Si nous écoutions un peu nos grand-mères…

L’avez-vous remarqué, aujourd’hui tous les jeunes-gens qui ont suivi leur cursus scolaire au sein de l’École de la République s’expriment en un français plus ou moins balbutiant assorti d’intonations très caractéristiques de cet accent « beur » qui fleure si bon les cités sans-cible? Cela s’avère même en des lieux où la tradition ancestrale imposait des accents, certes à couper au couteau, mais sans rapport aucun avec cet enrichissement fabuleux apporté par nos nouveaux compatriotes y-suent-de-l’immigration. Ainsi, à Marseille, les générations dites « millénium » éructent-elles un sabir fortement inspiré de l’arabe avec l’accent correspondant, fût il légèrement mâtiné de sonorités à caractère crypto-provençal. Cela se vérifie sans doute à peu près partout en France, vu que l’invasion touche tout le monde à des degrés divers, à l’exception, sans doute, des hauts-plateaux quasi désertiques dont nous conservons quelques exemplaires à peu près vierges de toute occupation exotique. Le phénomène en question s’accompagne généralement d’une absence à peu près totale de civilité, dont l’origine se trouve pour une part significative dans la manière dont l’Éducation Nationale éduque les jeunes générations. Il est intéressant, à ce propos, d’observer la disparition quasi totale de l’éducation depuis que nos écoles s’appellent ainsi, alors que, parallèlement, tout une ribambelle d’éducateurs appointés par nos impôts se répand sur les quartchiers, telles des colonies de morpions dans les intimités de putes low-cost. Plus il y a d’éducateurs plus nous sommes mal éduqués, voyez-vous, d’autant que les intéressés eux même s’avèrent souvent encore plus malappris que les gamins placés sous leur houlette. Il est surprenant, dans de telles conditions, que des tas de gens bien-intentionnés s’étonnent de l’ensauvagement du pays. Je trouve au contraire que cela pourrait se révéler encore bien pire, l’importation massive de populations bizarrement morigénées s’accompagnant d’une action publique de nature à en accentuer les conséquences plutôt que de chercher à les atténuer. J’aime à croire que nos fondamentaux culturels demeurent encore partiellement efficaces, sans quoi la société eût dores et déjà atteint un état en comparaison duquel le Far-West de la « Ruée Vers l’Or » apparaitrait comme merveilleusement policé. Toutefois, au train où vont les choses, l’affaire sera pliée à l’horizon de la décennie, et pour peu que nous soyons encore de ce monde il nous faudra sortir équipés d’imperméables rembourrés pour nous prémunir autant que possible des crachats et autres coups de pied pour rire. Voire pire si l’on s’en réfère au pauvre vieux récemment traîné par la bagnole d’un jeune gentleman en peine d’amusements. Il en est mort quelques jours après, le malheureux, sans compter qu’il se prénommait Ali… vous vous rendez compte des avanies que pourraient subir nos copains Jean-Claude, Gérard, Alain, Monique et autres baby-boomers à la face de craie? Faut pas moisir en vie, croyez-moi, ça va puer grave dans pas longtemps!

Bien sûr cela pue déjà considérablement. Nous avons vu les braves-gens stupéfaits devant le fameux reportage sur Roubaix avec ses poupées sans visages et autres gadgets plutôt dépaysants, « l’Afghanistan à deux heures de Paris » a-t-on pu lire ici et là. Certes, il y a de quoi s’inquiéter, sauf qu’il n’est pas nécessaire d’aller chercher si loin, on l’a en plein Paris, l’Afghanistan, un petit coup de métro direction le 18 ème et vous y êtes…façon de parler, bien sûr car je ne saurais trop vous déconseiller le voyage. Sauf que dans ces coins-là avec un peu d’abnégation et de goût du risque on peut encore y aller. Mais dans les cités périphériques, celles du neuf-trois notamment, vous pouvez toujours vous fouiller, c’est le voyage sans retour, à tous les coups! Les courageux reporters de « Zone Interdite » l’émission qui n’avait jamais si bien porté son nom, eussent été mal inspirés de tenter un reportage dans certains lieux de La Courneuve, de Bobigny ou de Bondy. En admettant qu’ils soient parvenus à y entrer, leurs chances de se prendre sur la gueule un objet du quotidien genre machine à laver ou frigo, voire scooter, balancé du plus haut des tours HLM, se fussent révélées de l’ordre de 99,999 %, le 0,001 restant correspondant au cas, peu probable au demeurant, d’un tabassage immédiat par les équipes locales de droguistes. Le journaliste, en effet, on le laisse entrer, étant admis qu’il lui sera bien difficile de ressortir en un seul morceau, sauf à accepter de raconter une jolie histoire à base de pauvres petits-jeunes martyrisés par la flicaille et stigmatisés par notre société post-coloniale.

Il faut donc essayer de prendre la mesure de la situation. Ce pays comporte désormais une stratification sociale proprement inédite. Les générations nouvelles, disons les moins de trente ans, se répartissent grossièrement entre, d’une part, les éduqués, ceux qui s’expriment correctement en français et surtout en anglais vu qu’à défaut c’est la loose assurée; d’autre part les petits-blancs formés à la communale, puis dans le collège unique, puis au lycée, voire un peu à la fac et qui n’y ont pas appris grand-chose; et, enfin, les derniers arrivés, black-beur, issus eux aussi du parcours éducation nationale dont ils ont retiré, outre une ignorance abyssale, un profond mépris pour la France et une haine cordiale pour les français « de souche ». La première catégorie, peu nombreuse et totalement isolée du reste, appartient à l’internationale des riches parfaitement en phase avec l’économie mondialisée, ceux-là resteront de moins en moins dans leur pays natal en voie de déclassement rédhibitoire. Demeurent les deux autres populations qui se voient contraintes de « vivre ensemble », selon l’expression consacrée. Les uns parlent plus ou moins notre langue, les autres s’expriment souvent en un arabe approximatif et parfois en un français qui l’est encore plus; les deux ont cependant un point commun: mal éduqués, mal instruits et mal dégrossis ils contribueront de concert à la poursuite inéluctable de notre déclin. En dehors de cela, bien entendu, les deux sous-ensembles en cause disposent de tous les éléments nécessaires à un sévère antagonisme qui ne pourra que prospérer sur les décombres de notre civilisation.
D’un côté les indigènes, je veux dire les descendants de franchouilles ou d’européens chrétiens assimilés, qui chercheront à fonctionner grosso-modo comme leurs parents et qui, en conséquence, paieront pour les autres. Et les autres, justement, produits d’habitudes de vie importées de pays ultramarins manifestement incapables de se sortir de leur caca, qui vivront aux dépens des premiers avec l’idée sous-jacente de les réduire en dhimmitude, puis, si possible, en esclavage.
Bon, d’accord, je schématise à l’extrême, mais au fond, vous savez, entre ce que je vous raconte-là et la vérité de notre futur, j’ai bien peur qu’il n’y ait pas beaucoup de différence. Pour que cette abomination n’arrive pas pour de bon, il faudrait désormais un miracle, une prise de conscience subite assortie d’une levée en masse des Souchiens en vue d’exiger que nos gouvernants arrêtent les conneries, qu’ils cessent de nous emberlificoter dans des combinaisons tordues à base de règlementations européennes, de jurisprudences perverses et d’humanitarisme mal ficelé en voie de wokisation. En un mot qu’on foute tout en l’air et qu’on en revienne à l’égoïsme salvateur de ceux qui refusent de se faire dévorer tout crus. Charité bien ordonnée commence par soi-même, alors que les chemins de l’enfer apparaissent pavés des meilleures intentions. Voilà: ne cherchons pas midi à quatorze heures, nous trouvons, dans le gros thésaurus des lieux-communs légués par nos grand-mères, tout ce qu’il faut pour arrêter la dégringolade et repartir gaillardement vers un avenir, sinon idyllique, en tout cas moins affreux que celui dont nous pressentons aujourd’hui la prochaine survenance. Le hic c’est que depuis très longtemps nous n’écoutons plus nos braves aïeules: le miracle, hélas, n’aura donc pas lieu.
N’en passez pas moins une bonne semaine, en attendant les jours meilleurs qui ne viendront jamais.
Amitiés à tous.

Et merde pour qui ne me lira pas.

NOURATIN

9 réflexions sur “Si nous écoutions un peu nos grand-mères…

  1. Pangloss 20 février 2022 / 18 h 50 min

    J’ai bien peur que tu nous décrives un avenir très sombre. Tâche point trop difficile si l’on sait que le futur prend inéluctablement la suite du présent. Le passé était peut-être imparfait mais c’était le nôtre. Comment trouves-tu le début de la fin du monde? De notre monde pour commencer et du monde tout court très bientôt.
    Amicalement.

    J’aime

  2. nouratinbis 20 février 2022 / 19 h 04 min

    Le monde tout court, je ne sais pas mais le nôtre, en effet, le commencement de sa fin est tout empreint de dynamisme et d’allant déterminé. Le passé étant mort et enterré il nous en reste de beaux souvenirs qui disparaîtront en même temps que nous. C’est pas la joie!
    Amitiés.

    J’aime

  3. G.Mevennais 20 février 2022 / 23 h 11 min

    Précis, net et imparable est votre constat. Vous l’écriviez déjà voilà….fort longtemps et toute personne consciente et de bonne foi ne pouvait que souscrire à vos écrits. Malheureusement, encore une fois, nous ne sommes qu’une minorité et donc, la dégringolade va se poursuivre et je ne vois qu’un côté positif à cette inéluctable constatation, c’est que cela adoucit quelque peu nos « angoisses » dues à l’âge. Pour moi, et depuis très longtemps, encore quelque peu à l’abri dans les collines reculées (c’est une des raisons de mon choix de villégiature), j’ai adopté comme philosophie « carpe diem » depuis bien des années.
    Amitiés, cher Nouratin, et bonne semaine à tous/toutes.
    Gilles

    J’aime

    • nouratinbis 21 février 2022 / 19 h 17 min

      Vous êtes un sage, Gilles, c’est la seule façon intelligente de continuer
      à vivre. En espérant que cela dure le plus longtemps possible.
      Amitiés.

      J’aime

  4. Mildred 21 février 2022 / 11 h 29 min

    Je suis une grand-mère, cher Nouratin, et ça tombe bien puisque vous voulez que « nous écoutions un peur nos grands-mères » !
    Il m’est arrivé, que dans les années 2010, j’ai eu l’occasion d’aider un jeune homme d’origine marocaine – mais arrivé très jeune en France et ayant fait toutes ses études en France à l’école républicaine – qui avait des difficultés en français.
    Il avait 17 ans, il était en Seconde S. Je décide de lui faire faire une dictée. Je luis dis : « Comme je ne vais pas supporter 50 fautes dans une dictée, dès que tu ne sais pas écrire un mot, tu lèves la main, et on travaille sur le mot. »
    Je commence à dicter un texte facile. Il lève la main : « Madame, la pluie, comment ça s’écrit ? »
    J’étais abasourdie ! Je lui demande comment il a pu arriver jusqu’en Seconde S avec un tel niveau en orthographe ? Il me répond que c’est parce qu’il est bon en maths. Là je m’écrase, parce que j’ai toujours été nulle en maths.
    A la fin de l’année il se présente à un « concours préparatoire à un concours » pour devenir aide-soignant. Je lui dis de m’apporter les brouillons de ses épreuves pour lui dire ce que j’en pense. Ce qu’il fait. Et je me rends compte que ce « bon en maths », ne sait pas transformer des décilitres en litres et des kilogrammes en grammes, est incapable de faire une règle de trois ou de résoudre une opération de fractions ! Il a donc raté son concours. Il remplit alors une demande pour avoir accès à une formation lui permettant de travailler dans les hôpitaux. Elle lui est refusée.
    C’est donc moi qui lui conseille d’aller directement à l’académie, de prendre son air le plus méchant (lui qui était la gentillesse même), de les regarder bien dans les yeux et leur dire qu’il exigeait d’être admis à cette formation et à aucune autre.
    Aux dernières nouvelles il était aide-soignant à l’hôpital.

    J’aime

    • nouratinbis 21 février 2022 / 19 h 21 min

      Belle histoire! Cela dit, vous êtes très bienveillante, pour ma part je lui aurais
      proposé de tenter sa chance au Maroc. Après, bien sûr, du moment qu’il fait son boulot..
      Amitiés.

      J’aime

      • Mildred 22 février 2022 / 11 h 10 min

        Non, il ne s’agit pas de bienveillance, cher Nouratin. Il s’agissait de démontrer la responsabilité de l’Educ.Nat. dans la déshérence de certains élèves qu’elle semble avoir choisi d’abandonner à leur sort.
        J’ai des éléments de comparaison, puisque moi-même, je ne suis arrivée en France au lendemain de la guerre, à presque neuf ans, sans connaître un mot de français. Après deux ans de galère, je me suis hissée parmi les meilleures élèves de la classe.
        Il est vrai que je n’ai jamais fréquenté l’école publique mais étais inscrite dans une école catholique.
        Bien à vous.

        Aimé par 1 personne

  5. elba 25 février 2022 / 8 h 40 min

    Mince, j’avions raté – comme disent les anciens de chez nous – votre dernier article dominical, Nouratin !
    Vous parlez de « levée en masse des souchiens », mais nous les voyons, ces souchiens, dans la rue depuis pas mal de temps, pour dénoncer les lois liberticides qui se mettent en place, de la part d’une « administration » gérée par des gens qui ne pensent qu’à engranger un peu plus de sous, chacun pour sa pomme. Ces gens paisibles qui sont souvent malmenés par les « forces de l’ordre », autrefois « gardiens de la paix. »
    Alors… Reste le miracle. Vous y croyez, vous ? Et puis, avec ce qui advient entre Biden (devrais-je dire Hilary et sa clique ?) et Poutine, ce qui nous met au premier rang de ceux qui vont subir « les sanctions », nous sommes encore plus mal qu’auparavant.
    L’été prochain sera sans doute chaud. Et l’hiver peut-être bien rude.

    A moins qu’un miracle… ?
    Plein de bises à vous, ainsi qu’à tous ceux qui passent ici.

    J’aime

    • nouratinbis 26 février 2022 / 16 h 58 min

      Le miracle me semble mal engagé, en effet j’ai bien peur que les choses
      n’aillent pas en s’améliorant…on dirait même carrément le contraire.
      Ça va secouer, hélas!
      Plein de bises quand même.

      J’aime

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s