Péril jaune

Qui s’en souvient encore? Quelques vieux de mon espèce, peut être…même pas sûr, les grosses vedettes laissent des marques indélébiles dans les tronches du populo, les petites, plus confidentielles, finissent toujours dans les oubliettes du temps qui fout son camp avec une constance méprisante. Celui-là je l’aimais bien, il m’amusait beaucoup avec son air de ne pas y toucher. Il racontait des histoires un peu loufoques mais pas tant que ça, désopilantes, en tout cas, et en français, qui plus est, de quoi estomaquer tous les humoristes à la flanc de notre époque de merde! Écoutez moi donc la panse de brebis farcie vous m’en direz des nouvelles! Jacques Bodoin possédait une inestimable richesse  qui s’est bel et bien perdue depuis un bon demi-siècle: l’esprit au sens ou, alors, on employait ce mot. Il a beaucoup d’esprit disait-on de quelqu’un qui savait faire rire avec élégance, sans en rajouter ni basculer dans cette vulgarité odieuse qui se vend si bien de nos jours. On ne parle plus ainsi, forcément, vous imaginez prononcer, à propos de Djamel Deux Bouses « il a de l’esprit« ? Totalement antinomique, pas vrai? Et ce que je vous sors là, ce ne sont pas des souvenirs de bourge, quand j’étais petit la classe moyenne parlait un français plutôt châtié et l’écrivait sans fautes -ou presque-  parce que l’École de la Répupu parvenait encore, tant bien que mal , à enseigner le plus gros . Je vous parle des années cinquante/soixante… après,  Soixante-Huit à accompli son œuvre et le regroupement familial a fait le reste.
En voilà encore un qui s’en est allé bouffer les pissenlits par la racine, comme on disait au temps dont je vous parle. Il avait traversé un sacré désert, le brave Jacques Bodoin, depuis quarante ans -au bas mot- on n’en n’avait plus du tout entendu parler… passé de mode, que voulez vous, et probablement pas en odeur de sainteté auprès des nouveaux patrons du PAF, pas baptisé au sécateur, plus bankable sans compter qu’on ne capte rien à ce qu’il raconte le vieux boloss, allez, poubelle, y a Arthur qui attend! Et voilà qu’on apprend sa mort, enfin la vraie, l’autre c’était déjà un peu fait. Remarquez, il s’apprêtait à entrer dans sa quatre vingt dix neuvième année, en pareil cas il est de bon ton de s’éclipser, d’aller se reposer pour de bon.
Cependant, son petit Philibert, victime expiatoire des adultes, de même que Chausseillon , son cancre à l’accent de Montélimar, superbe et inspiré, désormais septuagénaires, doivent se sentir un peu abandonnés, c’est le sort commun des anciens qui voient leur monde partir en quenouille, tout doucement, sans faire de bruit, comme le temps sépare ceux qui s’aiment dans les « Feuilles Mortes », mais sans pitié, sans rémission… Quand Robert Lamoureux, voilà déjà quelques années, passa discrètement l’arme à gauche, j’eus à peu près la même impression, le train de la vie qui laisse les gens sur le quai; on les voit un moment, puis on ne les voit plus, ils disparaissent et bientôt on les oublie, on passe à d’autres gens, à d’autres choses… Ça vaut pour tout le monde mais parfois c’est plus douloureux, parce qu’il s’agit de petits morceaux de nous mêmes qui tombent et qui ne reviendront jamais.

Jean Foupallour, lui, cette sorte de considération, il s’en balance comme de sa première paire de sandales à lanières, celles qui s’accordaient si bien à ses jolies chaussettes à rayures rouges et jaunes. Son problème, à Jeannot, consiste pour le moment à essayer d’apercevoir la petite culotte de Pompy. Cette dernière, perchée sur un haut tabouret devant le comptoir de Thérèse, sirote un chouette cocktail à base de jus de fruits variés additionnés de tout un panel d’alcools divers avec une dominante gin bien marquée. Il l’a attirée au bistrot par ce moyen, Jeannot, la trouvaille du breuvage divin qu’il ne faut surtout pas louper et hop, embarquée la nana! Sauf que, bien sûr, elle n’en a rien à foutre du camarade Foupallour, qu’il le sait lui aussi pertinemment…et c’est pourquoi son plaisir consistera à mater, avec l’espoir que ce soit le jour du string transparent, voire de rien du tout. En attendant, il bave, le brave garçon, Dieu merci dans son verre de pastaga, ça fait tout de même moins négligé que sur le zinc.

Grauburle, en revanche, très attentif à l’actualité politique internationale, prononce en ce moment même une conférence sur la nécessité absolue, selon lui, d’arrêter les Chinois dans leur avancée irrésistible vers la domination universelle.
-« Vous comprenez -annonce-t-il en dévorant une poignée de cacahuètes dont la majeure partie finit, du coup, dans la tronche de Blaise Sanzel qui, en face, déguste son Martini sans rien demander à personne- si on les laisse faire, ces magots, ils vont carrément nous bouffer jusqu’à l’os! Ils sont partout, vous savez, tenez, regardez donc ce machin là, fait-il en brandissant un rutilant smartphone, figurez vous qu’il est piégé! Là bas à Pékin ils savent tout ce que je fais, à tout moment, vous vous rendez compte? »
-« Ben oui, admettons, réplique le vieux Maurice, mais qu’est-ce qu’ils en ont à foutre les Pékisnoient? En quoi ça pourrait les concerner, les Jaunes, les aventures fantastiques de Marcel Grauburle? Faut pas déconner tout de même, c’est pas parce que tu t’es payé un téléphone de jeune à bon marché que ça va leur faciliter la guerre commerciale avec Trump, ni même la conflagration nucléaire, si jamais ça leur prenait! Tu peux dormir sur tes deux oreilles, ma poule, s’ils doivent s’intéresser à quelqu’un, faudrait qu’ils soient devenus complètement abrutis pour que ça tombe sur toi…ou alors des spécialistes du comportement animal, peut être, histoire de comparer avec les pandas… »
-« Oui, fous toi bien de ma gueule, rétorque Marcel, vexé, en attendant, vous verrez ce que je vous dis, ils grouillent de partout, ces magots, ils rachètent à tours de bras tout ce qui leur tombe sous la pogne! Un jour, si ça se trouve, on voudra venir boire un canon chez Thérèse et ça s’appellera « Derrière Mao » et on y bouffera des nems arrosés à l’alcool de jasmin, ce qui doit probablement se révéler dégueulasse! »
Même si l’éventualité fait marrer la brave Thérèse qui a du mal à se voir céder l’affaire à des bistrotiers venus d’extrême-orient, il y en a au moins un qui prend la menace très au sérieux: Goràn Avaltàtric!
-« M’escuse demander pardon vous, Massieurs, fait le Franco-Serbe en décollant deux secondes le cul de sa vieille chaise tout au fond de la salle, vous parler vrai quand dire Chinetoques très redoutables dangereux saloperie. Communistes à la con avec méthodes capitalistes dures comme pines de négros, terrible péril jaune, finir partout, même ici, et nous autre baisés en canard, pas voir venir sale coup, comme Russes après guerre d’avant dernière de merde! Très malins, vous pas savoir, vous l’introduisent tout doucement, avec vaseline et quand vous réaliser, trop tard, l’avez où ça que je pense et très profond! Peut être Madame Patronne, jamais vendre à sales mandarins, peut être pas…des fois on croive commercer à chrétiens et puis, derrière c’est autre, pas savoir souvent se cachent derrière homme blanc et après il sort le jaune, sans crier aérogare! Devez méfier, tous, un seul il a raison faire gaffe, Trump! Lui pas fou, construire murs pour protéger pays…encore idée sortie de Chinois, à la base, Grande Muraille extraordinaire, vingt et un mille kilomètres et pas besoin bloquer administration avec shutdown! Vu hier soir sur Arte, moi; très vieux Empereur Chine grand précurseur et pas emmerdé par démocratie, pareil que successeur d’aujourd’hui Xi Jinping, fait quoi il veut, personne rien dire…et nous autre foutus, un jour l’autre! Vous croire moi, nécessité habituer petit à petit, bientôt nous autres colonisés et devoir bosser esclavage, jusque crever comme cochons! »
Et ces paroles définitives prononcées de sa voix de mêlé-cass galvanisée, comme disait San Antonio, l’ivrogne des Balkans retombe dans son mutisme habituel, baigné par la Slivovitsa (1).

Alors personne ne moufte. Médusés, tels un radeau delacroixien, les habitués du rade! Il faut dire qu’en tout et pour tout on l’aura entendu deux fois, le Goràn en question, mais on ne l’attendait pas sur la dénonciation des visées hégémoniques de l’Empire du Milieu.
Pompy ayant, pendant ce temps, décroisé et recroisé les cuisses, Foupallour, satisfait semble-t-il de la qualité du spectacle et soudainement inspiré en raison d’une absence manifeste de tout sous-vêtement, trouve illico la conclusion.
-« Bon ben alors, si je comprends bien, le danger à ç’t’heure c’est le smartphone Chinois…faudrait quand même pas oublier de se méfier aussi du téléphone arabe, vous croyez pas? Et, regardant avec insistance son verre de Ricard, juste avant de se l’envoyer dans le corgnolon… parce que vous savez, le péril jaune ça n’a pas que des mauvais côtés! »

Amitiés à tous.

Et merde pour qui ne me lira pas.

NOURATIN

(1)Alcool de prune balkanique.

Publicités

Boutez Flika…?

Certains Algériens, sans doute frappés par la Grâce mahométane, ont entendu des voix, un peu comme Jeanne en son temps se sentit appelée par Monsieur Saint Michel et Mesdames Saintes Marguerite et Catherine, lesquels l’engageaient grave à « bouter les Anglais hors de France« . Chacun peut en penser ce qu’il veut, en tout cas la pauvre petite s’est débrouillée pour remplir la mission, si regrettables qu’en puissent résulter aujourd’hui les conséquences, le Brexit n’en constituant à peine que le petit bout de la partie émergée. Alors évidemment, pour ce qui concerne nos amis d’Outre-Méditerranée, l’identification des héleurs présumés apparaît bien plus difficile, et d’ailleurs on s’en fout comme de l’an quarante avant le Prophète; cependant le fait est là et le message clair: il faut « bouter Flika hors du pouvoir« . Plus vulgairement exprimé: dégage vieux débris! Voilà qui, une fois encore, soulève le problème crucial de la démocratie confrontée aux sinistres réalités socio-politiques.
On se souvient, bien sûr, enfin pour ceux qui étaient déjà là et qui ont de la mémoire, des élections législatives de 1991, lesquelles se traduisirent par l’écrasante majorité obtenue par le Front Islamique du Salut raflant 82% des voix au premier tour…il n’y eut donc jamais de second tour! L’armée, bien obligée d’entreprendre à ce moment-là quelque chose pour sauver les meubles, fit le nécessaire en vue d’éviter la prise de pouvoir par les musulmans fanatiques. Un pareil déni de démocratie aurait dû, en principe, provoquer un tsunami de protestations bien-pensantes, une prise de position ferme et implacable des Démocraties Occidentales, une déferlante de protestations médiatiques sans précédent, bref tout ce qu’une ignominie aussi évidente aurait dû entraîner. Une telle spoliation du suffrage universel, une abomination innommable au regard des Doidlom et tout ce qui s’ensuit, semblait  à l’évidence de nature à faire trembler la planète entière et ses environs immédiats. Or il n’en fut rien. Tout le monde, sur ce coup-là, ferma sa gueule, seul l’Ayatollah émit une fatwah pro forma, tout en rigolant dans sa barbouze du mauvais coup porté à ces saloperies de Sunnites de malheur. Le soulagement l’emporta partout, en tout premier lieu en Répupu Franchouille Mitterrandienne, étant entendu que la démocratie c’est sacré, sauf quand ça se menace tout seul! Là, évidemment, l’instauration de la Charia comme principe de gouvernement et la reconnaissance d’Allah comme le seul vrai patron du bizness politique, entraient directement en conflit avec l’intangible laïcité qui seule autorise, dans l’esprit des maçonno-gauchiards de chez nous, la Liberté, l’Égalité et la Fraternité, en un mot la Démocratie bien comme il faut. Sans compter le bordel que pouvaient apporter les Islamistes de là bas (dis) dans cette France, déversoir privilégié des trop-pleins démographico-politiques du Maghreb.
Le viol caractérisé des droits les plus élémentaires du bon peuple Algérien, tout le monde s’est, à l’époque, assis dessus. Tant mieux, sauf que de toute façon, pour nous la suite ne se révéla guère différente de ce qu’elle eût été avec des Mollah au pouvoir à Alger.
Mais depuis lors cet étrange pays connaît une absolue stabilité. Surtout depuis l’arrivée du fameux Bouteflika, voilà vingt ans déjà. Ce brave Abdelaziz, serviteur zélé du Prophète, s’est arrangé pour mettre plein d’huile dans les rouages, à coup d’amnisties et surtout grâce à la paix civile et à l’ordre qui règnent partout, l’armée ayant à cœur de s’y employer. Le revers de la jolie médaille laisserait apparaître une appropriation du pays par la coterie détentrice du pouvoir, ainsi qu’une corruption fabuleusement institutionnalisée…mais nul n’est autorisé à la retourner, la médaille, alors finalement tout baigne. Juste un petit problème lié à l’état de santé du Président qui, depuis des années, fait montre d’une vigueur physique et intellectuelle à mi-chemin entre le poireau et le chou de bruxelles. Sa dernière élection, en 2014, se déroula sans lui, vu qu’il se révélait déjà manifestement incapable d’en décoincer une, ce qui n’empêcha pas un succès triomphal, tel que seules les démocraties dûment pilotées se révèlent capables d’en produire.
Et ce coup-ci, alors que ce pauvre Flika se trouverait, selon certains milieux plus ou moins bien informés, en état de mort cérébrale, l’Algérie, toujours pour des raisons de démocratie bien organisée, s’apprête à reconduire ce qui reste dudit vieillard pour une nouvelle période de cinq ans. Vu de l’extérieur, vous en conviendrez, c’est extrêmement rigolo, ça présente incontestablement un côté théâtre de boulevard à faire tordre les salles, sans occulter complètement les aspects shakespeariens d’une tragi-comédie dont le maître de Stratford upon Avon eût sûrement fait un éclatant chef d’œuvre. En revanche, vu de l’intérieur, c’est une autre paire de quenouilles!
Relativisons, tout de même. Certes les jeunes intellos d’Alger soutiennent mordicus, grosses manifs à l’appui, qu’il faut absolument bouter Flika. Primo parce qu’un président, selon eux, se doit d’être vivant, secundo parce qu’ils souhaitent, comme tous ceux qui ne comprennent rien à la vie, une accession pleine et entière à la démocratie. Le premier point apparaît tout à fait contestable, je puis vous en administrer illico une preuve absolument irréfragable: prenez nos six derniers hôtes de l’Élysée, il me semble tout à fait évident que morts ils eussent fait beaucoup moins de tort à la France. Celui qui soutiendrait le contraire ferait preuve d’une mauvaise foi proche de la haute-trahison! Quant à la seconde assertion, tout le monde pourra constater que les pays bien sous tout rapport  sont ceux qui maîtrisent leur démocratie, cela va de la Chine, qui l’a parfaitement en main, jusqu’aux États-Unis dont on sait qu’ils tiennent encore le truc, vu leur expérience pluriséculaire et leurs spécificités capitalistiques, mais pour combien de temps, nul ne saurait se prononcer là dessus.
Toutefois, en dehors des élites de la pensée algéroise sus-mentionnées, le reste du pays s’en balance. Et je vous fous mon billet que le quasi-cadavre Abdelaziz, fera l’objet d’une réélection tout aussi sympathique que les fois précédentes. En effet, seuls les peuples repus aspirent au changement, ceux qui crèvent un peu la dalle hésitent toujours à se lancer dans des aventures susceptibles de leur vider encore plus la gamelle. Sans compter que le FLN ça reste une valeur sûre dans le bled… et puis on sait qu’il y a intérêt à voter comme il faut, ceux qui l’avaient négligé se sont parfois retrouvés sans oreilles ni pénis, cela incite à privilégier la stabilité…et la stabilité c’est Bouteflika, même empaillé!

Et vous, que feriez vous à leur place? Ah, d’accord, vous vous en battez les aumônières jusqu’à leur imprimer  un mouvement hélicoïdal! Moi je veux bien, vous savez, mais si vous réfléchissiez un tout petit peu, sans doute changeriez vous diamétralement votre vision des choses. Regardez bien: il reste encore plein d’Algériens en Algérie, encore plus que chez nous et ce n’est pas peu dire. La seule différence c’est que, là bas (dis), ils se tiennent bien, vaquent à leurs occupations et, quand ils n’en ont pas, en cherchent histoire de pouvoir se mettre quelque chose sous la dent. Un pays normal, en somme, avec bien entendu des profiteurs du régime… mais à mon humble avis, beaucoup moins que dans notre Répupu hexagonale! Alors, si vous bouleversez tout ce chouette équilibre en boutant Flika, vous savez ce qui vous pend au nez…ben oui, pardi, un surcroît nouveau d’invasion! Et ne comptez par sur Présipède et ses sbires pour mettre le holà, bien au contraire on nous sortira les bonnes vieilles raisons humanitaristes, la France terre d’asile (de fous) et, résultat des courses,  nous verrons déferler sur nous la vague immense des cousins et des copains de ceux qui sont déjà là. Si vous trouvez qu’il n’y en a pas encore assez, libre à vous de vociférer comme quoi il conviendrait absolument de bouter Flika. Dans le cas contraire, je recommande a minima une bienveillante neutralité.
Et puis, vous savez, s’il fallait pour de vrai bouter quelqu’un hors de quelque chose, en cherchant bien on pourrait facilement trouver, du côté du Faubourg Saint Honoré, ou de la Rue de Varenne, ou bien encore de la Place Beauvau, voire du Palais Bourbon, l’embarras du choix, en somme…le mieux consisterait encore à ne pas faire de jaloux…
Alors, longue survie artificielle au camarade Bouteflika!

Abdelaziz dans son cercueil,
Bandait encore comme un chevreuil,
Avec sa bite en arc de cercle,
Il a soulevé le couvercle!

Ah oui, à oui vraiment, Abdelaziz tiendra bien encore cinq ans, il ne risque même plus de trépasser, il a fait le plus gros en tout cas!

Que le souvenir de la Bienheureuse Jeanne vous ait en sa Sainte Garde, nonobstant Fachoda, Mers El Kébir,  le plum-pudding et le Hard-Brexit!

Et merde pour qui ne me lira pas.

NOURATIN

Manifestations

Manifester c’est vachement bien! Démocratique et tout, incontestable, légitime, droidlomesque, bref une véritable perfection issue de toute une vieille tradition républicaine qui fait chaud au cœur du citoyen conscient et sincère dans sa foi personnelle, qu’elle soit de droite, de gauche ou de quelqu’autre nature. Tout cela part de la vieille idée qui consiste à descendre dans la rue. Pourquoi faire? Là l’affaire devient déjà plus compliquée. Dans le temps les choses paraissaient tout à fait claires, on descendait (sauf les habitants du rez-de chaussée et des sous-sols, naturellement) puis, de son côté, le détenteur du pouvoir envoyait l’armée, la garde, enfin tout corps plongé dans une situation insurrectionnelle et susceptible de la faire cesser en tirant dans le tas. Il arrivait parfois que le big-boss se dégonfle un peu, ce qui a débouché sur nos jolies révolutions, la prétendue « grande » de1789 et les deux un peu oubliées de 1830 et 1848. La Commune, pour sa part, constitua un épisode grandiose de ce type, avec évidemment beaucoup de dégâts et une fin de récréation sifflée par  Thiers, lequel fit le nécessaire pour qu’elle cessât dare-dare, les fusils ayant, sur son ordre, parlé de la manière la plus définitive.
Après quoi s’installa la République, notre bonne vieille Répupu des familles, celle qui depuis 1875, nonobstant de petits aménagements de détail, dont notamment trois chouettes constitutions artistement rédigées, règne sur la France avec la bonhommie tranquille des personnes, dites « morales », lesquelles somme toute n’existent pas, ceci expliquant sans doute cela. Avec la Répupu, s’ancrait aussi dans les mœurs et les mentalités la Démocratie à la franchouille, celle qui confère à tout un chacun une partie – sans doute infime mais cependant incontestable- de la souveraineté nationale. Partant de ces admirables principes, l’esprit revendicatif de nos concitoyens trouva alors, par la descente dans la rue, un moyen de manifester leur mécontentement tout en exerçant une pression virtuelle sur les détenteur du pouvoir, afin qu’ils réservent à leurs desiderata une suite favorable. Et progressivement l’habitude se prit d’organiser des déambulations urbaines en grands groupes, sortes de révolutionnettes plus ou moins paisibles, d’abord réprimées, ensuite admises du bout des lèvres par des politiciens de gauche qui se méfiaient tout de même du bon peuple en troupes lâché dans l’espace public. Ainsi Clémenceau déclarait-il en 1907 « Je ne suis pas sûr qu’il y ait un droit de manifestation mais je suis d’avis qu’il doit y avoir une tolérance de manifestation« . On ne s’était donc pas encore rendu compte que la sacro-sainte Déclaration de 89 comprenait en son article 20 quelque chose qu’on pourrait par la suite faire passer pour le fondement (pas le derrière, veux-je dire, mais la base juridique) du droit en question. Normal puisque ce fameux texte se borne à affirmer: «  Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la loi ». On notera au passage ce « même religieuse » particulièrement savoureux… En tout cas, la petite phrase en question évoque sans ambiguïté une manifestation plutôt individuelle d’opinion, bien encadrée par la notion d’ordre public, laquelle, justement, apparaît tout à fait contraire à l’envahissement des rues par des dizaines voire centaines de milliers de tordus énervés. Évidemment, les pères fondateurs de la big révolution  n’eussent pas envisagé une seconde d’avaliser des manifs avec casseurs, black blocs et autres anar-activistes.
Et c’est pourtant ce petit texte que la Répupu finit, à l’issue d’un long processus de maturation politico-syndicale, par bombarder « droit constitutionnel de manifester ». Ensuite bien sûr, toute une palanquée de déclarations internationales de droidlom est venue assurer l’avenir démocratique de cette superbe conquête de l’Humanité, (pas le journal en faillite, l’autre). S’agissant donc d’un droit intangible, imprescriptible et, en un mot, sacré, tout le monde s’en sert avec l’ardeur bon-enfant de celui qui a découvert le nouveau Lotus, le rouleau enchanté dont une seule feuille peut -parfois- suffire.

C’est notamment le cas, désormais, des petits merdeux des Lycées qui suivent la petite merdeuse suédoise égérie des manifs pour sauver la planète. L’idée, au demeurant fort séduisante, consiste à sécher les cours pour s’en aller par les rues gueuler comme quoi il faut absolument arrêter de dézinguer le climat. Comment? Ah oui, ben voilà, alors il convient  d’en finir avec les emballages à usage unique! En tout cas c’est ce que j’ai entendu de la bouche d’une manifestante d’environ quinze ans qui avait l’air de bien s’amuser tout en considérant les adultes comme des irresponsables meurtriers, ce qui, somme toute, n’est pas totalement faux. Cela dit, outre le fait que les emballages en question constituent un élément, certes non négligeable mais pas vraiment central de la dégradation climatique, il faudrait sans doute expliquer à la demoiselle (oh zut, excusez, je ne le ferai plus) à la jeune fille, voulais-je dire, que les choses ne sont pas si simples. Il peut fort bien se trouver, parmi ses petits camarades, des fils et filles de salariés dans le bizness du packaging, comme on dit aujourd’hui, lequel emploie, rien que par chez nous, une ribambelle de populo. Parvenant à ses fins manifestatoires, la douce enfant condamnerait ainsi de sympathiques condisciples à la plus noire des misères, celle qui découle du chômage des parents. Hélas on ne pourra pas compter sur les profs pour faire entrer cette sorte de détail dans les crânes adolescents. L’enseignant apparaît en effet très majoritairement charmé par ce qu’il considère comme une prise de conscience citoyenne tout à fait admirable, de la part des bambins qu’ils sont en principe chargés d’instruire. Du coup, au lieu de faire leur boulot, ces chers suppôts de l’Éducation Nationale encouragent leurs ouailles à manifester pendant les heures de cours. C’est toujours ça de moins à supporter ces petits chieurs et en plus c’est pour la bonne cause, alors…

Et dans le fond, si l’on y regarde d’un peu plus près, c’est quasiment pareil chez nos potes Gilets-Jaunes. Au départ ils protestaient avec la dernière énergie contre l’aveuglement de Présipède, contre son incapacité à comprendre les difficultés des braves gens et contre sa propension à aggraver celles-ci par des mesures fiscales à la con, vaguement peinturlurées aux couleurs de la divine écologie. Que pouvaient ils faire d’autre que de foutre un minimum de bordel, je vous le demande? Jusque là, en somme, rien à dire, le fameux droit de manifester, après tout, autant s’en servir, un peu comme au vieux temps, déjà, de la manif pour tous . Bien, me direz vous, en ces temps-là ça n’avait pas servi à grand chose, de vitupérer le mariage par derrière. Cette « avancée sociale »  si chère à la Taube -vous vous souvenez?- fut adoptée sans barguigner par une majorité hollandouillesque autant qu’écrasante. En revanche, les pauvres ballots de la manif firent l’objet de l’opprobre politico-médiatique, sans parler de la répression implacable mise en œuvre par le Ministre de l’Intérieur, Petit Caudillo, actuel candidat à la Mairie de Barcelone.
En revanche, les porteurs du fameux gilet, eurent plus de chance car Macrounette, sentant le vent du boulet bourdonner à ses oreilles, leur accorda plein de trucs au bout de trois petites semaines de foutoir. Une bonne dizaine de milliards non financés qui allaient s’ajouter à la dette… un peu plus un peu moins…
Seulement ça continue, de plus belles, ni trêve ni repos, n’importe comment, sans savoir où l’on va, mais tant pis, on fonce! Moi, je l’avais tout de suite observé, cette grosse pantalonnade ne tient pas debout. C’est du déconnage débile! On demande des tas d’augmentations, des allègements de charges, des services publics plus étoffés, bref tout une série de dépenses supplémentaires dont ni Présipède ni ses sbires n’ont le premier sou. Ce n’est pas pour me répéter à l’envi -certes j’ai l’âge de radoter mais tout de même-  à force de pousser dans ce sens nous finirons juste par récolter un gros supplément de fiscalité. Vous remarquerez qu’on en parle déjà dans les sphères éthérées du médiatico-politique, après avoir évoqué l’alourdissement massif des droits de succession, on propose maintenant de faire payer l’impôt sur le revenu à tout le monde, jusqu’aux pauvres d’entre les pauvres…pour faire passer la pilule d’une tranche supplémentaire destinée à ratiboiser les hauts salaires… Voilà le bilan prévisible des manifs en jaune!
Ainsi que je vous le disais en Novembre dernier, il vaudrait mieux regarder du côté des dépenses sociales, c’est là que ça devrait se jouer si les Franchouilles disposaient d’un minimum de cervelle. Au lieu de demander à l’État ce qu’il n’a pas les moyens d’accorder, exigeons qu’il cesse de dilapider honteusement notre pognon. Soignons le mal à la racine, débarrassons nous de ceux qui nous coûtent la peau des fesses et en plus nous emmerdent la vie… Rien qu’en faisant le ménage, en expulsant manu, voire pede militari tout une tripotée de racaille étrangère ou bi-nationale à casier bien garni, ou fichés S, je vous promets facilement une bonne trentaine de milliards d’économies… C’est plus qu’il n’en faudrait pour satisfaire grassement toutes les revendications des défileurs du samedi!

Bien sûr, ce que j’en dis c’est juste des paroles qu’emporte le vent parfumé de la bien-pensance républicouille… Vox clamans in deserto, vous savez, le pauvre niais qui prêche dans le désert…

Bonne semaine et amitiés à tous.

Et merde pour qui ne me lira pas.

NOURATIN

Bidonnage républicain

Tant qu’on peut le coller sur le dos de l’Ekstraimdrouatt, l’antisémitisme ça reste un bon produit, valorisant et fédérateur, qui ouvre largement la voie à une indignation de bon aloi, pratique, peu onéreuse et acceptée partout. Là où la combine devient moins évidente c’est lorsqu’on a affaire à ces braves gens qui professent la haine la plus farouche et la plus absolue du Juif, tout en appartenant manifestement à l’admirable autant qu’intangible religion du Prophète. Que fait l’Homme (ou la Femme) de Bien, en pareil cas? Il (ou elle, bien sûr) se trouve considérablement emmouscaillé, écatelé par le double impératif de condamner avec la plus grande fermeté, tout en évitant absolument de dire qui l’on condamne. La plupart du temps, il suffit de faire référence à « la bête immonde« , ce qui offre toute garantie de politiquement correct et permet de quitter  l’impasse par le haut. Il peut arriver, cependant, que certaines images ne laissent pas le moindre doute sur l’origine précise des actes à dénoncer. C’est ce qui caractérise justement le dernier en date des faits de cette nature: l’agression d’Alain Finkielkraut par des porteurs de gilets jaunes.
Finkielkraut, on peut en penser ce qu’on veut, plutôt du mal, tout de même -vu que ce garçon ne manque jamais une occase d’évoquer l’identité franchouille mise à mal par l’invasion musulmane-  mais ça reste avant tout un baptisé au sécateur ce qui, forcément lui confère un minimum d’immunité. Fils d’immigrés Polonais, par surcroît, le cher homme ne saurait faire l’objet de la moindre attaque susceptible d’apparaître fondée sur ses origines ethniques ou religieuses. En aucune façon, d’ailleurs, l’idée ne viendrait-elle à quiconque, appartînt-il à la Réacosphère, d’attaquer le pauvre Alain pour autre chose que ses prises de position, parfois un peu convenues, visant à se faire bien voir, malgré tout, par ses voisins Germanopratins.
Manque de pot, hier, quatorzième samedi de manif giletjaunesque, l’académicien en cause tint à venir déambuler du côté de Montparnasse, afin de constater de visu l’étendue du désastre. Il n’a pas accompli le voyage pour rien! Avait il seulement fait trois pas qu’il s’entendait héler par une petite bande d’abrutis mal embouchés au fort accent des Quartchiers. « Sale sioniste de merde », « nique ta mère », « rentre chez toi en Israël », »sale facho » et autres politesses du même tonneau. Couvert d’injures plus ou moins antisémites, bien qu’elles provinssent de garçons aux origines maghrébines peu contestables, l’infortuné allait prendre la tangente quand un personnage plus hardi encore que ses compères se prit à attirer sur lui les foudres d’Allah. Un musulman fanatique tellement caractéristique avec sa barbe à la Mahomet, que les chroniqueurs de BFM en restèrent sans voix, sauf un, invité pour meubler, qui déclara, à chaud, sa certitude d’avoir affaire à un Salafiste. Depuis, bien entendu, des consignes prescrivant l’abstention de toute allusion de cette nature, sont arrivées dans les salles de rédaction. On ne va tout de même pas sacrifier l’antisémitisme-peste-brune des Gilets Jaunes, sous prétexte que ceux-ci se trouveraient infiltrés par nos amis de la Diversité triomphante. Il n’en est pas moins vrai que le barbu en cause, après avoir vomi une bordée d’imprécation, genre « Dieu va te punir, tu vas mourir« , contre Finkielkraut « le haineux » (sic), se mit à vociférer à plusieurs reprises « on est chez nous, on est chez nous« , sous-entendant ainsi que la France est désormais terre d’Islam, ce qui implique un départ rapide des Israélites; les Kouffars , quant à eux, n’ayant d’autre choix que la conversion, la valise, ou le cercueil. Notons que le Monsieur à barbe rousse a fait l’objet d’une prise de vue tellement précise et appuyée que son identification n’a soulevé aucune difficulté…nous verrons bien le sort que lui réservera la Justice … si d’aventure les poulets se risquaient à l’appréhender pour de bon…

En attendant, voilà ou nous en sommes! Dans les manifestations du Samedi, et désormais du Dimanche, on trouve sans doute encore quelques révoltés du week-end de la première heure, mais de plus en plus de gauchiards de tout poil, de Black-Blocs, d’Anarchistes polymorphes et, à l’évidence, une mouvance banlieusarde à caractère communautaire, voire carrément islamiste. Dans de telles conditions, on peut s’interroger sur l’intérêt de continuer encore ce mouvement, parti d’une histoire de prix du gazoil pour en arriver à assurer la promotion de tout un tas de groupuscules aussi douteux que potentiellement malfaisants.
Au bout du compte ces rigolos en arrivent à remettre Présipède et ses sbires en position de se refaire la cerise; à priori ce n’était pas absolument l’objectif recherché! La majorité silencieuse, celle des gens qui se trouvaient au début dans les cortèges et sur les rond-points, glisse doucement vers la répugnance vis à vis d’une action confuse et désordonnée nuisible à la tranquillité publique ainsi qu’à la bonne marche des affaires. Avec leur « grand débat » bidonné à bloc, Macrounette et son Gouvernement en récupèrent une partie, les purs gogos, alors même que le plus grand nombre commence à entrevoir qu’il ne sortira rien de bon de ce vaste carnaval qui dure depuis trois mois. Au bout du compte cela se traduira sans aucun doute par un surcroît d’impôts que les pauvres aussi finiront par payer d’une façon ou d’une autre, vu que les riches sont bien trop peu nombreux pour parvenir à combler le gouffre.

Le plus drôle, dans tout ce bigntz, c’est qu’il parvient à occulter à peu près totalement l’affaire Benalla. Elle en dit long, pourtant, sur les probables turpitudes de la République qui marche. On en apprend un peu tous les jours, et ce qui remonte se révèle croustillant au possible.  Selon les dernières nouvelles, c’est le coup du coffre fort qui revient maintenant à la surface.
Petit rappel des faits: en Juillet la Police doit perquisitionner chez l’ami Alex. Tout le monde se transporte au domicile du jeune homme mais l’opération tourne court  car le pauvre a oublié ses clés. Conséquemment les poulets décident de revenir le lendemain, que voulez vous qu’ils fissent? Manque de pot, pendant le laps de temps, le fameux coffre disparaît. Là où les choses deviennent désopilantes c’est  quand on apprend le nom du déménageur de coffre présumé : le sergent-chef Chokri Wakrim, le compagnon de la Commissaire Poitout, chef démissionnée de la sécurité de Barbapoux, notre bon Premier Ministre. On apprend qu’à l’époque du début de l’affaire, l’été dernier, le couple Poitout-Wakrim aurait logé ce pauvre Benalla, lequel ne pouvait plus rentrer chez lui, un peu comme feu Aznavour. Et comme le sous-off Wakrim, depuis suspendu de ses fonctions militaires, apparaît également dans l’affaire du contrat envisagé avec un oligarque Russe, en compagnie, aussi,  du pote à Alex, Vincent Crase, qui, lui, avait déjà touché un petit acompte de près de trois-cent-mille Euros sur ledit contrat.
On est donc manifestement dans une affaire laissant apparaître le plus haut sommet de l’État comme une véritable association de malfaiteurs. Mais bon, au final tout le monde s’en fout un peu puisqu’il y a des gilets-jaunes qui assurent le divertissement des foules et un « grand débat » pour amuser le reste de la galerie.
Barbapoux lui même, avec son air de ne pas y toucher, fait tout ce qu’il peut pour allumer des contre-feux. La dernière, pour l’instant, concerne le coup des contreparties aux aides sociales. Une proposition d’une audace inouïe, le type envisagerait de faire bosser les bénéficiaires du RSA, vous vous rendez compte? Évidemment tollé à gauche, scandale, horreur! Et comment voulez vous qu’ils puissent se faire du black, ces malheureux, si on les oblige à des travaux d’intérêt général, hein? On vous le demande M. Philippe, ça se voit que vous venez de l’UMP, bougre d’affameur du peuple!  S’en prendre aux Pludéfavorizés  c’est bien la marque de ces salopards-là, tiens!
En attendant, quand on parle de ça, on oublie Mme. Poitout, son petit copain et les amis un peu olé-olé d’icelui… Si bidon que puissent sembler les diversions de cet ordre, elles possèdent le mérite de faire parler dans les télés et donc dans les chaumières. Le reste, en revanche, on l’oublie, c’est y pas mieux comme ça?

Tout ce globiboulga finalement revêt une importance assez dérisoire, il faut en convenir. Dans vingt ans, on n’en parlera même plus, ces broutilles passeront à la trappe comme la totalité des bidonnages républicains de toute nature et de tout époque qui les ont précédées. Ainsi va la démocratie, il n’y a pas de quoi pavoiser mais ça durera encore longtemps, au moins jusqu’à la Charia.

Amitiés à tous.

Et merde pour qui ne me lira pas.

NOURATIN

Bruits de bottes

On dit, on dit, mais ils font quand même des trucs en faveur du pouvoir d’achat. Tenez, par exemple, aujourd’hui, balancer des projectiles sur les représentants de l’ordre c’est à la portée de toutes les bourses, pratiquement. Vous prenez le fameux « couple de la Contrescarpe », les deux sales petits gauchiards dont l’ami Benalla s’était cru autorisé à tabasser la gueule: pour avoir balancé des carafes et des cendriers de bistrot sur les flics ces charmants tourtereaux se sont vu condamnés à cinq-cents Euros d’amende. Qui dit mieux? Moi, ça me paraît quasiment donné, j’en suis même à me dire qu’à ce prix-là, quitte à mettre un peu plus, on pourrait aller sans problème jusqu’au cocktail-molotov, voire au tir de mortier, y a pas de raison. A choisir, finalement, entre une semaine de vacances pourries dans un hôtel minable et le plaisir de foutre joyeusement en l’air une bande de CRS ou de Gardes Mobiles, il n’y a pas photo, comme on dit puis. Alors, hein, ils sont vachement bien nos Juges, non, vous ne trouvez pas? Attention toutefois, le prix de faveur c’est sûrement réservé à des catégories particulières, vous voyez, genre Antifas, Insoumis, Anticapitaloches, cocos ou Trotskos, enfin les gens bien, quoi. Évidemment, si vous affichez des opinions à la con, style Les Républicains, là ça risque de faire beaucoup plus cher…mais il est vrai que le cassage de flicaille se pratique assez rarement chez les adeptes de ladite boutique. Disons donc plutôt qu’il convient, pour bénéficier du tarif réduit, de montrer patte rouge. Nos excellents Magistrats seraient sans doute prêts à en étendre le bénéfice à ce qui reste des effectifs du Parti Socialiste, vu le nombre ce n’est pas cela qui ruinerait la France, étant précisé d’ailleurs que ruinée elle l’est déjà, et jusqu’au trognon.

Mais bon, cessons de commenter les décisions judiciaires, vous savez que c’est mal vu et qu’en plus vous risquez gros pour peu que vous ayez l’infortune de tomber entre les pattes de ces Messieurs-Dames du Siège ou du Parquet. Et puis justement, tiens, ce matin, ô joie inexprimable, nous avons la visite d’Umberto Cazzoficca, notre copain Rital, vous savez, celui qui porte beau et possède un sens des affaires  digne des Florentins de l’époque Médicis. Le cher transalpin vient à peine de garer sa Lamborghini à moitié sur le trottoir devant le bistrot qu’il envoie bille en tête -non sans avoir, au préalable, sifflé d’un trait son Campari- une adresse en ces termes:
-« Mes chers amis, le malheur s’abat sur nous! Ne vous y trompez pas, porca disgrazia (1), les rappels d’ambassadeurs précèdent presque toujours la guerre, nous n’y couperons pas, je le crains! Déjà je crois entendre les bruits de bottes, maledetta sciagura (2)! Disons nous donc adieu, mes très chers, désormais nous voilà des deux côtés opposés du front! Prions le Bon Dieu qu’il nous préserve et fasse le Ciel que les hostilités durent moins longtemps que la dernière fois, ce qui semble assez probable, vu que ce coup-ci les Allemands ne seront pas avec nous…quoique la grosse Merkel s’entende fort bien, c’est manifeste, avec Conte: il la fait rigoler, ce coquin…et en se foutant de la gueule de Macron, par dessus le mercato! Il faut dire que votre petit roquet prétentieux commence singulièrement à exaspérer, tant au dedans qu’au dehors, pas vrai? Alors que voulez vous, il va falloir qu’on se batte ou qu’il en rabatte…moi, je serais lui, j’enverrais des excuses, parce que parti comme il est, à force de se foutre tout le monde à dos, il ne lui restera comme alliés que les Socialos Espagnols et les Communistes de Grèce…encore n’est-il pas certain que ces gens-là s’engagent à ses côtés, quand on est dans la mouise, une prudente neutralité s’impose. Alors finalement, votre joli petit prodige, il se retrouvera tout seul face à une Europe qui le verrait avec plaisir prendre ses cliques, ses claques et sa vénérable épouse pour aller se faire voir chez les compatriotes de Tsipras. Prenez le comme vous voulez mais, en définitive, Salvini passe beaucoup mieux…et en plus il est populaire, lui, tout le monde ne peut en dire autant, à commencer par votre Président adoré… Alors, je me marre, ridi Pagliaccio (3), bien sûr qu’on ne se fera pas la guerre, non si deve scherzare (4), ce ne sont pas des farfallini (5) de ce calibre qui vont réussir à nous brouiller si peu que ce soit, surtout qu’en ce moment-ci les affaire vont cahin-caha, ce n’est pas le moment se mettre sur la tronche! »
Et de partir dans un vaste éclat de rire assorti de trente-deux dents -au moins- d’une blancheur si éclatante qu’on les dirait sorties des ateliers Jacob & Delafon!

-« Riez, riez, cher Umberto, rétorque Jean Trentasseur, en attendant vos néo-fascistes se permettent de venir en France soutenir les rebelles acharnés à la perte de notre Président démocratiquement élu avec les deux tiers des suffrages. Vous n’imaginiez tout de même pas que nous tolérerions pareils affronts? Et puis, je vais vous dire, ils vont se casser la figure, vos nauséabonds salvinesques, les syndicats sont dans la rue, la récession vous frappe de plein fouet et vous ne tarderez pas à voir les fachos de la Ligue et les farfelus à cinq étoiles, se tirer ouvertement dans les pattes. L’alliance de la carpe et du lapin ne va pas tarder à exploser, l’ordre règnera de nouveau et nos différends actuels tomberont d’eux mêmes aussitôt partis vos malfaisants de gouvernement ».
En général il s’en trouve toujours un, parmi nous, pour porter la contradiction au cher Maître Trentasseur. Mais aujourd’hui personne ne s’y colle, on dirait bien que tout le monde s’en fout, il y a autre chose qui les turlupine, nos potes de comptoir… Et puis finalement c’est Jeannot qui se décide, avec ses gros sabots, comme d’habitude et sans trop s’embarrasser de précautions oratoires, droit au but, en quelque sorte.

-« Au fait Umberto, les deux super-culs de l’autre fois, t’en as fait quoi? Y a pas de souci, tu sais, même qu’on serait en guerre, nous autres on n’est pas du genre à exclure, on fraternise au delà des conflits. T’aurais pu sans problème nous les ramener, et même encore d’autres, on n’est pas regardant, suffirait que tu échanges ton piège à radars contre une vraie bagnole avec sept places, comme tout le monde, et nous on fait le reste… parce que c’est très bien de se rincer le gosier, en même temps si on pouvait également se rincer l’œil on t’en voudrait pas, ma vieille. Je ne dis pas d’aller au delà, vu qu’on n’a pas les moyens, mais juste la vue et les fragrances ça fait déjà vachement de bien par où ça passe… Ouvre donc une roteuse, Thérèse, c’est ma tournée, encore une que les Macaronis n’auront pas…scuse moi, Bertounet, c’est juste manière de  rigoler! »

-« Vous savez, intervient alors Blaise Sanzel, soucieux sans doute de dissiper l’effet bizarre produit par les propos de ce con de Jeannot, nous avons connu, ici même, l’occupation italienne, entre quarante et quarante-deux. A l’époque je vivais ailleurs mais on m’a raconté, les témoins de l’époque, ceux qui sont morts depuis tellement longtemps qu’on les a complètement oubliés, seules les pierres tombales en gardent encore la trace…ça nous arrivera à tous, que voulez vous, nous ne représentons que l’écume des jours, comme disait l’autre, ça disparaît vite… Oui, bon, bref, pour vous dire qu’avec les envoyés de Mussolini la cohabitation se passait plutôt bien. Ils n’étaient là que par obligation, ces mecs, ils eussent d’ailleurs largement préféré rentrer chez eux mais bon, tout le monde faisait contre mauvaise fortune bon cœur; à l’exception des pauvres malheureux prisonniers de guerre dont les nanas s’envoyaient en l’air en compagnie des séducteurs transalpins dont nul n’ignore la légendaire vigueur transal-pine. En tout état de cause, dès lors que les Boches ont déferlé sur la zone libre, tout le monde a bien capté la différence…surtout les Israélites d’ailleurs, dont le refuge pénard s’est immédiatement  transformé en souricière, avec descentes nocturnes dans les appartements et convois vers les ténèbres sans retour. Entre l’Allemand et l’Italien, il y aura toujours cette énorme marche culturelle qui sépare le pesant Germain du Latin vif et primesautier. L’écart s’est toujours révélé gigantesque, même aux temps du Duce et du Führer, le fameux « fascisme » si cher à nos chroniqueurs d’aujourd’hui, lesquels n’en connaissent rien excepté les petites images à la mords moi le nœud qu’on leur a instillées dans la cervelle.
Macron a tort de chercher noise à nos copains de l’autre côté des Alpes, nous pourrons toujours nous entendre avec eux -en dépit de leur regrettable tendance à toujours nous rouler dans la farine-. Parce que ce sont gens raisonnables, capables de discernement, appartinssent-ils à l' »extrême droite » comme la mouvance politico-médiatique le reproche si stupidement à Salvini…lequel n’a pourtant d’autre souci que de protéger ses compatriotes de l’invasion africaine et des tracasseries délétères émanant de l’Union-Européenne. Puissions nous trouver l’équivalent ici, au lieu de confier toujours le soin de nos affaires aux bisounours de droite ou de gauche, et joindre nos forces à celles des Ritals, des Autrichiens, des Polacs, des Tchèques, des Hongrois, j’en oublie, pour nous défendre enfin, avant qu’il ne soit vraiment trop tard! »

-« Vous parlez d’or, Signor Sanzel, conclut l’ami Cazzoficca, si tout le monde en France comme en Italie, possédait un peu de votre sagesse, nous n’aurions pas à nous faire de souci pour l’avenir! A votre santé, qu’elle vous garde avec nous pour longtemps encore! »

« Comme tu dis, bouffi, rajoute Jean Foupallour, immanquablement prêt à en rajouter une bonne couche tout en finesse, vu son âge, à  pépère, on a intérêt à en vider un sacré paquet  de roteuses à sa santé, va falloir au moins en passer deux caisses! »

Ainsi soit-il!
Gardez vous, vous aussi, en parfaite santé… quitte à l’arroser comme il convient.
Amitiés à tous.

Et merde pour qui ne me lira pas.

NOURATIN

(1)Saleté d’infortune
(2)Maudite misère
(3)Ris donc, Paillasse
(4)Faut pas déconner
(5) Freluquets.

Relevons nous un peu…

Tout cycliste conscient et organisé qui se respecte vous le dira: la tête dans le guidon c’est super, sauf qu’il faut se relever un peu, de temps en temps, quitte à ralentir l’allure, sans quoi, au bout d’un moment, on risque fort de se fracasser la gueule sur un obstacle imprévu et de se retrouver à l’hosto… dans l’hypothèse la plus favorable. C’est donc ce que je vous propose aujourd’hui, on va se relever un peu… à la différence du pays, lequel suivrait plutôt la voie inverse.
Nous voici donc aujourd’hui en France Macronnienne, dans une configuration de révolte larvée avec petits paroxysmes récurrents du Samedi après-midi. Tout le monde se trouve bien embêté, à commencer par le Président de la Répupu, vu que nul n’a le moindre commencement  d’idée sur la combine qui permettrait de résoudre la crise. Il a bien essayé le coup du soi-disant « Grand-Débat », Présipède, mais on voit, gros comme une maison de passe, le côté bidon de l’exercice… sans compter l’intérêt pour le moins modéré du bon populo pour les dignes assemblées de vieillards cacochymes organisées dans les salles miteuses d’obscures localités provinciales. Personne n’est même foutu de savoir comment collationner tout ce fatras de rouspétances naïves griffonnées le plus souvent à la main sur d’antiques cahiers, dignes de la pré-révolution franchouille. Bref, le grand débat macronifique tourne à la grosse cagade lamentable. Bien fait pour sa gueule, me direz vous, mais ce n’est pas ainsi que nous parviendrons à faire avancer un schmilblick dont le regretté Guy Lux n’aurait même pas voulu pour garnir sa boîte à couillonner les ploucs du siècle dernier.
Alors il cherche autre chose, le petit gigolo de l’Elysée, désespérément! Et qu’est-ce qu’il trouve? Ben oui, le referendum…attention, ne confondons pas, hors de question de s’engager sur la voie ô combien périlleuse du referendum d’initiative citoyenne, le fameux RIC, si cher au cœur du manifestant sabbatique, pas question! Vous comprendrez aisément que ce truc là c’est bon pour les Suisses, une bande de pauvres débiles avec un Smic à quatre mille euros et un taux de chômage à 2,4%! Non, pour la France ça ne peut pas marcher, bien sûr, nous sommes au dessus de ça, on ne va tout de même pas laisser les microcéphales de la plèbe la plus sordide soulever n’importe quelle question à laquelle une majorité d’abrutis serait bien capable de répondre par l’affirmative, mettant ainsi notre joli pays des Droidlom dans un embarras de nature à épouvanter tout Saint-Germain des Prés et sa périphérie! Non, bien sûr, l’idée du jeune Manu consiste au contraire à essayer de poser une série de chouettes question du style « faut il injecter une dose homéopathique  de proportionnelle? », ou bien, « souhaitez vous qu’on diminue d’un tiers ou éventuellement de trente-trois pour cent le nombre de députés? », bref le genre de problème de nature à tarauder le gugus qui finit son mois à partir du 5 et qui voit Mohamed et Mamadou se payer sa gueule tout en lui bouffant les cotisations sociales sur le dos, sans préjudice de foutre le feu à sa vieille bagnole et le cas échéant d’organiser une chouette tournante au bénéfice de la petite dernière avec sa mini-jupe de pute blasphématoire. Comme quoi il cherche désespérément, Présipède; son entourage se masturbe les méninges en brain-stormings incessants afin de dégotter les astuces géniales qui offriraient aux aliborons en gilets-jaunes un picotin de nature à les canaliser vers des préoccupations plus politiquement-correctes assorties de modalités moins agressives. Ce sera dur, forcément, car il existe entre ces jeunes-gens bien sous tout rapport et les beaufs mal dégrossis du Samedi, un fossé en comparaison duquel le Gouffre de Padirac prendrait l’apparence d’un nid de poule. Intellectuellement ça ne peut pas coller. Et puis bien entendu, comme ce que demande le Peuple, nos bons gouvernants sont incapables de le donner, l’affaire s’en ira en quenouille, comme tout le reste, jusqu’à ce qu’un évènement dont personne n’a idée aujourd’hui, vienne tout foutre en l’air et redistribuer les cartes. Nous n’en sommes pas encore là, loin s’en faut!
Alors, moi je me dis, avec mon air con et ma vue basse, analysons paisiblement les choses, peut être y verrons nous un peu plus clair. Et puis surtout, essayons de raisonner froidement en oubliant nos colères, nos antipathies, nos dégoûts et ces préjugés ridicules qui nous ont si souvent coûté cher, comme dans ces temps lointains, lorsqu’on n’achetait jamais Astra, sous prétexte qu’il ne s’agissait que de vile margarine (1).
Donc, somme toute, qu’est-ce qui coince véritablement chez ce petit Présipède si joliment  élu, voilà une vingtaine de mois? Bien sûr, ce garçon n’est que le produit d’une combinaison alambiquée de phénomènes complexes à arrière-plans obscurs voire douteux. Certes. En outre ne s’agit-il, au fond, que d’un recycleur de socialistes en rupture de ban, piloté de l’extérieur par des coteries dont les intérêts ne correspondent pas forcément à ceux du Franchouillard de base. Bon, je veux bien.
Cela dit, il faut tout de même se souvenir du temps passé, lequel peut souvent éclairer le présent tout en débroussaillant les chemins de l’avenir. Et là, nous constatons grosso-modo, le fait suivant: la dernière fois que tout allait bien en France, c’était sous Pompidou. La prospérité s’étalait partout, la croissance faisait l’envie et l’admiration du monde entier et le pays progressait tranquillement vers des temps qui s’annonçaient joyeux, légers et exempts de gros emmerdements. A part Beaubourg, évidemment, le seul tort un peu sérieux du vieux Georges-Clope-au-Bec fut d’accepter l’entrée de la Grande Bretagne dans l’Union-Européenne, introduisant ainsi le ver dans un fruit qui, jusque-là, semblait tout à fait comestible, sinon délicieux, faut pas déconner tout de même. Cela dit, le brave bougnat n’avait pas manqué de consulter préalablement la Nation par referendum et si les  Rosbifs sont venus pour près d’un demi-siècle nous saloper le boulot c’est par décision des Franchouilles, moi compris puisqu’aussi bien, ayant voté « oui » j’en assume la co-responsabilité comme tous les corniauds qui en ont fait autant. Cela dit, le pauvre Pompon nous avait tout de même fait du bon boulot, enfin moi c’est ainsi que je le vois…et, voilà où je veux en venir, Georges Pompidou débarquait de chez Rotschild, voyez-vous? On le lui a assez reproché mais l’expérience prouve qu’il ne s’agit pas là, automatiquement, d’une tare…j’aurais même tendance à penser le contraire, quitte à m’en prendre plein la gueule mais, vous savez, je ne suis pas à cela près.
C’est après la mort prématurée de ce bon homme que les choses ont commencé, ensuite, à partir en sucette.
Le septennat Giscard d’Estaing, s’il ne comporta pas que du mauvais, fut toutefois celui du fameux « regroupement familial » instauré conjointement par l’intéressé et son éphémère Premier Ministre, Jacques Chirac, celui qui a sans doute fait plus de tort à notre pays que tous ses confrères politicards réunis, Mitterrand compris. Dès l’instant que ces deux vieilles canailles avaient accepté, par décret, sans consulter personne, même pas la représentation nationale, une mesure contre laquelle leurs prédécesseurs, de Gaulle et Pompidou, s’étaient arc-boutés le plus farouchement du monde, les Giscard-Chirac nous avaient condamnés à un malheur dont nous mesurons aujourd’hui la terrible étendue. La gestion prudente et raisonnable du Premier Ministre Raymond Barre, Babar pour les intimes, si elle avait maintenu notre situation économique à un niveau propre à nous faire rêver aujourd’hui, ne pouvait rien contre les conséquences futures d’une funeste décision due à la pusillanimité des deux complices face à la dictature intellectuelle d’une Gauche humanitariste dévouée depuis toujours à la cause des « peuple opprimés du tiers-monde » à commencer, à tout seigneur tout honneur, par ce Maghreb qui nous avait si gentiment expulsés quelques années auparavant.
Nous eûmes droit ensuite à François Mitterrand, lequel se servit de la Gauche comme d’un fringant destrier dont la force brutale lui permit de désarçonner le sémillant Giscard. L’ennui c’est que, prêt à tout pour se faire élire, le Mitterrand en question, accepta en pleine connaissance de cause de mettre en œuvre la politique mortifère des Socialo-Communistes, quitte à flanquer le pays par terre, ce qui ne manqua pas d’arriver,  sans que jamais nous ne parvenions plus à nous en relever. De cette époque date notamment la dette abyssale dont nous trimballons le fardeau de plus en plus pesant au fil des années, sans parler de tout le reste, bien entendu.
On ne va pas empeser le débat; j’évoquerai à peine les règnes subséquents de Chirac, Sarko et Hollandouille, lesquels, tous autant qu’ils ont pu être, se sont contentés de laisser flotter les rubans sans inverser en rien une tendance tellement lourde qu’elle nous écrabouille et nous interdit désormais quelque tentative visant à nous en dégager.

Et c’est par là dessus qu’est arrivé notre petite Macrounette, avec ses petites certitudes de premier de la classe et ses petits engagements auprès des gentils organisateurs financeurs de son élection. En vérité je vous le dis: que voulez vous qu’il fît? Il a bien essayé des trucs mais bon, autant chercher à faire avancer un éléphant en le molestant avec un mouchoir de dentelle. Sans compter qu’il s’y prend comme un manche et ne parvient, au bout du compte, qu’à se mettre tout le monde à dos, à l’intérieur comme à l’extérieur.
Mais moi, finalement, dans le fond, je ne lui jetterais pas la pierre, vous savez, il paye la scandaleuse incurie de tous ses prédécesseurs et aussi, il faut bien le dire, celle de nos compatriotes qui on toujours voté comme des cons sans même s’apercevoir du cloaque où leurs mandataires les conduisaient.
Ce que je lui reproche, avant tout, à Présipède, comme je le reprochais aussi peu ou prou à ses prédécesseurs, c’est sa position pro-invasionniste. Humanitariste fervent, par intérêt sans doute plus que par conviction, ce type-là continuera à nous pousser de toutes ses forces dans la pente mortelle qui nous conduit vers l’ensevelissement civilisationnel. Tout le reste, je pourrais aisément le lui pardonner, mais ça non! Peut être se cassera-t-il la figure, c’est sans doute à souhaiter, mais si c’est pour retomber entre les mains d’un zigomar qui nous produira une fois encore la même politique d’abandon en rase campagne, je n’y verrai pas, pour ma part, grand intérêt.

Que la paix soit avec vous et avec votre esprit, bonne semaine à tous.

Et merde pour qui ne me lira pas.

NOURATIN

(1) Une pub des années 50 prétendait que ne pas utiliser la margarine Astra était « un préjugé ridicule qui vous coûte cher »…manque de pot, les braves gens se sont sentis insultés et du coup la marque est partie en quenouille!

Tout le monde ment

Tout le monde ment: les pouvoirs, les partis, les media, votre con-joint, les réseaux sociaux, les magistrats, les astrologues, les blogs – y compris le mien-, le Pape, les flics, les plombiers,  les Américains de tous bords, les commerçants, les piliers de bistrot…tout le monde absolument! Reste, pour chacun d’entre nous à choisir le menteur qu’il décidera de croire. Question de feeling, de sympathie, de proximité sociale ou intellectuelle, c’est selon, mais la plupart du temps ça vient tout seul, sans même se poser la question. Par exemple, certains croient Présipède et ses sbires, oui, parfaitement, cela existe encore, d’autres gobent comme parole d’évangile les hallucinantes déclarations d’un Méluche toujours prêt, notamment, à défendre et à illustrer  la dictature communiste vénézuelienne, ou bien encore les supputations à la con des sicaires du Rassemblement National lorsqu’ils prétendent que Merkel veut nous piquer l’Alsace et la Lorraine, alors même qu’elle a déjà tout, ça et le reste. Vous en avez même qui imaginent l’attentat du 11 Septembre 2001 comme une manipulation grossière manigancée par la CIA, cependant qu’ils subodorent que la tentative avortée d’extermination des Israélites par nos amis Allemands au siècle dernier, découle d’une intox perverse répandue par le Sionisme international. Vous avez de tout, c’est ainsi; la masse énorme, profuse et indistincte des élucubrations de toute nature circulant aujourd’hui sur l’ensemble astronomique des vecteurs de produits du cerveau humain et de ses accessoires technologiques, oblige chacun d’entre nous à se faire sa petite idée, forcément biaisée puisque fondée sur des billevesées.
Je pourrais, bien sûr, jouer les esprits-forts et vous assurer que pour ma part je ne crois personne, sauf à disposer d’un faisceau de preuves graves, précises et concordantes propres à garantir l’absolue véracité des couleuvres qu’on tente de me faire gober. Oui, mais non! Je mentirais en prétendant pareille absurdité, et Dieu sait que je n’use du mensonge qu’en cas d’absolue nécessité c’est à dire très fréquemment, certes, mais pas tout le temps, le Ciel m’en est témoin, bien que, si regrettable que cela puisse paraître, on ne puisse compter sur Lui pour corroborer. Donc, comme tout le monde sans exception, je me fais avoir de temps à autre en prenant pour argent comptant la première arnaque un peu bien ficelée passant devant ma porte.

Ainsi ai-je pu croire quelque temps à l’intérêt que pouvait présenter pour l’évolution du Pays, la révolte dite « des gilets jaunes ». Le fait que des gens comme tout le monde, appartenant sans aucun doute possible à notre civilisation et utiles à la société, puisqu’ils  se révoltent pendant le week-end et s’en retournent bosser le Lundi, me semblait de nature à infléchir profondément les façons de penser et de gouverner. Le caractère spontané du mouvement, issu d’un ras le bol soudain devant l’herméticité d’un petit Macrouille ignorant des réalités de l’existence et inféodé à son complexe de supériorité, me semblait annonciateur de changements bénéfiques. Je me demandais en effet depuis longtemps pour quelle obscure raison les Franchouilles votaient pour des personnages de comics et en acceptaient tout, immigration débridée, impôts divers et variés, radars routiers piégeux, services publics aussi pléthoriques qu’inefficaces, enfin vraiment  tout, quoi, sans moufter ni  changer en rien leur façon de toujours  élire les mêmes vendeurs de vent et de camelote.
Donc des quidams inconnus au bataillon se sont employés depuis Novembre dernier à nous faire avaliser la chouette révolution populaire des braves ploucs de base, fatigués de passer à la pompe remplir leur réservoir de gazoil pour plus cher, toujours, et sans espoir de finir le mois autrement qu’enfoncé jusqu’au trognon dans le rouge.
Au début, je me souviens d’un clampin dans sa bagnole qui, brandissant un gilet fluo, déclarait qu’il suffisait de le poser bien en vue sur le tableau de bord pour dire merde à Macrounette et à ses taxes prétendûment écologiques. J’avais à peine posé le chiffon jaune sur le guidon de mon vélo, qu’une petite nana appartenant aux minorités visibles, bien qu’affublée d’un patronyme judéo-polonais, le métissage étant manifestement passé par là, appelait avec vigueur et facebookisme à la révolte du peuple opprimé. Bien, me dis-je in petto, après tout pourquoi pas, toutes les bonnes volontés doivent être accueillies et tant que ça va dans le bon sens ne faisons pas la fine gueule. Et puis, au fil des samedis, j’ai observé le déroulement de la pseudo-insurrection, non sans jeter un œil intrigué, par ailleurs, aux étranges bivouacs qui fleurissaient comme pâquerettes en Mars sur nos innombrables rond-points, fruits des émoluments somptuaires attribués, pour leur confection, aux ingénieurs de l’Équipement.
Au fur et à mesure du temps qui s’écoulait, des échauffourées qui s’ensuivaient et des déclarations qui fusaient un peu dans tous les sens, j’ai commencé à douter des véritables raisons de tout ce cirque. Dès que le petit Présipède est apparu, en Décembre, pour lâcher un lest qui semblait répondre assez mal aux revendications initiales, j’ai véritablement commencé à n’y plus rien comprendre. Ensuite, voyant qu’en dépit des milliards distribués avec mes sous, cela continuait de plus belles, le soupçon a commencé à m’effleurer qu’encore une fois des zigotos à arrière-pensées se trouvaient derrière tout cela et qu’on nous faisait, probablement, prendre des vessies de prostatiques pour des lanternes sourdes. Et maintenant nous nous retrouvons avec des listes dites « de gilets-jaunes » aux Européennes, des partis éponymes en passe de se constituer afin de récupérer la manne du pognon public si généreusement distribué par la démocratie à ceux qui savent s’en servir et des peigne-culs à grande gueule qui polluent les chaînes d’info-continue afin d’assurer, dans une langue approximative, leur promotion personnelle d’ex-fauchemanes invisibles sortis du néant pour profiter des sunlights médiatiques…sans compter, maintenant, les « foulards-rouges » qui commencent à manifester le Dimanche pour emmerder ceux de la veille et passer la pommade à leur bien aimé petit Présipède. Ceux-là, on ne sait pas très bien ce qu’ils recherchent, sinon peut être de se faire casser la figure par leurs concurrents en jaune du Samedi, ce qui ne saurait se produire puisqu’ils ne risquent pas de se croiser, par le fait.

En résumé, je vous le dis comme je le pense, tout ce bordel franchouille mal ficelé qui s’en va en sucette bizarroïde n’est sans doute pas le fruit d’une préméditation -encore que…- mais il m’apparaît bien, à l’heure actuelle, comme un gros piège à gogos. Personne, bien entendu, ne dit la vérité sur ce curieux phénomène, les acteurs de base tendent à se raréfier sans pour autant que l’édifice s’écroule, bien au contraire. Nos Gouvernants se gargarisent avec leur « grand débat » tellement bidonné que même Mme. Jouanno s’en est aperçue, l’a raconté sur LCI…et l’affaire en est resté là, plus de son plus d’image! Dans le même temps, la ministricule Schiappa partait se prostituer chez l’inqualifiable Hanouna, notre premier ministre Barbapoux, suivant l’exemple de son maître élyséen, allait faire l’andouille dans une réunion de couillons grandébatteurs. Et simultanément, notre Ministre de l’Économie, Le Maire (celui à qui j’attribue toujours la note 2, en attendant qu’on nous sorte un Massot susceptible, lui, de mériter un bon 6) trouvait qu’après tout ce serait une bonne idée que de baisser la TVA… S’il y a une connerie à faire, c’est bien celle-là, gageons qu’il ne laissera pas échapper l’occase!

Voilà donc où j’en suis. Vous me voyez troublé, je n’y comprends plus grand chose, l’âge sans doute… Mais à force de slalomer entre les mensonges, les contre-vérités, les enfumages, les bobards, les affabulations, les boniments, les craques, les faussetés, les bourrages de crâne, les galéjades, les impostures, les escobarderies, les rodomontades, les subterfuges et les supercheries, j’éprouve de plus en plus de difficulté à croire en quoi que ce soit.
Une seule chose me paraît évidente, simple et digne de foi: l’invasion! Celle-là se poursuit de plus belles et le sieur Türk, Haut commissaire aux réfugiés de l’ONU n’a pas manqué de rendre une petite visite à Macroûte afin de lui expliquer sa façon de penser: 200 000 nouvelles arrivées par an en Europe (sans compter les nôtre, bien sûr, les regroupés familiaux et autres copains dignement accueillis). Et en plus, il nous prend pour des têtes de turcs, Türk! Il nous raconte des fariboles, suivant la manière dont les choses vont tourner, il faudra prévoir un coefficient multiplicateur! A tel point que désormais l’un des sujets juridiques de pointe, en Europe, c’est la prise en compte de la Charia par nos droits occidentaux… Mais ça, croyez moi, vous n’en entendrez guère d’échos…là on n’a même pas besoin de raconter des calembredaines, il suffit de n’en point parler!
Sans mentir, nous voilà dans un beau pétrin!

Bonne semaine quand même et conservez vous bien.

Et merde pour qui ne me lira pas.

NOURATIN

Alors vous savez, votre grand débat…

-« Faites gaffe, les potes, ça ne rigole pas ces temps derniers, restez bien pépères, ne vous faites pas repérer. Bon, ce que je vous dis, c’est pas un scoop, évidemment, mais il y a tout  de même des signes, vous savez, le ciel peut vous tomber sur la gueule n’importe quand, comme ça, sans trop prévenir. Tenez, par exemple Guéant, bon, okay le type n’a pas trop le nez propre, il a trempouillé dans les combines de Sarko et c’est lui qui porte le galure, on est d’accord. M’enfin tout de même, un an de taule ferme ça ressemble un peu plus à une condamnation politique qu’à de la justice sereine, non? A  côté de ça vous avez le Président de l’Assemblée Nationale qui se la pète à son perchoir, tranquille comme baptiste, royal pire qu’une Ségo à qui le perchoir en question était passé sous le bec. A côté de ça, vous avez le petit Benalla, légèrement mis en examen, mais juste ce qu’il faut pour éviter de faire du tort au big-boss, quasiment blanchi d’avance, enfin, façon de parler, quoi, circulez y a rien à voir.
– » Et puis à côté de ça, vous avez Soral. Il a fait quoi, Soral? Ben oui, il a écrit ce qu’il pensait de nos amis Israélites. Et comme il n’en pense pas du bien, alors, lui aussi, il prend un an de gnouf, ferme! Tarif unique pour nauséabonds, si vous voulez, avertissement avec frais pour les ahuris qui ne se placent pas du bon côté de l’échiquier, qui pensent tout de travers et qui l’expriment, en plus! N’oubliez pas qu’en Répupu Franchouille la liberté d’expression existe, certes, mais pour les idées comme il faut, exclusivement. Les sales fachos, les réacs, les nauséabonds, tout ça se brosse: pas de liberté pour les ennemis de la pensée conforme! Non mais des fois, vous vous croyez où? C’est le Pays des Droidlom, ici, pas celui du droit des sales connards de beaufs de mes deux à ouvrir leur claque-merde, enfin! Pour ceux-là on en viendrait presque à regretter d’avoir complètement supprimé la peine de mort, tiens! On en rêverait, tout de même, de la tronche à Soral, brandie à bout  de bras par le bourreau sur la Concorde, en face de l’Obélisque et à deux pas de l’Élysée, ce temple du bon goût à la franchouille, l’écrin velouté du petit bijou à sa Bribri! »

Ce sur quoi, incapable, contrairement au dernier cité, de bavasser bien longtemps sans mouiller un minimum la meule, il se vide son demi-pression quasiment sans respirer, le vieux Maurice. Faut dire que ce matin il fait gris, pas bien chaud, humide, un temps à foncer au bistrot pour se réchauffer un peu la glande amicale. Du coup , Derrière Napoléon fait le plein et les orateurs imbibés du Dimanche retrouvent leur tribune, leur public, leurs pourvoyeurs de tournées et leur biture progressive, celle qui délie doucement les langues et stimule l’imagination.
Pour ne pas se retrouver en reste, l’ami Yves Rognes, pas encore remonté dans son ermitage psychédélique de montagne, juge le moment venu de placer la sienne.

-« A propos, vous avez vu le Secrétaire Général du Palais, celui qui fait semblant de charger le « garde du corps », enfin Benalla, quoi! Un spécimen, celui-là aussi, je vous jure! Rien que le nom, Strzoda il s’appelle, sûrement un compatriote du Père Tuszduku mais en encore plus dur à prononcer, pire que Goràn Avaltàtric dites donc… Oups, vous étiez là? Excusez moi, je n’y voyais pas malice, juste pour dire, quoi, fait il en s’adressant audit Goràn, lequel lui répond, de sa table habituelle au fond du troquet, par un hochement de tronche signifiant qu’il ne risque pas de se formaliser pour si peu… Oui, alors je vous disais donc, poursuit le camarade Yves, que le Stro…machin en question en a sorti une bonne, du style à en rajouter sur les pratiques aristocratique du Château Républicain et à alimenter, bien comme il convient, la grogne des manards en gilets jaunes. Le mec racontait son petit réveillon perso, à l’Élysée, sans doute, et pour bien faire voir le caractère cossu du raout, le « Dalmore 62 » qu’il s’était enfilé à cette occase. Juste qu’après vérification, vu que ce truc apparaît réservé aux initiés -et pour cause- la boisson en question c’est le whisky le plus cher du monde, 150 000 Euros la boutanche! Un breuvage divin, faut croire, soixante deux ans de vieillissement en futs de je ne sais quel bois précieux, bref un truc que même Jean Trentasseur, aurait du mal à se payer à la place de son Mac Ron’ habituel. Cela dit, c’est ce même Stro…truc qui a déclaré aux foules abasourdies avoir diligenté une enquête interne au Palais pour expliciter les raisons de la possession par le sieur Benalla d’un téléphone crypté…Ou bien il a trop forcé sur le Dalmore, ou bien il se fout de la gueule du monde, non? Vous en pensez quoi vous? »

-« Bon alors écoutez, attaque Maître Trentasseur en reposant d’un geste théâtral son verre de Mac Ron’ sur le zinc, maintenant je vais vous dire, moi, ce qu’il faut en penser. D’abord, en ce qui concerne Alex Benalla, son sort se trouve désormais entre les mains de la Justice. Mis en examen, ça vous va ça, tout de même! Le « petit protégé » et j’en passe des pires, s’est dores et déjà retrouvé en garde à vue! On voit mal comment la soi-disant proximité avec le Président lui aurait servi de parapluie. Laissez donc les Magistrats instruire et occupez vous plutôt des affaires du pays! Messieurs, pas plus tard qu’hier j’étais à la Salle Polyvalente, afin d’apporter ma modeste contribution au Grand Débat National. Plein de gens très bien s’y trouvaient, au moins une bonne quarantaine, qui ont pu, chacun, développer leurs idées sur l’avenir de notre République. Plein de gens mais pas un seul d’entre vous! Quand il s’agit de discourir sur tout et n’importe quoi, plutôt  n’importe quoi d’ailleurs, autour du comptoir, là on vous trouve; en revanche quand il faut se comporter en citoyen responsable, macache, plus personne, peau de balles et balais de crins, pas vrai? Croyez moi, vous en pensez ce que vous voulez, mais je préfèrerai toujours, aux spécialistes aigris de la critique acerbe et systématique, ceux qui participent à la discussion démocratique et républicaine! Vous avez l’occasion de vous faire entendre au sein du Grand Débat National et vous restez planqué derrière vos verres, alors ne venez pas vous plaindre que ça se passe en dehors de vous!

Pour tout vous dire, on le connaît bien, Jean Trentasseur, sur ce genre de coup il apparaît totalement incontournable et, au milieu d’une bande de vieux convaincus de la République En Marche, sa brillante présence constitue d’autant moins une surprise qu’il s’agit en l’occurrence de servir la soupe à Présipède, tout en lui offrant le plaisir personnel de s’écouter parler. Sauf qu’en général, dès qu’il se trouve parmi nous et qu’il l’ouvre, il en surgit toujours un pour la lui refermer sans ménagement. Cette fois ce sera le vieillardissime Blaise Sanzel, tout à fait remis de sa dernière fluxion de poitrine et gonflé à bloc par les quatre ou cinq grogs-du-sapeur qu’il vient de s’enfiler comme un conscrit de la vieille époque.

-« Eh bien, cher ami, on ne saurait vous donner tort, bien sûr, sauf que déjà, pour qu’on puisse évoquer un grand débat national, encore faudrait-il qu’il y eût une nation. Si vous en voyez une, dites le moi, ça m’intéresse mais pour ma part je n’aperçois rien qui puisse de près ou de loin y ressembler. Bien sûr il y a des types, certainement bien intentionnés, qui participent à vos petites réunions de quartier, chacun dit la sienne, ça foisonne de niaiseries et d’élucubrations bêtasses, bien sûr. Seulement, regardez les ces gens-là, vous trouvez qu’ils ont quelque chose en commun avec les olibrius qui manifestent dans les rues vêtus de jaune fluo? Avec ceux qu’on ne voit qu’à la fin des manifs quand il s’agit de foutre le feu et d’éventuellement piller les boutiques? Avec leurs petits camarades qui restent dans le quartchier pour prier à la mosquée? Avec les Bobos grassouillets qui se la coulent douce dans leurs petits univers hors du monde? Avec les Juifs, avec les Francs-Maçons, qui se débrouillent pour faire leur beurre sans avoir besoin d’aller revendiquer  quoi que ce soit dans les petites assemblées de gogos?
« Alors vous en avez tellement des catégories différentes que vous pouvez toujours vous brosser pour trouver le plus petit commun dénominateur national. Il y aurait bien sûr des questions de fond susceptibles de mettre le plus grand nombre d’accord, les problèmes liés aux conséquences de l’immigration étant de ceux-là, mais on touche aux sujets tabous, défense d’en parler, ça ne figure pas dans les thèmes choisis par ces messieurs-dames pour alimenter votre petit grand débat. Je n’en voudrais pour preuve que la réponse du Président à Brigitte Barèges, Maire de Montauban, qui lui faisait part de ses inquiétudes: plus de soixante-dix fichés S dans sa ville, des enfants qui ne parlent même plus le français, et qui lui racontait l’histoire de ce brave clandestin Algérien, lequel, non content de la voler, avait sodomisé une pauvre jeune femme de quatre-vingts ans à peine…Savez vous ce qu’il a répondu Macrounette, il a répondu: padamalgam, ne confondons pas terroristes et migrants, et il a ajouté  -si, si, je vous assure-  nous avons un projet éducatif et civique contre les discriminations!…Et il est passé à la question suivante…
« Alors vous savez, votre grand débat… »

« Sans compter, ajoute Marcel Grauburle, que si c’était pour regarder Macrouille faire son numéro pendant des heures et des heures devant une bande de clowns à rubans tricolores, c’était pas le peine qu’on aille se geler les glaouis dans la rue! Nous ce qu’on voulait, justement, avec nos gilets jaunes, c’était ne plus le voir…à croire qu’il a compris de travers…Allez Thérèse, tu nous remets la même chose? »

Je vous souhaite une bonne semaine, attention à la grippe, surtout n’oubliez pas la prévention…un bon grog… Amitiés.

Et merde pour qui ne me lira pas.

NOURATIN.

Débat de dupes

Vous en avez qui ont le sens du marketing, ce n’est pas le cas de nos amis de Macédoine avec leur nouveau nom « République de Macédoine du Nord », juste pour faire plaisir à ces pervers de Grecs… ça donne envie d’y aller, dites-donc… un peu comme les Côtes du Nord, avant qu’elles ne se rebaptisent « d’Armor » histoire d’attirer un minimum de vacanciers… et puis, d’autres c’est  le sens de l’effort qu’ils ont… eh bien, voyez vous, ainsi que le laisse entendre Présipède: pas les Gilets-Jaunes! Comme il dit à peu près, notre petit Jupiter foisonnant, « ces beaufs s’imaginent qu’on peut tout obtenir sans forcer, qu’on a tous les droits et aucun devoir! Non, bonnes gens, non, faut en chier pour arriver, déconnez pas! Croyez en ma vieille expérience de Rotschildien du dernier étage, celui dans lequel on n’entre qu’avec le code des grands-patrons. Pour réussir faut payer de sa personne! Qu’est-ce qu’ils se figurent, tous ces ploucs, qu’il suffit de se baisser pour ramasser le gros pacsif? Dans la vie, il y a deux catégories, les types bien, ceux qui marnent comme des bestiaux et les peigne-culs, juste bons à s’accoutrer en jaune-fluo pour tout casser en exigeant des trucs qu’on ne comprend même pas, tellement ils se révèlent infoutus de s’exprimer clairement, ces abrutis« .
Et qu’on ne s’avise pas de lui signaler, à Sa Gracieuse Majesté Manu, que les révoltés en question manifestent le Samedi parce que le reste du temps ils bossent. Dans ce cas, de deux choses l’une: ou bien ils ne se remuent pas suffisamment le derche, ou bien ils s’y prennent comme des manches; dans les deux cas ils feraient mieux de fermer leurs grandes gueules de corniauds et de se remettre un peu en question. Ils n’ont qu’à prendre exemple sur leurs petits camarades des Cités Sans-Cibles, tiens par exemple, ils ne défilent pas dans les rues, ceux-là, ils agissent, les difficultés ne leur font pas peur, même pas les juges et même pas la prison! Voilà! Bon, j’en rajoute un peu mais en lisant attentivement entre les lignes on découvre des non-dits qui en disent long…
En tout cas, m’objecteriez-vous, pour calmer le jeu il aurait pu trouver autre chose, Macrounette. Certes, mais vous savez il dit ce qu’il pense, le Président. D’accord il pense comme un petit bourge aussi con que prétentieux mais ça, que voulez vous, ce n’est pas sa faute, il est comme ça, ce garçon, on ne se refait pas. Et puis, après tout, fallait pas l’élire vu qu’à l’évidence on ignorait totalement à qui on avait affaire, on ne le connaissait ni d’Eve ni d’Adam; sauf que rien qu’à voir sa tronche on aurait dû se douter… à moi, par exemple, il ne m’inspirait rien qui vaille, mais vraiment rien,  et je ne suis pas plus futé qu’un autre… plutôt moins, même. Mais maintenant que le gros des troupes commence à s’en forger une idée précise, on voit bien que c’était une connerie majeure d’installer à l’Élysée ce godelureau à choix multiples. Seulement voilà, c’est fait, et vous aurez beau gueuler comme des veaux « Macron-Démission, Macron-Démission« , il lui en faudra bien plus pour lâcher son fromage!

Hé bonjour, Monsieur du Macron,
Que vous semblez joli, que vous êtes mignon,
Sans mentir, si votre verbiage,
Se rajoute à votre entourage,
Les jaunes gueux  vous chasseront à coups de pieds!
Présipède à ces mots se sent bien ennuyé,
Mais, pour garder son Élysée,
Il prend sa belle plume et son joli papier.
Une lettre aux Français c’est sympa et très classe,
« Même si ces crétins, ces ânes et ces gourdasses,
Sont à peine foutus de déchiffrer trois mots,
On s’en fout, les Télés la liront aussitôt,
Et par mon Grand Débat je rentrerai en grâce! »

J’ose espérer qu’il se fout le doigt dans l’œil! S’il compte là dessus pour se refaire la cerise, le petit polisson, il va à la désillusion. Alors, on va dire à part les vingt pour cent d’illuminés qui conservent de l’attachement pour leur bien-aimé héros de Mai 2017,  qui d’autre pourrait envisager une seconde de se prêter à une telle pantalonnade? Un « grand débat, sur les sujets choisis par l’ineffable Tête à Claques-Griveaux! Celui qui nous dit: « ah, non, pas l’IVG, pas le mariage-pour-tous, pas l’immigration, pas la peine de mort, mais tout le reste, d’accord, à condition de ne pas déborder, bien sûr: » Vous vous rendez compte, c’est ce petit trou de balle qui nous autorise, ou pas, a débattre des questions qui nous regardent au premier chef! Et ça ne dérange pas grand monde, apparemment, personne ne dit rien…je veux croire que les braves-gens n’en pensent pas moins et que personne ne donnera dans le panneau!

Il faut à tout prix lui boycotter son débat, à Présipède, que personne n’y aille et que les cahiers de doléances restent vierges, c’est la seule façon de lui dire d’aller se faire pendre ailleurs, à cet espèce d’aventurier au petit pied. Même un demi-succès lui suffirait pour s’en sortir la tête haute, à ce pignouf, ce serait juste une question de communication; avec l’appui inconditionnel des media il nous la jouerait victoire de la démocratie républicaine en marche!
Dieu merci, il a dores et déjà du plomb dans l’aile, son grand débat à la mords moi le nœud.  Entre les Maires qui n’en ont rien à foutre et l’affaire Jouanno! Sur ce dernier point, on constate avec un émerveillement teinté d’angoisse que notre Répupu avait engendré en son sein une « Commission Nationale du Débat Public« … Parfaitement! Et cette fantaisie charmante remonte à 1995, une idée de Barnier, vous savez, le type doté d’une tronche de chef de gare à la retraite qui s’occupe en ce moment de discuter du Brexit avec Theresa May. Il devait avoir un copain à placer, sans doute… Eh bien ladite petite commission poursuit, comme ça, cahin-caha, son discret bonhomme de chemin depuis vingt-quatre ans. A la louche ça nous aura coûté entre sept et dix millions d’Euros minimum -si quelqu’un possède un meilleur chiffrage, il est le bienvenu- En contrepartie, il apparaît clairement qu’à part fournir une vague occupation à quelques privilégiés de la belle Marianne, le bilan de ladite « autorité indépendante » on le cherche…perso je n’ai rien trouvé.
Bon, bref, pour en revenir, c’est l’ami Macrouille qui, au mois de Mars dernier, décida d’offrir ce joli cadeau à la belle Mme. Jouanno. Pourquoi? Allez savoir…sans doute pour ses incontestables compétences, notamment en matière de karaté, peut être aussi en raison du soutien appuyé qu’elle apporta en 2017 à la campagne macronienne… Mais bon, toujours est-il qu’en sa qualité de présidente, la dame s’apprêtait à piloter le Grand Débat en question lorsque La Lettre A publia vicieusement le montant de ses émoluments: environ 180 000 Euros bruts annuels…sans parler de ces petits à-côtés bien discrets qui font le charme des présidences de machins publics. Évidemment en période de gilets-jaunes ça la foutait plutôt mal et l’accorte quinqua sauta sur l’occase pour se débarrasser de la mission grand-débat…sans toutefois abandonner son fromage présidentiel, que nenni!  Au contraire, fit observer cette aimable personne: « comme ça, ça évitera à ma Commission de cautionner les tours de passe-passe que ne manqueront pas de combiner Manu et ses sbires, afin de magouiller à bloc les résultats de leur grosse consultation! »
Avec tout ça, si on n’a pas compris ce qu’est exactement la République Française… Un Président élu avec des arrière-plans d’une opacité charbonneuse, des commissions bidon, des traitements mirobolants, des petites combines de tous les côtés et un pauvre populo qui s’insurge sans précisément savoir ce qu’il pourrait exiger pour sortir du merdier. Au fond, le vrai problème ce serait peut être la République elle-même, non, vous ne croyez pas? Reste à envisager ce qu’on pourrait mettre à la place. L’idéal à mon humble avis: un soliveau! Comme pour les grenouilles de ce cher La Fontaine…vous mordez le topo:

Les Franchouilles se lassant
De leur chouette République,
Par leurs clameurs firent tant
Que Jospin les soumit à l’état monarchique.
Il leur tomba du ciel un roi tout pacifique...

Bon, je dis Jospin pour rigoler, ça fait belle lurette qu’il ne nous casse plus les roubignoles cet animal-là, mais « Jupin » évidemment, ce serait mal venu, on pourrait confondre avec Présipède et n’y plus rien comprendre, du coup. Cela dit, il nous faudrait, je pense, mettre au pouvoir des gens qui ne promettent rien et qui ne feront pratiquement rien, juste un peu de ménage, histoire de nous éviter le désagrément de continuer à payer pour des  ribambelles de nuisibles: Institutions Européennes, politicards véreux (pardonnez le pléonasme), assistés professionnels, racailles des banlieues et autres parasites de tout poil. Ce serait fabuleux, vous savez, et pas impossible, je vous assure, il conviendrait de bien l’expliquer pour que les types à gilets jaunes et tous ceux qui en ont marre de ce bordel républicain finissent par le comprendre… pour atteindre l’objectif, ensuite, il faudrait glisser ça dans un referendum…mais, fût il d’initiative citoyenne, ledit referendum, je reconnais que ce n’est pas gagné…en tout cas si on compte sur le « grand-débat-national » pour faire émerger ce genre de proposition, on peut toujours se brosser!

Allez, mes amis, surtout boycottez bien et passez une semaine paisible.

Et merde pour qui ne me lira pas.

NOURATIN

 

On n’est pas sorti du boxon!

Encore une année nouvelle! Je ne les compte même plus, c’est dire. Cela s’enfonce dans une banalité d’autant plus consternante que la succession des Jours de l’An fugaces se fait de plus en plus rapide au fil du temps. La dernière Épiphanie c’était Grauburle qui observait « dès qu’on commence à bouffer la galette, la Saint-Sylvestre n’est plus très loin », c’est ma foi vrai, ça! Nous l’avons dépassée à tout berzingue, la Saint-Sylvestre, et la prochaine se pointe à grandes enjambées, elle est quasiment là, tenez, pas la peine de ranger les roteuses, les cotillons et les pétards, nous ne saurions tarder à en avoir besoin. Un tour de Soleil ça se parcourt très vite, aujourd’hui. Et puis tout s’accélère, pas vrai? Le seul truc qui régresserait un peu ce serait la circulation automobile, vu que le politiquement-correct exige des vitesses de plus en plus basses pour économiser des morts…Peut être un peu aussi pour faire entrer des sous dans les caisses d’un État macronnesque, désormais aux abois après avoir balancé -en pure perte- un paquet de milliards destiné à calmer les « foules haineuses » de gueux en tenue de bord d’autoroute quand le pneu a crevé. Parce qu’en définitive, il n’a rien calmé du tout, le lâcher de lest du petit Présipède, la révolte continue de gronder sous les oripeaux fluorescents; même s’ils se révèlent moins nombreux, ceux qui continuent gardent la trajectoire initiale et nourrissent, à l’égard de notre Premier Magistrat, un ressentiment qui ne cesse de croître au fur et à mesure des déclarations à la con de l’intéressé et de ses sbires.
Il faut dire, en effet, que les hostilités se poursuivent de part et d’autre. Les Élyséens ne cessent de jeter de l’huile sur le feu, on fout Eric Drouet au trou alors qu’il n’a rien fait de répréhensible, juste pour la satisfaction d’en coincer un et de montrer où se trouve l’autorité. Et puis on envoie le petit Tête-à-Claques, alias Sourirniais, alias Griveaux, le Benjamin de ces messieurs-dames, le toutou-macronneux- inconditionnel, gloser sur les « agitateurs » fauteurs « d’insurrection« , « radicalisés, complotistes, conspirationnistes« , bref les Gilets-Jaunes, quoi! Le ramassis de racailles! Et c’est avec de petits trous de balle de cet acabit que nos gouvernants espèrent calmer le jeu. On imagine le charcutier de Mâchonville (1), le chauffeur livreur de Montauban, le maçon de Montbéliard ou la caissière d’un Carouf de banlieue, recevant en pleine poire les déclaration des petits mignons de la Répupu qui marche…vous imaginez l’effet produit?
Parce qu’il ne faut pas s’y tromper, c’est bel et bien à la révolte des « Petits Blancs » que nous assistons depuis la mi-Novembre. Même si beaucoup des manifestants du début sont rentrés dans le rang, tout le monde reste mobilisé contre cette caste ahurie de fils à papas incapables de rien capter à la mentalité du manard basique. C’est bien le même Griveaux qui évoquait naguère « les gars qui fument des clopes et qui roulent en diesel« ! Que voulez vous qu’ils y comprennent, ce bobo et son petit maître, aux beaufs un peu abrutis sur les bords des ronds-points et des manifs du Samedi? Et ces aimables petits bourges appellent au dialogue! Tu parles! Dialogue de sourds, oui, aucune chance, ça ne parle pas le même langage! Et les structures mentales formatées par Science-Pot apparaissent rigoureusement incompatibles avec les cervelles incultes finies au Ricard et à la Kronembourg, fût elle 1667!
Au bout du compte, à côté du Jupiter Présipédique, l’autre symbole éclatant du régime macrouillesque c’est désormais l’ineffable Tête à Claques, le porte blabla du Gouvernement. Il a tout pour ça, La Grive, l’air de toujours se foutre du monde, l’insulte feutrée à fleur de lèvres purpurines, la flagornerie clébarde, le passé de socialo qui caractérise l’authentique « Marcheur », celui qui a su prendre le vent au bon moment et qui s’est retrouvé tout soudain dans un costard trop large des épaules.
Du coup, à défaut de pouvoir investir un Élysée bunkerisé, c’est contre le Secrétariat d’État du Benjamin en question qu’ils ont lancé l’assaut, les affreux-méchants des artères parisiennes, pas plus tard qu’hier! Sacrée opération dites donc, en trois minutes c’était plié, un bon chariot à palettes lancé à pleine vitesse -ça va chercher dans les dix kilomètres heure, tout de même- contre la porte cochère du ministère, laquelle n’a pas manqué d’exploser en morceaux sous la violence du choc. La vache! Il a fallu l’exfiltrer en catastrophe, le petit Secrétaire d’État, « j’étais dans mon bureau en train de travailler avec mon collaborateur« …puis, un peu plus tard, rectification « …avec mon équipe« … Ah tiens, bizarre, ça s’est multiplié entre-tant…Bon, bref, la trouille de sa vie, il a ressenti, le pauvre biquet. Mais ça se remet vite, ces petites choses, quelques instants après il déclarait d’une voix qui ne tremblait plus: « ce n’est pas à moi qu’on s’en est pris, c’est à la République! » Et d’ajouter: « ils n’ont pas défoncé mon bureau mais la Maison-France! » Eh non, mon petit bonhomme, tu te fous le doigt dans l’œil jusqu’à t’en perforer le calbar, c’est bien à ta jolie personne qu’ils en voulaient. Bombe le torse mon vieux, ça y est, tu es devenu une sorte de mythe, te voilà entré dans l’histoire, voire dans la légende! La Mairie de Paris t’est promise, les Bobos vont te porter au pinacle (mais non, ça ne veut pas dire ça, voyons!) Alors, c’est-y pas magnifique, Grivette en majesté, symbole de la Macronnie en marche dérapante vers le gouffre béant du désastre annoncé? Il aurait tort de se plaindre, ce garçon, sa notoriété prend un grand coup de boost, sa fortune est faite…si les petits cochons ne le boulottent pas, bien sûr, et si les Gilets-Jaunes s’abstiennent de lui jouer le coup du père François…
Dites donc, faudrait surtout pas qu’il tombe par malheur sur le Gitan de Massy, vous savez, le champion de France des lourds-légers en 2007 et 2008… Ben oui, le boxeur de gendarmes de la Passerelle Senghor, ça y est, vous y êtes? Mince alors, le Gitan de Massy je l’ai reconnu au premier coup d’œil, à sa droite notamment, mais aussi à son jeu de jambes, une mobilité exceptionnelle, et puis la puissance, la rapidité des enchaînements, tout! Pas la peine de voir sa tronche, c’était signé! Et même Castapiane, notre fabuleux Ministre de l’Intérieur, surnommé « Le Boumian de Forcalquier », champion des Basses-Alpes d’escamotage de cartes à jouer, l’a retapissé aussi sec! « Vous ne respectez pas les règles« , qu’il lui a tweeté illico Casta diva, manière de lui rappeler qu’un pro ça ne frappe jamais l’homme à terre, s’agît-il d’un flic…en quoi il n’a pas tort le barbu, vu qu’on n’aimerait pas, reconnaissons-le, se retrouver en pâture à la grosse colère du Gitan survolté. Pour peu qu’il s’oublie il vous expédie ad patres, un cogneur de ce calibre!

L’atmosphère n’est donc pas, semble-t-il, à l’apaisement. Loin s’en faut. Et l’avenir immédiat s’annonce sous des auspices peu amènes, vu notamment les intentions affichées par nos merveilleux gouvernants. Les idées qui circulent laissent imaginer la suite. Le « Grand Débat National » avec ces fameux thèmes tout préparés, bien édulcorés comme il faut pour éviter les risques de glissade, le referendum à questions multiples, juste pour faire comme si on avait entendu le message tout en le squeezant complètement, les velléités d’alourdissement des droits de succession… Les ficelles apparaissent tellement grosses qu’elles n’échapperont pas au plus rudimentaire des péquenots de rond-point.
Or, comme je vous le disais tout à l’heure, ce sont à l’évidence les « Petits Blancs » qui se rebiffent. Et leur souci premier c’est quoi, à ces braves gens, à votre avis? Ben oui, les sous, d’accord, mais aussi et surtout ceux qui leur tondent la laine sur le dos, les riches, admettons, mais également les envahisseurs, non, vous ne croyez pas? Or, les questions relatives à l’immigration, pour dire clairement les choses, on n’en parle absolument pas. Présipède l’avait promis mais sa majorité de bobo-gauchiards refuse d’en entendre parler, circulez y a rien à voir.
Alors ça va ressembler à quoi, leur « grand débat » à la mords moi le nœud? On va discuter du sexe des anges, de la dose de proportionnelle à foutre dans les élections, du nombre des députés qu’il faut un peu baisser, ou pas… Vous pensez que ça va les brancher, ces trucs là, les révoltés du gilet? Vous l’imaginez suffisant pour leur modérer les ardeurs  un tissu de bisounourseries de cette nature? Ce serait plutôt le contraire, non? Comment voulez vous qu’ils marchent dans la combine, ces braves gens, qu’ils n’aient pas au contraire le sentiment d’être pris, encore un peu plus, pour des jambons?
Moi qui pensais que ça se calmerait, je m’étais profondément mis le doigt dans l’œil… Avec Manu et son équipe de choc, les chances de sortir du boxon apparaissent de plus en plus ténues! Un garçon si triomphalement élu voilà une poignée de mois, porté aux nues il n’y a pas si longtemps encore… Que voulez vous, c’est la démocratie qui veut ça. C’est un luxe, la démocratie, le tout c’est d’avoir les moyens de se l’offrir!

Allez, bonne année quand même, faites bien attention à vous et à bientôt si tout va bien.

Et merde pour qui ne me lira pas.

NOURATIN

(1) Personnage éminent des œuvres de ce cher Marcel E. Grancher, témoin oublié des années légères…