé prendre et qui méritait pourtant de s’y ranger; une bonne action, pour tout vous dire, un acte de charité chrétienne comme on n’en a pas vu souvent en régime républicouille! En bref, il a viré cette espèce de pignouf bicolore de Barbapoux et il a nommé Jean Castex premier ministre! Voilà un brave type, manifestement un peu neu-neu, un fonctionnaire vous savez, de ceux qui fonctionnent comme on leur dit de fonctionner et qui ne cherchent pas à utiliser leur cerveau à autre chose que la mise en œuvre des décisions prises par d’autre. Un brave couillon, en somme, fidèle, obéissant et régulier comme un vrai porte-flingue, tel que personne jamais n’aurait songé à lui confier une fonction de premier plan au plus haut sommet d’un État qui, certes, part un peu en quenouille mais garde malgré tout un statut éminent sinon prestigieux. Vous vous rendez compte qu’ainsi ce pauvre garçon un peu benêt bien que natif de Vic Fezensac (1) apparaît désormais dans la lignée de personnages tels que Michel Debré, Georges Pompidou, Jacques Chirac, Raymond Barre, François Fillon… Certes j’oublie un peu les socialos, ainsi que l’autre rigolo dont j’oublie le blaze…ah oui, voilà, Raffarin voulais-je dire, car ces gens-là eussent un peu foutu en l’air ma démonstration, mais l’essentiel y est: Cachsex premier ministre, voilà ce qui sauve le quinquennat! Un acte à la fois charitable et courageux qui fera date dans la glorieuse histoire de la cinquième raie publique. Comme quoi, vous voyez, on peut se comporter comme un sale petit morveux prétentieux autant que mal inspiré et, parfois -une seule fois en l’occurrence- prendre des décisions dignes d’un saint laïc…et pourquoi laïc, somme toute? Pourquoi ne pas voir, en l’espèce, l’intervention du Saint-Esprit soi-même, descendu sur Présipède sous la forme d’une Jack Lang de feu, ou quelque chose comme ça? Réélu ou pas en Avril prochain il ne manquera sûrement pas de finir au paradis, assis à la droite de Dieu, ou peut être à sa gauche, en même temps comme il dit, car la vie éternelle ne se préoccupe pas de petits détails à la con et s’accommode à merveille d’une ubiquité qui siéra merveilleusement à notre bienheureux petit bonhomme.

Mais une fois justice rendue à sa bienveillance chrétienne one shot, force est de constater que tout le reste est à jeter. Nous étions déjà dans la gadoue et ce petit malotru nous y a encore plus enfoncés tout en avouant y prendre plaisir comme il le reconnut la semaine dernière dans les colonnes foireuses du Parisien. Sauf que l’incapacité crasse de la démocratie à mettre en évidence les questions fondamentales, jointe à la comprenette un peu faiblarde de l’électeur moyen, semblent nous conduire tout droit à une réélection triomphale. Nous savons pertinemment de quoi nous crevons (voir ci-dessus) mais personne n’en parle sérieusement, à part peut être Eric Zemmour mais on ne l’entend plus celui-là, ils l’ont collé sous le boisseau. En revanche nous voyons porter en place publique les controverses les plus saugrenues, genre « faut-il ou non coller ce qui reste de Molière au Panthéon? ». Déjà, ce qui reste de Molière c’est son œuvre, celle-là inutile de la panthéonniser, elle se débrouille très bien sans la Patrie Reconnaissante et, en plus, on ne voit pas l’intérêt de balancer l’auteur de Tartuffe et du Misanthtrope, entre autres bricoles, au milieu d’une tripotée de braves-grands-hommes (et désormais femmes) qui ne lui dépassent pas le niveau du gros orteil. En revanche, on pourrait y foutre des gens comme Pierre Joxe, voire Lionel Jospin, au Panthéon…comment dites vous? Ils ne sont pas encore morts? Ah, bon, je croyais…mais vous êtes sûr que ça empêche?
Bref, tout ça pour vous dire le sérieux de la campagne. Il faut rappeler qu’elle n’est pas censée avoir déjà commencé, celle-là, pour le moment nous n’en sommes qu’à la préparation des hors d’œuvre, les cuistots s’affairent sur les charcutailles et autres amuses-gueules d’avant grosse bouffe. Aujourd’hui, on nous confectionne une Taubira en Primaire Populaire, un plat singulier, insipide, répugnant même, mais propre à attiser l’appétit médiatique pour le détournement d’attention citoyenne. Tout le monde voit bien que la Gauche, quelle qu’en soit la forme et le représentant, personne n’en a plus rien à foutre puisqu’aucun de ces peigne-culs ne possède la moindre chance de se retrouver au second tour. Et pourtant, nos journalopes n’ont de cesse de nous exhiber les Méluche, Jadot, Annie Dalgaud la merde paris (2), Roussel le coco à 1,5 %… il en existe d’autres, je crois, mais Dieu merci on ne les évoque même pas, c’est dire! Tout ce cirque apparaît parfaitement ridicule mais les affaires démocratiques se passent ainsi, et c’est bien le cirque en question qui explique tous les clowns portés à la Présidence de la Répupu depuis près de cinquante ans. Prenez les trois derniers, comme cela nos mémoires resteront bien fraîches, et vous appréhenderez clairement l’ampleur du désastre! Sarko, un paillasse digne de De Funès, Hollandouille, une espèce de Zavatta en plus rigolo, Macrouille un Monsieur Loyal mais en version parfaitement déloyale, un pantin sinistre qui ne devient drôle que lors qu’il se morfle une mandale en pleine gueule. Et avec ça vous voudriez, en plus, retrouver la grandeur de la France, vous? Foutaises de cornecul! La grandeur en question s’en est allée depuis bien longtemps, si tant est qu’elle possédât encore une certaine réalité depuis la disparition tragique du regretté Louis XIV.
Et puis, entre nous, la grandeur aujourd’hui on n’en a plus vraiment grand chose à foutre, ce n’est pas le sujet. Si nous parvenions à nous débarrasser des envahisseurs, voire, plus modestement, à faire cesser l’invasion et à foutre dehors les spécimens les plus dangereux, cela représenterait déjà un résultat fabuleux. Après, il nous serait loisible d’alléger les charges fiscales et sociales, d’assainir les finances publiques et donc, en un mot, de renouer avec une certaine prospérité. Hélas, pour cela il conviendrait absolument de changer la Loi Constitutionnelle, ce qui ne peut se réaliser que par referendum. Manque de pot, les deux qui formulent ce genre de proposition, Le Pen et Zemmour, se taillent des croupières au lieu de s’entraider pour essayer d’y arriver. Le Pen c’est son fonds de commerce, son gagne pain, hors de question qu’elle y renonce; quant à Zemmour, lui, il est amoureux comme un collégien « sans Sarah Knafo il n’y aurait pas eu de campagne » a-t-il fini par lâcher sur BFM TV. Alors vous savez, aucune chance de le voir renoncer pour se mettre au service de la grosse mémère, il fait le beau, ce sacré Zemmour, son souci premier se borne à briller aux yeux de sa belle, le reste vient aussi…mais après, bien après!
Je ne voudrais pas avoir l’air de me répéter, vous savez, mais l’espoir n’est pas de mise. Si ce n’est pas Macron ce sera Pécresse, or, ne l’oubliez pas, Macron-Pécresse c’est cul et fesses! En somme on est foutu.

N’en passez pas moins une bonne semaine et profitez sans retenue de la décrue du covid.

Et merde pour qui ne me lira pas.

NOURATIN

(1) Ravissante petite commune du Gers, ça fleure bon l’Armagnac!

(2) Il m’arrive de la fredonner sur l’air de « Un gamin de Paris », ça donne:

La Maire de Paris, la Maire de-la Maire de,
La Maire de Paris, la Maire de-la Maire de,
La Maire de Paris, la Maire de-la Maire de, la Maire de Paris,
Etc…
Je le reconnais volontiers, ce n’est pas très varié comme paroles, mais chanté sous la douche ça rend pas mal.

15 réflexions sur “Considérations démocratico-charitables

  1. Pangloss 16 janvier 2022 / 20 h 02 min

    On a eu Macron et on aura Macron. Sauf qu’on ne sait jamais et qu’on peut encore espérer pendant quelque semaines encore.
    Amicalement.

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  2. Pangloss 16 janvier 2022 / 20 h 02 min

    Un ncore de trop mais tu vois ce que je veux dire.
    Encore amicalement.

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  3. FRACANAPA 16 janvier 2022 / 21 h 03 min

    Encore un billet nouratinesque !!!
    Merci merci !
    Bises amicalesques
    Sabine

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  4. elba 17 janvier 2022 / 8 h 00 min

    🙂 J’adore vous entendre chanter sous la douche, Nouratin ! Même si ce n’est qu’en mots sur un écran !
    Ceci dit, vous brossez très bien, comme à votre habitude, le paysage politique actuel, ainsi que sans doute celui à venir. Macresse ou Pécron, effectivement c’est bonnet blanc et blanc bonnet.
    Gros bisous.

    Le portrait de Cachsex est très réussi également… 😉 Pauvres de nous !

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    • nouratinbis 19 janvier 2022 / 19 h 44 min

      Merci, je m’efforce de brosser, en effet…Pauvres de nous,
      comme vous dites!
      Amitiés.

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  5. Mildred 17 janvier 2022 / 10 h 22 min

    Vous n’avez pas votre pareil, cher Nouratin, pour nous faire rire de nos propres malheurs !
    Mais attention ! J’ai peur que vous ne vous soyez complètement fourvoyé en faisant de Cachsex un « pauvre garçon un peu benêt ». Je crois que cet énarque, haut fonctionnaire est une sorte de hiérarque de la pire espèce. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle il a été fait appel à lui pour piloter la mise en place des ARS qui sont responsables de la faillite complète de notre système hospitalier.
    C’est sans doute cette belle réussite qui a été la cause qu’on ait pensé à lui pour remplacer Edouard Philippe.
    Passez une bonne semaine !

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    • nouratinbis 19 janvier 2022 / 19 h 46 min

      Oui, il a un beau palmarès de fonctionnaire zélé, le mec qui vous met en
      place n’importe quel bastringue mal foutu, du moment qu’il s’agit de servir
      la soupe au patron.
      A bientôt.

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      • jakobfalaise 24 janvier 2022 / 20 h 48 min

        Effectivement c’est lui qui est à l’origine ( avec des déconomistes de la santé) de la tarification à l’acte des hospito publics, la fameuse T2A que les syndicats des personnels hospitaliers accusent d’avoir bouzillé le sévice au public
        J’ai brièvement côtoyé cette engeance au début 2000, les déconomistes de la santé, et je peux vous dire que ce sont des avaricieux ( au diable l’avarice et les avaricieux, comme quoi, Molière reste d’actualité) mais, même en ayant raclé les poches des assurés, celles des médecins et celles des structures de soins, le système n’est guère plus efficace,bon marché et disponible qu’avant
        Ce serait même bien pire

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  6. G.Mevennais 17 janvier 2022 / 11 h 34 min

    Heureusement que votre prose illumine un peu la noirceur du sujet, et merci pour cet exercice de style parfaitement réussi. Pour le reste, votre ancien blog avait pour devise « On est foutus », je ne vois rien qui puisse changer ou faire évoluer cette brillante affirmation.
    Amitiés, cher Nouratin et bonne semaine à tous/toutes.
    Gilles
    NB : A Elba « Pour répondre à votre intervention concernant mon post de la semaine dernière, je vous précise que la devise « On est foutus » se réfère à la France et à sa population de manière générale sans faire aucune référence aux éventuelles qualités individuelles.
    Amitiés.

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    • elba 17 janvier 2022 / 13 h 15 min

      Oui, Gilles, j’avais compris. Mais je me disais que si les gens qui « ont un coeur » (de l’empathie) et un peu de morale se mobilisent, la donne peut changer, peut-être ?
      Ah, sans doute pas tout d’un coup. Mais je me prends à espérer tout de même…
      Bisous et bonne journée à vous.

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      • nouratinbis 19 janvier 2022 / 19 h 49 min

        Il n’est pas nécessaire de s’interdire d’espérer, cela fait vivre, paraît-il..
        Bisous Elba.

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    • nouratinbis 19 janvier 2022 / 19 h 48 min

      Non hélas, c’est bien malheureux mais c’est ainsi, nous n’y pouvons plus grand
      chose.
      Amitiés, Gilles.

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