Alors vous savez, votre grand débat…

-« Faites gaffe, les potes, ça ne rigole pas ces temps derniers, restez bien pépères, ne vous faites pas repérer. Bon, ce que je vous dis, c’est pas un scoop, évidemment, mais il y a tout  de même des signes, vous savez, le ciel peut vous tomber sur la gueule n’importe quand, comme ça, sans trop prévenir. Tenez, par exemple Guéant, bon, okay le type n’a pas trop le nez propre, il a trempouillé dans les combines de Sarko et c’est lui qui porte le galure, on est d’accord. M’enfin tout de même, un an de taule ferme ça ressemble un peu plus à une condamnation politique qu’à de la justice sereine, non? A  côté de ça vous avez le Président de l’Assemblée Nationale qui se la pète à son perchoir, tranquille comme baptiste, royal pire qu’une Ségo à qui le perchoir en question était passé sous le bec. A côté de ça, vous avez le petit Benalla, légèrement mis en examen, mais juste ce qu’il faut pour éviter de faire du tort au big-boss, quasiment blanchi d’avance, enfin, façon de parler, quoi, circulez y a rien à voir.
– » Et puis à côté de ça, vous avez Soral. Il a fait quoi, Soral? Ben oui, il a écrit ce qu’il pensait de nos amis Israélites. Et comme il n’en pense pas du bien, alors, lui aussi, il prend un an de gnouf, ferme! Tarif unique pour nauséabonds, si vous voulez, avertissement avec frais pour les ahuris qui ne se placent pas du bon côté de l’échiquier, qui pensent tout de travers et qui l’expriment, en plus! N’oubliez pas qu’en Répupu Franchouille la liberté d’expression existe, certes, mais pour les idées comme il faut, exclusivement. Les sales fachos, les réacs, les nauséabonds, tout ça se brosse: pas de liberté pour les ennemis de la pensée conforme! Non mais des fois, vous vous croyez où? C’est le Pays des Droidlom, ici, pas celui du droit des sales connards de beaufs de mes deux à ouvrir leur claque-merde, enfin! Pour ceux-là on en viendrait presque à regretter d’avoir complètement supprimé la peine de mort, tiens! On en rêverait, tout de même, de la tronche à Soral, brandie à bout  de bras par le bourreau sur la Concorde, en face de l’Obélisque et à deux pas de l’Élysée, ce temple du bon goût à la franchouille, l’écrin velouté du petit bijou à sa Bribri! »

Ce sur quoi, incapable, contrairement au dernier cité, de bavasser bien longtemps sans mouiller un minimum la meule, il se vide son demi-pression quasiment sans respirer, le vieux Maurice. Faut dire que ce matin il fait gris, pas bien chaud, humide, un temps à foncer au bistrot pour se réchauffer un peu la glande amicale. Du coup , Derrière Napoléon fait le plein et les orateurs imbibés du Dimanche retrouvent leur tribune, leur public, leurs pourvoyeurs de tournées et leur biture progressive, celle qui délie doucement les langues et stimule l’imagination.
Pour ne pas se retrouver en reste, l’ami Yves Rognes, pas encore remonté dans son ermitage psychédélique de montagne, juge le moment venu de placer la sienne.

-« A propos, vous avez vu le Secrétaire Général du Palais, celui qui fait semblant de charger le « garde du corps », enfin Benalla, quoi! Un spécimen, celui-là aussi, je vous jure! Rien que le nom, Strzoda il s’appelle, sûrement un compatriote du Père Tuszduku mais en encore plus dur à prononcer, pire que Goràn Avaltàtric dites donc… Oups, vous étiez là? Excusez moi, je n’y voyais pas malice, juste pour dire, quoi, fait il en s’adressant audit Goràn, lequel lui répond, de sa table habituelle au fond du troquet, par un hochement de tronche signifiant qu’il ne risque pas de se formaliser pour si peu… Oui, alors je vous disais donc, poursuit le camarade Yves, que le Stro…machin en question en a sorti une bonne, du style à en rajouter sur les pratiques aristocratique du Château Républicain et à alimenter, bien comme il convient, la grogne des manards en gilets jaunes. Le mec racontait son petit réveillon perso, à l’Élysée, sans doute, et pour bien faire voir le caractère cossu du raout, le « Dalmore 62 » qu’il s’était enfilé à cette occase. Juste qu’après vérification, vu que ce truc apparaît réservé aux initiés -et pour cause- la boisson en question c’est le whisky le plus cher du monde, 150 000 Euros la boutanche! Un breuvage divin, faut croire, soixante deux ans de vieillissement en futs de je ne sais quel bois précieux, bref un truc que même Jean Trentasseur, aurait du mal à se payer à la place de son Mac Ron’ habituel. Cela dit, c’est ce même Stro…truc qui a déclaré aux foules abasourdies avoir diligenté une enquête interne au Palais pour expliciter les raisons de la possession par le sieur Benalla d’un téléphone crypté…Ou bien il a trop forcé sur le Dalmore, ou bien il se fout de la gueule du monde, non? Vous en pensez quoi vous? »

-« Bon alors écoutez, attaque Maître Trentasseur en reposant d’un geste théâtral son verre de Mac Ron’ sur le zinc, maintenant je vais vous dire, moi, ce qu’il faut en penser. D’abord, en ce qui concerne Alex Benalla, son sort se trouve désormais entre les mains de la Justice. Mis en examen, ça vous va ça, tout de même! Le « petit protégé » et j’en passe des pires, s’est dores et déjà retrouvé en garde à vue! On voit mal comment la soi-disant proximité avec le Président lui aurait servi de parapluie. Laissez donc les Magistrats instruire et occupez vous plutôt des affaires du pays! Messieurs, pas plus tard qu’hier j’étais à la Salle Polyvalente, afin d’apporter ma modeste contribution au Grand Débat National. Plein de gens très bien s’y trouvaient, au moins une bonne quarantaine, qui ont pu, chacun, développer leurs idées sur l’avenir de notre République. Plein de gens mais pas un seul d’entre vous! Quand il s’agit de discourir sur tout et n’importe quoi, plutôt  n’importe quoi d’ailleurs, autour du comptoir, là on vous trouve; en revanche quand il faut se comporter en citoyen responsable, macache, plus personne, peau de balles et balais de crins, pas vrai? Croyez moi, vous en pensez ce que vous voulez, mais je préfèrerai toujours, aux spécialistes aigris de la critique acerbe et systématique, ceux qui participent à la discussion démocratique et républicaine! Vous avez l’occasion de vous faire entendre au sein du Grand Débat National et vous restez planqué derrière vos verres, alors ne venez pas vous plaindre que ça se passe en dehors de vous!

Pour tout vous dire, on le connaît bien, Jean Trentasseur, sur ce genre de coup il apparaît totalement incontournable et, au milieu d’une bande de vieux convaincus de la République En Marche, sa brillante présence constitue d’autant moins une surprise qu’il s’agit en l’occurrence de servir la soupe à Présipède, tout en lui offrant le plaisir personnel de s’écouter parler. Sauf qu’en général, dès qu’il se trouve parmi nous et qu’il l’ouvre, il en surgit toujours un pour la lui refermer sans ménagement. Cette fois ce sera le vieillardissime Blaise Sanzel, tout à fait remis de sa dernière fluxion de poitrine et gonflé à bloc par les quatre ou cinq grogs-du-sapeur qu’il vient de s’enfiler comme un conscrit de la vieille époque.

-« Eh bien, cher ami, on ne saurait vous donner tort, bien sûr, sauf que déjà, pour qu’on puisse évoquer un grand débat national, encore faudrait-il qu’il y eût une nation. Si vous en voyez une, dites le moi, ça m’intéresse mais pour ma part je n’aperçois rien qui puisse de près ou de loin y ressembler. Bien sûr il y a des types, certainement bien intentionnés, qui participent à vos petites réunions de quartier, chacun dit la sienne, ça foisonne de niaiseries et d’élucubrations bêtasses, bien sûr. Seulement, regardez les ces gens-là, vous trouvez qu’ils ont quelque chose en commun avec les olibrius qui manifestent dans les rues vêtus de jaune fluo? Avec ceux qu’on ne voit qu’à la fin des manifs quand il s’agit de foutre le feu et d’éventuellement piller les boutiques? Avec leurs petits camarades qui restent dans le quartchier pour prier à la mosquée? Avec les Bobos grassouillets qui se la coulent douce dans leurs petits univers hors du monde? Avec les Juifs, avec les Francs-Maçons, qui se débrouillent pour faire leur beurre sans avoir besoin d’aller revendiquer  quoi que ce soit dans les petites assemblées de gogos?
« Alors vous en avez tellement des catégories différentes que vous pouvez toujours vous brosser pour trouver le plus petit commun dénominateur national. Il y aurait bien sûr des questions de fond susceptibles de mettre le plus grand nombre d’accord, les problèmes liés aux conséquences de l’immigration étant de ceux-là, mais on touche aux sujets tabous, défense d’en parler, ça ne figure pas dans les thèmes choisis par ces messieurs-dames pour alimenter votre petit grand débat. Je n’en voudrais pour preuve que la réponse du Président à Brigitte Barèges, Maire de Montauban, qui lui faisait part de ses inquiétudes: plus de soixante-dix fichés S dans sa ville, des enfants qui ne parlent même plus le français, et qui lui racontait l’histoire de ce brave clandestin Algérien, lequel, non content de la voler, avait sodomisé une pauvre jeune femme de quatre-vingts ans à peine…Savez vous ce qu’il a répondu Macrounette, il a répondu: padamalgam, ne confondons pas terroristes et migrants, et il a ajouté  -si, si, je vous assure-  nous avons un projet éducatif et civique contre les discriminations!…Et il est passé à la question suivante…
« Alors vous savez, votre grand débat… »

« Sans compter, ajoute Marcel Grauburle, que si c’était pour regarder Macrouille faire son numéro pendant des heures et des heures devant une bande de clowns à rubans tricolores, c’était pas le peine qu’on aille se geler les glaouis dans la rue! Nous ce qu’on voulait, justement, avec nos gilets jaunes, c’était ne plus le voir…à croire qu’il a compris de travers…Allez Thérèse, tu nous remets la même chose? »

Je vous souhaite une bonne semaine, attention à la grippe, surtout n’oubliez pas la prévention…un bon grog… Amitiés.

Et merde pour qui ne me lira pas.

NOURATIN.

Publicités

Débat de dupes

Vous en avez qui ont le sens du marketing, ce n’est pas le cas de nos amis de Macédoine avec leur nouveau nom « République de Macédoine du Nord », juste pour faire plaisir à ces pervers de Grecs… ça donne envie d’y aller, dites-donc… un peu comme les Côtes du Nord, avant qu’elles ne se rebaptisent « d’Armor » histoire d’attirer un minimum de vacanciers… et puis, d’autres c’est  le sens de l’effort qu’ils ont… eh bien, voyez vous, ainsi que le laisse entendre Présipède: pas les Gilets-Jaunes! Comme il dit à peu près, notre petit Jupiter foisonnant, « ces beaufs s’imaginent qu’on peut tout obtenir sans forcer, qu’on a tous les droits et aucun devoir! Non, bonnes gens, non, faut en chier pour arriver, déconnez pas! Croyez en ma vieille expérience de Rotschildien du dernier étage, celui dans lequel on n’entre qu’avec le code des grands-patrons. Pour réussir faut payer de sa personne! Qu’est-ce qu’ils se figurent, tous ces ploucs, qu’il suffit de se baisser pour ramasser le gros pacsif? Dans la vie, il y a deux catégories, les types bien, ceux qui marnent comme des bestiaux et les peigne-culs, juste bons à s’accoutrer en jaune-fluo pour tout casser en exigeant des trucs qu’on ne comprend même pas, tellement ils se révèlent infoutus de s’exprimer clairement, ces abrutis« .
Et qu’on ne s’avise pas de lui signaler, à Sa Gracieuse Majesté Manu, que les révoltés en question manifestent le Samedi parce que le reste du temps ils bossent. Dans ce cas, de deux choses l’une: ou bien ils ne se remuent pas suffisamment le derche, ou bien ils s’y prennent comme des manches; dans les deux cas ils feraient mieux de fermer leurs grandes gueules de corniauds et de se remettre un peu en question. Ils n’ont qu’à prendre exemple sur leurs petits camarades des Cités Sans-Cibles, tiens par exemple, ils ne défilent pas dans les rues, ceux-là, ils agissent, les difficultés ne leur font pas peur, même pas les juges et même pas la prison! Voilà! Bon, j’en rajoute un peu mais en lisant attentivement entre les lignes on découvre des non-dits qui en disent long…
En tout cas, m’objecteriez-vous, pour calmer le jeu il aurait pu trouver autre chose, Macrounette. Certes, mais vous savez il dit ce qu’il pense, le Président. D’accord il pense comme un petit bourge aussi con que prétentieux mais ça, que voulez vous, ce n’est pas sa faute, il est comme ça, ce garçon, on ne se refait pas. Et puis, après tout, fallait pas l’élire vu qu’à l’évidence on ignorait totalement à qui on avait affaire, on ne le connaissait ni d’Eve ni d’Adam; sauf que rien qu’à voir sa tronche on aurait dû se douter… à moi, par exemple, il ne m’inspirait rien qui vaille, mais vraiment rien,  et je ne suis pas plus futé qu’un autre… plutôt moins, même. Mais maintenant que le gros des troupes commence à s’en forger une idée précise, on voit bien que c’était une connerie majeure d’installer à l’Élysée ce godelureau à choix multiples. Seulement voilà, c’est fait, et vous aurez beau gueuler comme des veaux « Macron-Démission, Macron-Démission« , il lui en faudra bien plus pour lâcher son fromage!

Hé bonjour, Monsieur du Macron,
Que vous semblez joli, que vous êtes mignon,
Sans mentir, si votre verbiage,
Se rajoute à votre entourage,
Les jaunes gueux  vous chasseront à coups de pieds!
Présipède à ces mots se sent bien ennuyé,
Mais, pour garder son Élysée,
Il prend sa belle plume et son joli papier.
Une lettre aux Français c’est sympa et très classe,
« Même si ces crétins, ces ânes et ces gourdasses,
Sont à peine foutus de déchiffrer trois mots,
On s’en fout, les Télés la liront aussitôt,
Et par mon Grand Débat je rentrerai en grâce! »

J’ose espérer qu’il se fout le doigt dans l’œil! S’il compte là dessus pour se refaire la cerise, le petit polisson, il va à la désillusion. Alors, on va dire à part les vingt pour cent d’illuminés qui conservent de l’attachement pour leur bien-aimé héros de Mai 2017,  qui d’autre pourrait envisager une seconde de se prêter à une telle pantalonnade? Un « grand débat, sur les sujets choisis par l’ineffable Tête à Claques-Griveaux! Celui qui nous dit: « ah, non, pas l’IVG, pas le mariage-pour-tous, pas l’immigration, pas la peine de mort, mais tout le reste, d’accord, à condition de ne pas déborder, bien sûr: » Vous vous rendez compte, c’est ce petit trou de balle qui nous autorise, ou pas, a débattre des questions qui nous regardent au premier chef! Et ça ne dérange pas grand monde, apparemment, personne ne dit rien…je veux croire que les braves-gens n’en pensent pas moins et que personne ne donnera dans le panneau!

Il faut à tout prix lui boycotter son débat, à Présipède, que personne n’y aille et que les cahiers de doléances restent vierges, c’est la seule façon de lui dire d’aller se faire pendre ailleurs, à cet espèce d’aventurier au petit pied. Même un demi-succès lui suffirait pour s’en sortir la tête haute, à ce pignouf, ce serait juste une question de communication; avec l’appui inconditionnel des media il nous la jouerait victoire de la démocratie républicaine en marche!
Dieu merci, il a dores et déjà du plomb dans l’aile, son grand débat à la mords moi le nœud.  Entre les Maires qui n’en ont rien à foutre et l’affaire Jouanno! Sur ce dernier point, on constate avec un émerveillement teinté d’angoisse que notre Répupu avait engendré en son sein une « Commission Nationale du Débat Public« … Parfaitement! Et cette fantaisie charmante remonte à 1995, une idée de Barnier, vous savez, le type doté d’une tronche de chef de gare à la retraite qui s’occupe en ce moment de discuter du Brexit avec Theresa May. Il devait avoir un copain à placer, sans doute… Eh bien ladite petite commission poursuit, comme ça, cahin-caha, son discret bonhomme de chemin depuis vingt-quatre ans. A la louche ça nous aura coûté entre sept et dix millions d’Euros minimum -si quelqu’un possède un meilleur chiffrage, il est le bienvenu- En contrepartie, il apparaît clairement qu’à part fournir une vague occupation à quelques privilégiés de la belle Marianne, le bilan de ladite « autorité indépendante » on le cherche…perso je n’ai rien trouvé.
Bon, bref, pour en revenir, c’est l’ami Macrouille qui, au mois de Mars dernier, décida d’offrir ce joli cadeau à la belle Mme. Jouanno. Pourquoi? Allez savoir…sans doute pour ses incontestables compétences, notamment en matière de karaté, peut être aussi en raison du soutien appuyé qu’elle apporta en 2017 à la campagne macronienne… Mais bon, toujours est-il qu’en sa qualité de présidente, la dame s’apprêtait à piloter le Grand Débat en question lorsque La Lettre A publia vicieusement le montant de ses émoluments: environ 180 000 Euros bruts annuels…sans parler de ces petits à-côtés bien discrets qui font le charme des présidences de machins publics. Évidemment en période de gilets-jaunes ça la foutait plutôt mal et l’accorte quinqua sauta sur l’occase pour se débarrasser de la mission grand-débat…sans toutefois abandonner son fromage présidentiel, que nenni!  Au contraire, fit observer cette aimable personne: « comme ça, ça évitera à ma Commission de cautionner les tours de passe-passe que ne manqueront pas de combiner Manu et ses sbires, afin de magouiller à bloc les résultats de leur grosse consultation! »
Avec tout ça, si on n’a pas compris ce qu’est exactement la République Française… Un Président élu avec des arrière-plans d’une opacité charbonneuse, des commissions bidon, des traitements mirobolants, des petites combines de tous les côtés et un pauvre populo qui s’insurge sans précisément savoir ce qu’il pourrait exiger pour sortir du merdier. Au fond, le vrai problème ce serait peut être la République elle-même, non, vous ne croyez pas? Reste à envisager ce qu’on pourrait mettre à la place. L’idéal à mon humble avis: un soliveau! Comme pour les grenouilles de ce cher La Fontaine…vous mordez le topo:

Les Franchouilles se lassant
De leur chouette République,
Par leurs clameurs firent tant
Que Jospin les soumit à l’état monarchique.
Il leur tomba du ciel un roi tout pacifique...

Bon, je dis Jospin pour rigoler, ça fait belle lurette qu’il ne nous casse plus les roubignoles cet animal-là, mais « Jupin » évidemment, ce serait mal venu, on pourrait confondre avec Présipède et n’y plus rien comprendre, du coup. Cela dit, il nous faudrait, je pense, mettre au pouvoir des gens qui ne promettent rien et qui ne feront pratiquement rien, juste un peu de ménage, histoire de nous éviter le désagrément de continuer à payer pour des  ribambelles de nuisibles: Institutions Européennes, politicards véreux (pardonnez le pléonasme), assistés professionnels, racailles des banlieues et autres parasites de tout poil. Ce serait fabuleux, vous savez, et pas impossible, je vous assure, il conviendrait de bien l’expliquer pour que les types à gilets jaunes et tous ceux qui en ont marre de ce bordel républicain finissent par le comprendre… pour atteindre l’objectif, ensuite, il faudrait glisser ça dans un referendum…mais, fût il d’initiative citoyenne, ledit referendum, je reconnais que ce n’est pas gagné…en tout cas si on compte sur le « grand-débat-national » pour faire émerger ce genre de proposition, on peut toujours se brosser!

Allez, mes amis, surtout boycottez bien et passez une semaine paisible.

Et merde pour qui ne me lira pas.

NOURATIN

 

On n’est pas sorti du boxon!

Encore une année nouvelle! Je ne les compte même plus, c’est dire. Cela s’enfonce dans une banalité d’autant plus consternante que la succession des Jours de l’An fugaces se fait de plus en plus rapide au fil du temps. La dernière Épiphanie c’était Grauburle qui observait « dès qu’on commence à bouffer la galette, la Saint-Sylvestre n’est plus très loin », c’est ma foi vrai, ça! Nous l’avons dépassée à tout berzingue, la Saint-Sylvestre, et la prochaine se pointe à grandes enjambées, elle est quasiment là, tenez, pas la peine de ranger les roteuses, les cotillons et les pétards, nous ne saurions tarder à en avoir besoin. Un tour de Soleil ça se parcourt très vite, aujourd’hui. Et puis tout s’accélère, pas vrai? Le seul truc qui régresserait un peu ce serait la circulation automobile, vu que le politiquement-correct exige des vitesses de plus en plus basses pour économiser des morts…Peut être un peu aussi pour faire entrer des sous dans les caisses d’un État macronnesque, désormais aux abois après avoir balancé -en pure perte- un paquet de milliards destiné à calmer les « foules haineuses » de gueux en tenue de bord d’autoroute quand le pneu a crevé. Parce qu’en définitive, il n’a rien calmé du tout, le lâcher de lest du petit Présipède, la révolte continue de gronder sous les oripeaux fluorescents; même s’ils se révèlent moins nombreux, ceux qui continuent gardent la trajectoire initiale et nourrissent, à l’égard de notre Premier Magistrat, un ressentiment qui ne cesse de croître au fur et à mesure des déclarations à la con de l’intéressé et de ses sbires.
Il faut dire, en effet, que les hostilités se poursuivent de part et d’autre. Les Élyséens ne cessent de jeter de l’huile sur le feu, on fout Eric Drouet au trou alors qu’il n’a rien fait de répréhensible, juste pour la satisfaction d’en coincer un et de montrer où se trouve l’autorité. Et puis on envoie le petit Tête-à-Claques, alias Sourirniais, alias Griveaux, le Benjamin de ces messieurs-dames, le toutou-macronneux- inconditionnel, gloser sur les « agitateurs » fauteurs « d’insurrection« , « radicalisés, complotistes, conspirationnistes« , bref les Gilets-Jaunes, quoi! Le ramassis de racailles! Et c’est avec de petits trous de balle de cet acabit que nos gouvernants espèrent calmer le jeu. On imagine le charcutier de Mâchonville (1), le chauffeur livreur de Montauban, le maçon de Montbéliard ou la caissière d’un Carouf de banlieue, recevant en pleine poire les déclaration des petits mignons de la Répupu qui marche…vous imaginez l’effet produit?
Parce qu’il ne faut pas s’y tromper, c’est bel et bien à la révolte des « Petits Blancs » que nous assistons depuis la mi-Novembre. Même si beaucoup des manifestants du début sont rentrés dans le rang, tout le monde reste mobilisé contre cette caste ahurie de fils à papas incapables de rien capter à la mentalité du manard basique. C’est bien le même Griveaux qui évoquait naguère « les gars qui fument des clopes et qui roulent en diesel« ! Que voulez vous qu’ils y comprennent, ce bobo et son petit maître, aux beaufs un peu abrutis sur les bords des ronds-points et des manifs du Samedi? Et ces aimables petits bourges appellent au dialogue! Tu parles! Dialogue de sourds, oui, aucune chance, ça ne parle pas le même langage! Et les structures mentales formatées par Science-Pot apparaissent rigoureusement incompatibles avec les cervelles incultes finies au Ricard et à la Kronembourg, fût elle 1667!
Au bout du compte, à côté du Jupiter Présipédique, l’autre symbole éclatant du régime macrouillesque c’est désormais l’ineffable Tête à Claques, le porte blabla du Gouvernement. Il a tout pour ça, La Grive, l’air de toujours se foutre du monde, l’insulte feutrée à fleur de lèvres purpurines, la flagornerie clébarde, le passé de socialo qui caractérise l’authentique « Marcheur », celui qui a su prendre le vent au bon moment et qui s’est retrouvé tout soudain dans un costard trop large des épaules.
Du coup, à défaut de pouvoir investir un Élysée bunkerisé, c’est contre le Secrétariat d’État du Benjamin en question qu’ils ont lancé l’assaut, les affreux-méchants des artères parisiennes, pas plus tard qu’hier! Sacrée opération dites donc, en trois minutes c’était plié, un bon chariot à palettes lancé à pleine vitesse -ça va chercher dans les dix kilomètres heure, tout de même- contre la porte cochère du ministère, laquelle n’a pas manqué d’exploser en morceaux sous la violence du choc. La vache! Il a fallu l’exfiltrer en catastrophe, le petit Secrétaire d’État, « j’étais dans mon bureau en train de travailler avec mon collaborateur« …puis, un peu plus tard, rectification « …avec mon équipe« … Ah tiens, bizarre, ça s’est multiplié entre-tant…Bon, bref, la trouille de sa vie, il a ressenti, le pauvre biquet. Mais ça se remet vite, ces petites choses, quelques instants après il déclarait d’une voix qui ne tremblait plus: « ce n’est pas à moi qu’on s’en est pris, c’est à la République! » Et d’ajouter: « ils n’ont pas défoncé mon bureau mais la Maison-France! » Eh non, mon petit bonhomme, tu te fous le doigt dans l’œil jusqu’à t’en perforer le calbar, c’est bien à ta jolie personne qu’ils en voulaient. Bombe le torse mon vieux, ça y est, tu es devenu une sorte de mythe, te voilà entré dans l’histoire, voire dans la légende! La Mairie de Paris t’est promise, les Bobos vont te porter au pinacle (mais non, ça ne veut pas dire ça, voyons!) Alors, c’est-y pas magnifique, Grivette en majesté, symbole de la Macronnie en marche dérapante vers le gouffre béant du désastre annoncé? Il aurait tort de se plaindre, ce garçon, sa notoriété prend un grand coup de boost, sa fortune est faite…si les petits cochons ne le boulottent pas, bien sûr, et si les Gilets-Jaunes s’abstiennent de lui jouer le coup du père François…
Dites donc, faudrait surtout pas qu’il tombe par malheur sur le Gitan de Massy, vous savez, le champion de France des lourds-légers en 2007 et 2008… Ben oui, le boxeur de gendarmes de la Passerelle Senghor, ça y est, vous y êtes? Mince alors, le Gitan de Massy je l’ai reconnu au premier coup d’œil, à sa droite notamment, mais aussi à son jeu de jambes, une mobilité exceptionnelle, et puis la puissance, la rapidité des enchaînements, tout! Pas la peine de voir sa tronche, c’était signé! Et même Castapiane, notre fabuleux Ministre de l’Intérieur, surnommé « Le Boumian de Forcalquier », champion des Basses-Alpes d’escamotage de cartes à jouer, l’a retapissé aussi sec! « Vous ne respectez pas les règles« , qu’il lui a tweeté illico Casta diva, manière de lui rappeler qu’un pro ça ne frappe jamais l’homme à terre, s’agît-il d’un flic…en quoi il n’a pas tort le barbu, vu qu’on n’aimerait pas, reconnaissons-le, se retrouver en pâture à la grosse colère du Gitan survolté. Pour peu qu’il s’oublie il vous expédie ad patres, un cogneur de ce calibre!

L’atmosphère n’est donc pas, semble-t-il, à l’apaisement. Loin s’en faut. Et l’avenir immédiat s’annonce sous des auspices peu amènes, vu notamment les intentions affichées par nos merveilleux gouvernants. Les idées qui circulent laissent imaginer la suite. Le « Grand Débat National » avec ces fameux thèmes tout préparés, bien édulcorés comme il faut pour éviter les risques de glissade, le referendum à questions multiples, juste pour faire comme si on avait entendu le message tout en le squeezant complètement, les velléités d’alourdissement des droits de succession… Les ficelles apparaissent tellement grosses qu’elles n’échapperont pas au plus rudimentaire des péquenots de rond-point.
Or, comme je vous le disais tout à l’heure, ce sont à l’évidence les « Petits Blancs » qui se rebiffent. Et leur souci premier c’est quoi, à ces braves gens, à votre avis? Ben oui, les sous, d’accord, mais aussi et surtout ceux qui leur tondent la laine sur le dos, les riches, admettons, mais également les envahisseurs, non, vous ne croyez pas? Or, les questions relatives à l’immigration, pour dire clairement les choses, on n’en parle absolument pas. Présipède l’avait promis mais sa majorité de bobo-gauchiards refuse d’en entendre parler, circulez y a rien à voir.
Alors ça va ressembler à quoi, leur « grand débat » à la mords moi le nœud? On va discuter du sexe des anges, de la dose de proportionnelle à foutre dans les élections, du nombre des députés qu’il faut un peu baisser, ou pas… Vous pensez que ça va les brancher, ces trucs là, les révoltés du gilet? Vous l’imaginez suffisant pour leur modérer les ardeurs  un tissu de bisounourseries de cette nature? Ce serait plutôt le contraire, non? Comment voulez vous qu’ils marchent dans la combine, ces braves gens, qu’ils n’aient pas au contraire le sentiment d’être pris, encore un peu plus, pour des jambons?
Moi qui pensais que ça se calmerait, je m’étais profondément mis le doigt dans l’œil… Avec Manu et son équipe de choc, les chances de sortir du boxon apparaissent de plus en plus ténues! Un garçon si triomphalement élu voilà une poignée de mois, porté aux nues il n’y a pas si longtemps encore… Que voulez vous, c’est la démocratie qui veut ça. C’est un luxe, la démocratie, le tout c’est d’avoir les moyens de se l’offrir!

Allez, bonne année quand même, faites bien attention à vous et à bientôt si tout va bien.

Et merde pour qui ne me lira pas.

NOURATIN

(1) Personnage éminent des œuvres de ce cher Marcel E. Grancher, témoin oublié des années légères…

Dernière de l’année!

Elle n’en finit plus de finir, cette année 2018. Voilà déjà une bonne quinzaine qu’on s’y prépare DERRIERE NAPOLEON, car les festivités pressenties appellent irrésistiblement la tournée prévisionnelle. Celle-ci, là, tout de suite, incombe à ce cher vieil Yves Rognes, descendu exprès de Trounaze pour fêter dans l’intimité copinière les bientôt-quatre-vingt balais qui lui pendent au nez en 2019. Ce sera l’année des ex-bambins nés juste avant la guerre, les enfants de l’occupation, ceux qui ont souffert les privations, les saloperies en tout genre de la collaboration pétaino-lavalloise, tout une classe d’âge sacrifiée, bien sûr… Quoique… à bien y regarder ils auraient plutôt bien supporté tout ça, les octogénaires de l’an qui arrive, l’ami Yves comme tous nos potes de cet âge-là. Plutôt en forme, non, les bébés de l’occupation, ne trouvez vous pas? Sans vouloir en aucune façon faire du mauvais esprit, je dirais presque que la Répupu leur a fait plus de tort en les envoyant, plein d’années après, se faire zigouiller en Algérie, que le Maréchal en refilant leur lait nourricier aux Boches…il avait dû leur en garder un petit peu en douce, le vieux malfaisant.
Donc, vous disais-je, l’ami Yves nous revient de Trounaze avec sa provision habituelle d’herbes diverses et de champignons variés. Bon, du moment qu’on peut tranquillement se bourrer la gueule au Champagne, nous autres ça ne nous dérange absolument pas. Seule Thérèse, connaissant le zigomar, lui a renouvelé sa recommandation: c’est un troquet non-fumeur, voilà tout.
Quant à Marcel Grauburle, lui, bien content de voir revenir notre ami de la montagne, son souci premier consiste à le mettre au parfum des derniers évènements. Sa propre participation active au mouvement des « Gilets-Jaunes » constituant le point d’orgue des hauts faits lui paraissant devoir faire l’objet d’un exposé circonstancié.
-« Alors tu vois, ma vieille, on a participé à la révolution avec Jeannot. Même qu’à un moment donné on a failli s’en prendre plein la gueule par les flics: quand il a sorti la rosette de sa poche (1) Foupallour, histoire d’en grignoter un petit bout pour tromper la faim; de loin ils ont confondu avec je ne sais trop quelle arme, les CRS! Du coup ils se sont mis à nous charger, ces andouilles, sauf qu’arrivés à notre hauteur ils ont vu, à la fois le saucisson et la gueule de son proprio; ça les a rassurés et calmés. Du coup ils se sont bornés à confisquer l’objet du délit, ces enfoirés! »
-« Ouais, même qu’on n’a jamais réussi à la récupérer, la rosette, intervient Jean Foupallour visiblement indigné, il ont dû la bouffer, ces tantes…faut dire aussi qu’ils manquent de tout, les pauvres condés, sans parler de la fatigue…un sauciflard de cette qualité y-z’ont pas pu résister, qu’est-ce que vous voulez, c’est humain! Du coup j’ai même pas porté plainte. Pourtant c’est pas donné, aujourd’hui le pur-porc label rouge…enfin heureusement qu’on a obtenu des trucs grâce aux gilets. Il a lâché du lest, le Macrounnet, même qu’on sera remboursés un jour ou l’autre du pognon qu’il nous avait piqué… enfin plutôt l’autre, de jour… j’ai quand même dû faire l’avance au charcutier, ça tombe mal avec la fin de l’année, les étrennes, tout ça… mais bon, faut savoir composer avec les réalités, comme disait Gnafron le Gâteux, quand il  a rendu son tablier de ministre de l’intérieur pour s’échapper dare-dare du macronnisme en pleine débâcle. Quand ça part en quenouille de toutes parts, on est bien mieux à Lyon, pépère et planqué dans sa vieille mairie comme un cocu en plâtre. »
-« Toujours est-il, reprend Marcel, qu’ils n’ont pas cédé sur les quatre-vingts à l’heure, ces salauds-là, tu parles, un truc qui emmerde tout le monde, qui ne sert à rien et qui, en plus, nous coûte la peau du cul, comme j’ai vu dans le journal à Germaine…oui, elle lit un torchon bien spécial, un baveux pour gonzesses au foyer, mais bien, quand même, intéressant, quoi, surtout sur le plan recettes de cuisine pas chères… le titre me vient plus, là tout de suite…Gourde Hebdo ou peut être Connasse Magazine… enfin je sais plus, un nom comme ça en tout cas. Bref, comme disait Pépin, c’est pour vous dire comment ils expliquent la baisure, dans le papier en question. Alors voila: en gros ça va économiser cent morts au grand maximum…vous me direz pour les intéressés c’est vachement bien mais question économie ça représente à peine six-cents millions, vous voyez; par contre, rien que le temps perdu y en a pour trois cents millions d’heures, parfaitement! Et à quatorze Euros de l’heure on se retrouve à quatre milliards deux cent millions…moins les six-cents des pas morts, il en reste encore trois virgule six. Si vous prenez en compte le pognon des radars installés pour niquer l’automobiliste et qui ont tous été dézingués par les Gilets-Jaunes -vu qu’y a rien de plus vulnérable qu’un pauvre radar isolé en rase campagne- vous frisez les quatre milliards, voilà! Maintenant moi ce que j’en dis c’est pour le principe, vu que ma 4L, les quatre vingts bornes, elle les dépasse pas, même qu’elle a du mal à y arriver… »
Ce sur quoi il s’envoie une super-lampée de roteux, histoire de se refroidir l’unité-centrale…après une démonstration pareille, on imagine la surchauffe des circuits, dites-donc, impressionnant!

Et c’est le vieux Maurice qui saisit l’occase au vol pour reprendre le crachoir.
-« Bel effort, Marcel, tu nous la cisaille au ras des moustaches, dis donc! Par contre l’ami Présipède, lui, son souci ça reste quand même de choper du bon temps. Moi, je me demande comment il s’y prend pour descendre à Saint-Trop’, comme ça, au pied levé. M’étonnerait qu’il s’embarque dans les transports longs, c’est pas le mec à cramer un jour aller-un jour retour pour faire le trajet en bagnole avec Bribri, non? Pareil pour le train, ça se saurait s’il embarquait dans le TGV comme Hollandouille en début de mandat (après il avait arrêté, le pauvre corniaud, vu qu’au bout du compte il perdait plein de temps tout en passant encore plus pour un clown). Non, à mon avis Macrouille, il doit affréter un jet privé pour Hyères, vu que le gros Airbus présidentiel, pour passer inaperçu y a mieux, et ensuite hélico jusqu’à destination. L’aller-retour ça doit aller chercher dans les combien, ça? Vous auriez une idée, vous? »
-« Bof, à tout péter y en a pour trente-mille balles, reprend Foupallour, toujours prompt à se masturber le smartphone, si ça se trouve il peut même avoir des prix, vu sa situation! Un peu plus de deux ans de smic, en somme, pas de quoi fouetter un chat, pas vrai? »
-« Sans compter que, dans le fond, c’est son ami Bernard Arnauld qui l’a convié, glisse furtivement Blaise Sanzel entre deux quintes de toux -vu que la pauvre vieux s’est chopé la crève et qu’il risque bien d’y passer, pour le coup- vous savez, ajoute-t-il dans un souffle, avec les milliards qu’il lui a fait gagner cette année, le petit Manu, il peut largement lui offrir le voyage, ce brave richissime Tropézien…bon, évidemment, les pauvres ploucs des ronds-points pourraient s’en offusquer, mais, que voulez vous, des invitations aussi sympathiques, ça ne se refuse pas. »
-« Et puis, faut qu’il prenne des forces, le petit bonhomme, reprend Maurice, rien qu’avec l’histoire des passeports diplomatiques de son petit protégé Benalla akbar -sans parler de tout le reste- j’ai comme une idée que la rentrée sera rude, du côté de l’Élysée! »

Et là dessus, bien sûr, nous voilà parti pour quelques tournées encore. Que voulez vous, le dernier Dimanche d’une année pareille ne saurait s’en aller sans de joyeuses libations qui nous feront un instant oublier les emmerdes d’une existence de plus en plus grisâtre. Entre l’âge qui se fait vachement pesant, suivant en cela le mouvement des impôts et taxes innombrables, lesquels nous écrabouillent la gueule sans pitié, et l’impression de plus en plus prégnante d’une invasion dont la constante progression saute aux yeux comme un gilet-jaune sur un flic à moto, tout se rejoint pour laisser présager une année 2019 aussi accueillante que la fosse à purin des copains d’Yves Rognes, à Trounaze. Alors une bonne petite cuite de fin Décembre, ce sera toujours ça que les Djihadistes n’auront pas!

Finissez bien celle-ci et commencez l’autre encore mieux si possible.
Bonne année 2019 quand même à vous tous, faut y croire…

Et merde pour qui ne me lira pas.

NOURATIN

 

(1) Par précaution Jean Foupallour qui habite les quartiers suburbains, porte toujours un saucisson de Lyon dans la poche intérieure de cette sorte de serpillière avachie qui lui sert de veste…par précaution, histoire de mettre l’agresseur éventuel en fuite (voir « Derrière Napoléon Chapitre VIII).

14 Milliards en balade!

Diable, nous y voilà! Cinquante et unième tissu de billevesées pour cette année 2018! L’avant dernier, en somme…peut être même le dernier, allez savoir… comme nous l’observions la semaine dernière, le vieillard apparaît comme une petite bricole fragile, un fétu (de paille, m’enfin, pas un fœtus, c’est le contraire!), un bibelot moche, poussiéreux et inutile susceptible de se casser au moindre choc…quid est homo, quolibet quassu vas, quolibet fragile jactatu?… (1) Cela dit, ne vous y fiez pas trop, la probabilité que votre serviteur calanche de façon naturelle d’ici la fin de l’année frise le zéro pointé, au vu d’analyses biologiques frisant, elles, la perfection. Mais comme je n’ai pas pour habitude de claironner mon bulletin de santé, je vous prie de bien vouloir considérer cela comme une simple information de nature à atténuer un propos dont le pessimisme un peu brutal pourrait vous conduire à changer de crèmerie blogueuse, ce qu’à Dieu ne plaise.

Cela dit, nous finissons une semaine pas très glorieuse, sans rien de vraiment saillant, sinon peut être l’adoption par les deux Chambres, à toutes blindes et sans respirer, des textes légalisant les promesses démago-macronnesques pour amadouer les insurgés en jaune. Alors que l’adoption de la moindre loi exige toujours des tas de semaines, émaillées de milliers d’amendements assortis de péroraisons politicardes à n’en plus finir, là, hop, en quarante-huit heures c’était plié!… Ils crèvent tous de trouille, on dirait, non? Parce que la Répupu leur assure leurs fromages respectifs -et d’ailleurs respectables puisque démocratiquement affinés- lesquels pourraient bien se dissoudre dans le bordel généralisé en cas de transmutation de la révolte des Six-Paille, enfin des Jaunes-Paille, en Révolution Franchouille new-age . On se souvient des parlements de l’Ancien Régime, pleins de morgue et de suffisance sous le pauvre Louis XVI, et dont la disparition totale et définitive après les évènements de 89, n’avait rencontré qu’une absolue indifférence. Donc, vite, vite, on se grouille de le lâcher, le lest à Présipède, des fois que ça finisse tout de même par calmer le jeu. Les gueux vont prendre une pincée de pognon au passage, c’est ce qu’ils veulent, donc ça devrait le faire, avec un peu de pot. Et là, comme ça, on va pouvoir passer les fêtes sereinement, dans la circonscription, pour les plus consciencieux, dans les beaux arrondissements parisiens pour les mieux pourvus et sous des cieux tropicaux autant que paradisiaques, pour ceux qui ont besoin de décompresser un max dans la perspective d’une rentrée parlementaire qui promet tout de même un certain grabuge. En tout cas c’est ce qu’ils espèrent, tous, parce qu’une situation démocratiquement acquise, fût-elle assise sur la Constitution de la Cinquième, ça reste toujours précaire quand le populo se met pour de bon à foutre la grosse panique. Et je pense, pour ma part qu’ils voient juste, tous ces politicards, parce que les braves-gens ont obtenu quelque chose. Comme ils n’espéraient, somme toute, rien de précis, cela devrait suffire à les faire rentrer rapidos dans leurs charentaises. Ne resteront plus alors que les acharnés, les types qui exigent la peau de Macrouille, les hard-gauchiards révolutionnaires et les petits « jeunes » des banlieues, toujours prêts à venir en fin de manif, pour ajouter leur petite touche primesautière à la grosse castagne anti-forcedelordres…avec si possible un joli butin à la clé.

Cela dit, attention: hier nous avons vu de très vilaines choses, de celles qui évoquent les Heures-Les-Plus-Sombres, vous savez, des horreurs racistes et antisémites, oui, je vous assure! Une vingtaine de clampins en gilet qui chantaient -faux- « La Quenelle », avec geste à l’appui, sur les marches du Sacré-Cœur! Et des Ch’tis bourrés comme des cochons qui hurlaient « on est chez nous-on est chez nous » du côté de Lille! Absolument! Vous vous rendez compte!
A tel point que Tête à Claques, le porte-chose…parole, je crois, du Gouvernement…mais oui, vous savez bien, Griveaux enfin, le petit morveux au sourire mi-niais-mi-narquois qui ambitionne de piquer sa place à la Merde Paris …pour le coup ce serait plutôt mal barré avec tout ça… je vous disait donc que le freluquet en question tweeta dès hier soir:
« on » lynche des policiers, « on » chante la quenelle à Montmartre, « on » reprend les codes des années trente pour renverser la République, « on » décapite l’effigie du président. Derrière ces « on », un seul visage, lâche, raciste, antisémite, putschiste!
Alors, hein, vous en pensez quoi vous, de ces « on » griveautesques? Ben oui, bien sûr, ça tombe sous le sens, c’est signé: l’extrême-droite, pas vrai, la peste brune, l’horreur nazie, voilà ce que c’est devenu, le mouvement des Gilets Jaunes! Le retour des Croix de Feu, les nostalgiques de Pétain et de Laval, les Vendéens, les Frontistes, pire: les Identitaires! Plus méchant encore que l’extrême ou l’ultra nous avons affaires à la Droite Radicalisée… Mais non, voyons! Pas les Radicaux de Droite, qu’est-ce que vous allez chercher-là, les pauvres Radicaux-Valoisiens, des ventre-mous exemplaires, bien-pensants comme pas possible et maçonniques à bloc! Excusez moi mais là on parle sérieusement! La Droite Radicale, les fachos sanglants, les héritiers de Goebbels et de Mussolini, les amis de Pinochet, les admirateurs de Salvini et de Trump, les ordures plus ordurières que tout ce que le Républicain moyen imaginerait dans ses cauchemars les plus déments!
En quelques mots lapidaires le petit trouduc réussit a décrire parfaitement l’ennemi résiduel en jaune fluo: un sale facho-réac, émule du sieur Dieudonné M’Bala M’Bala, mais aussi un véritable Ku Klux Klan lyncheur potentiel de noirs et de maghrébins…sans parler de l’horreur totale qui consiste à décapiter Présipède en effigie, avec la hache et le sang qui gicle, pour vous dire le souci du détail, tellement chiadé qu’on y aurait presque cru…même qu’après ils y ont foutu le feu, au mannequin Macrounette! Faire ça au Président de la Répupu, tout de même! Des méthodes d’islamistes! Pour ces anti-musulman faut chercher la logique, sacrebleu, même pas foutus de réfléchir aux procédures! Il ne leur reste plus qu’à lapider Bribri, partis comme on les voit! Vous captez maintenant c’est quoi les Gilets Jaunes (bon, attention, ça c’est pour causer comme le populo, qu’y comprennent bien) bande de ploucs? Ces mecs, si vous les suivez ils vous emmèneront au plus pire! Alors, bonnes-gens, bande de péquenots illettrés, ignares et incultes, démerdez vous comme vous voudrez mais lâchez nous les baskets, on en a assez fait pour vous! Maintenant on est dans les embrouilles avec Moscou-Vessie, de Bruxelles, qui fait rien qu’à appeler Manu Premier et Le Maire II, pour leur causer comme quoi les Ritals, violemment retoqués à 2,4%, comprendraient mal qu’on puisse foutre la paix aux Franchouilles qui vont dépasser les 3,3%. La moindre des choses, espèces de manants mal branlés, consisterait à vous montrer un peu reconnaissants, flûte! Fêtez les réveillons bien au chaud, retournez marner au boulot en Janvier et le Samedi, siouplaît, allez donc au supermarché cramer le blé qu’on vous a si généreusement refilé, au lieu de foutre le bordel en compagnie des sales nauséabonds de mes deux qui finiront tous en galère, promis juré, dès qu’on les aura identifiés! Et maintenant, laissez nous chercher les combines pour vous repiquer les sous qu’on vous a concédés, vu le montant hallucinant de la dette c’est bien le moins qu’on pourra magouiller pour calmer l’Europe, faut comprendre!

Cependant, on pourrait bien leur suggérer un truc, à ces chers petits macronniens qui cherchent des subsides. Voilà de quoi il retourne. Selon un magistrat spécialiste des fraudes fiscale et sociale, un certain M. Prats, il existerait 1,8 millions de Cartes-Vitale délivrées sur la base de documents d’état-civil bidons, principalement en provenance d’Algérie, du Maroc, du Congo et du Mali. Rien d’étonnant à cela puisque le petit monde de la Sécu a, depuis fort longtemps, eu vent des spécificités de ces pays-là, à l’occasion notamment du paiement de pensions de vieillesse dont les titulaires dépassent très souvent les cent ans et parfois les cent-vingts… la longévité africaine est bien connue, mais à ce point-là…  Donc, rien d’étonnant à ce qu’on immatricule à tours de bras des zombies munis de papiers tout ce qu’il y a de plus réguliers. En revanche, là où ça devient croustillant c’est que le trafic en cause engendre environ quatorze milliards de dépenses annuelles… vous voyez à quoi elle sert, votre CSG, pas vrai? Alors, cet honorable M. Prats, qui fonctionnait en 2011 au Ministère du Budget, avait remué ciel et terre, à l’époque, pour que l’Administration puisse engager des contrôles et mettre un terme à cette petite fantaisie ruineuse. Hélas, rien de sérieux n’a été fait depuis et la brave « Sociale » continue de raquer allégrement le produit de nos cotisations… ça va dans le bon sens, pas vrai, on aide les pays pauvres…Mais tout de même, quatorze milliards qui se baladent, ça vaudrait peut être le coup de s’en occuper! Pas vrai M. Macron, M. Philippe, MM. Le Maire et Darmanin (Gérald-Moussa de son prénom), Mme. Buzin du Restachargezéro? D’accord y a du boulot pour un bon millier de contrôleurs, au bas mot, mais pour une fois qu’on pourrait embaucher à la Sécu des gus qui feraient quelque chose d’utile…Et pourtant, vous savez, je crois que ce pognon-là nous allons continuer à nous asseoir dessus: on ne va tout de même pas mettre le nez dans leur caca à nos bon amis de là-bas, dis!

Et faites moi penser, le prochain coup, à vous raconter pourquoi la limitation de vitesse à 80 KM/H va nous coûter quatre milliards.

Joyeux Noël à tous et faites vous bien gras.

Et merde pour qui ne me lira pas.

NOURATIN

 

(1) Comme disait Sénèque, un contemporain de Jésus mais qui est mort à soixante-cinq balais, dans son lit…faut dire qu’il était stoïcien, ça explique.

La crèche à roulettes

Pas terrible, ce matin, la grisaille et le frisquet! Ce cher vieux Blaise, dans son gros pardessus en loden, m’a tout l’air du quasi-cadavre. Vous savez, le teint blanchâtre à reflets verts,  les ailes du pif qui se pincent, l’affaissement général de la gueule, le pas improbable, bref tout pour s’inquiéter grave à son sujet. Que voulez-vous, les nonagénaires c’est fragile, ça peut basculer d’un instant à l’autre, surtout par temps frais et humide…souvenons nous du brave Théodore (voir le chapitre qui lui est réservé DERRIERE NAPOLEON), canné du jour au lendemain suite à une absorption massive de Martini dry. Du coup, au bistrot on s’inquiète, on le fait asseoir le vioque, on lui propose des coussins, tout ça quoi, histoire de le réconforter bien comme il faut, qu’il ne s’avise pas de nous claquer entre les doigts sans crier gare, comme à la SNCF!
« Diable, je me sens tout gripoteux, s’avise-t-il enfin de nous faire connaître, pour moi ce sera un grog, Thérèse, je vous prie, à base de rhum blanc, s’il vous plaît, je le digère mieux, vous savez, il faut que je fasse attention mes vingt-ans sont bien loin… »
-« Même tes soixante, rigole Jean Foupallour, le prochain qu’on te souhaite, les bougies reviendront plus cher que le gâteau, dis donc! C’est bon pour toi, t’es sûr, de carburer au « cœur-de-chauffe » à soixante degrés? Tu gagnerais pas à t’orienter plutôt vers la camomille, avec la tronche de décavé que je te vois? Parce que bon, la picole, même à visée thérapeutique, vaudrait peut être mieux la laisser aux jeunes, non, à présent? Sans quoi, en guise d’avenir proche, tu risques de te retrouver avec un petit jardin sul’ ventre; fais gaffe Blaisounet, l’Hiver ça reste la saison à piège chez les mecs de ta génération! »

Si l’intention apparaît louable, la formulation n’en demeure pas moins brutale et dépourvue d’aménité. Foupallour avec son gilet jaune et son apéro de la même couleur qui vous colle sous le nez la vérité toute nue, toute mal foutue et malodorante, pour un vieux birbe en instance d’extrême-onction ça frise l’insoutenable.
« M’en fous, ducon, occupe toi de ton foie, abruti! Tu sais ce qu’il te dit le Blaisounet? N’ai-je donc tant vécu que pour entendre un soiffard de ton calibre me faire la leçon sur ce que je dois pitancher ou pas? Et puis si ça me fait plaisir, à moi de crever bourré, hein? Qu’est-ce que t’en as à foutre? Retourne donc plutôt sur ton rond-point à gueuler « Macron-Démission » et à taper dans le cubi en compagnie de tes petits camarades à revendications éthyliques! Profites-en bien, elle ne va pas tarder à s’arrêter, votre révolution arrosée, Noël arrive, il va falloir songer à décorer le sapin et à mettre le petit Jésus dans la crèche… A en juger par les tronches des insurgés en jaune-fluo, les catholiques en constituent l’écrasante majorité…et ça fait quoi, à Noël, les Catholiques? Ça picole, oui d’accord, mais à la maison, au coin du feu, en famille, pas sur les carrefours de rase-campagne! Alors enfourche ta mobylette, retournes-y fissa tant que ça dure encore un peu, et laisse moi me finir comme ça me chante, gros plouc! »

Mince alors! Du coup il a retrouvé des couleurs, le vieux teigneux! Comme quoi, finalement, un bon gros coquin de dieu ça vous remet la santé en place, l’adrénaline sans doute… Jean Foupallour, honteux et confus, jurant sur son Ricard qu’on ne l’y prendrait plus, se le tient pour dit tout en restant imperturbablement accoudé au zinc. Aucune envie d’aller se les geler sur le bord de la route, tel un gilet-jaune en déroute… On le sent bien, le cœur n’y est plus. Et puis de toute façon ils ont tout gagné, Présipède a baissé les brailles: enterrés, la taxe écolo sur le gazoile, la CSG sur les retraites… Ils voulaient quoi d’autre, les Foupallour et les Grauburle? Ce dernier ayant depuis belle burette, d’ailleurs, remis le gilet dans le vide-poches de la 4L sur injonction formelle de Germaine, sa mégère non apprivoisée, qui appréciait moyen de le laisser vadrouiller hors de son contrôle. Ils voulaient quoi, disais-je? Ben oui, un peu plus de sous, juste pour assurer, quoi. Après, exiger la démission du petit mignon, bof, lui ou un autre, pas vrai, y a pas de raison de foutre le pays à feu et à sang pour si peu. Et le reste ça vire à l’amusement pour intellos à la petite semaine…le RIC, vous savez, le « referendum d’initiative citoyenne »! On se fout de qui, là? Oh, bien sûr, si l’on nous demandait notre avis sur la conduite à tenir au regard des Chancepourlafrances de type Chekatt, le flingueur de Strasbourg,  là ça pourrait présenter un certain intérêt…mais avant qu’on en arrive là les gilets auront viré au gris-foncé.
En d’autre termes, les vieux révoltés du week-end , les Grauburle, Foupallour et consorts, vont s’en retourner, bien pépères, dans leurs charentaises. Simultanément leurs confrères smicards, forts d’une bonne centaine d’Euros conquis de haute lutte, ne manqueront pas de les craquer illico dans l’achat d’un véhicule moins polluant et donc subventionné. Resteront les baisés, les éternels couillonnés, les damnés de la terre, les vieux à plus de deux-mille balles de pension, les jeunes payés un peu au dessus du SMIC…ce ne sont pas à eux seuls qu’ils feront une révolution dont, pour la plupart, ils n’ont pas la moindre envie, faut pas déconner. A l’exception de quelques irréductibles déterminés à obtenir la peau de Macrounette ou bien encore acharnés au rétablissement de l’ISF pour faire cracher les riches, le joli mouvement automnal aux couleurs de jonquille en plastoc commence à manquer de carburant. Autrement dit, c’est fini, nous n’irons plus au rond-point, les gilets sont pliés! Bon débarras, ça commençait tout de même à bien faire leurs petits monômes de collégiens sur le retour.

Restera maintenant le « Grand Débat » promis par Présipède. Moi, je ne voudrais pas persifler, vous me connaissez, mais là j’aurai du mal à éviter, vous voyez. Le Grand Débat! Dans le genre grosse pantalonnade ça risque d’atteindre des sommets. On vient déjà de nous annoncer qu’en dépit des assurances formelles données par leur petit patron en chef, les députés de la majorité rejettent avec horreur l’idée qu’on puisse y inclure les questions relatives à l’immigration, aux immigrés, aux migrants et à tout ce qui tourne autour. M’enfin, ça va pas la tête, on n’en cause pas de ces affaires-là! Vous vous rendez compte, ce serait la porte ouverte à tous les fachos, à tous les réacs, à tous les beaufs, à tous les boutiquiers, à tous les petits bourges et même aux ouvriers vu qu’ils votent Marine ces cochons-là! En gros vous avez les trois quarts de la population qui, d’une façon ou d’une autre, sont favorables à ce qu’on fasse quelque chose pour arrêter les conneries! On ne va tout de même pas donner la parole à ces gens-là au moment ou la France signe le Pacte de Marrakech, tout de même! Un peu de logique bordel! Heureusement il y a Le Monde pour remettre les pendules à l’heure, cet illustre paquet de papier s’insurge avec l’énergie indignée des détenteurs de la vérité révélée, ce n’est pas au pays des droidlom qu’on va débattre des questions d’invasion et de perte d’identité nationale, manquerait plus que ça, tiens! Alors on la boucle, on ne bouge pas d’un iota et on parle d’autre chose, voilà! Y en a tellement des sujets de débat, on ne va pas choisir celui du consensus nauséabond, y a des limites! La démocratie ça veut dire qu’on donne la parole à ceux qui savent de quoi et comment il faut parler … pas au peuple, bien sûr, on irait où comme ça!

Alors voilà, c’est dans un contexte en voie d’apaisement, comme on dit dans les journaux, que nous allons attaquer les fêtes de fin d’année, formule heureuse permettant d’éviter de prononcer Noël. Ça pue Noël! Bien sûr certaines allusions apparaissent difficilement évitables, le Père homonyme, notamment! On ne lui a pas encore trouvé un nom politiquement correct à celui-là, sans parler de Tino Rossi et sa rengaine nauséabonde: petit Papa Noël! Je t’en foutrais, moi! Et d’abord pourquoi on l’interdirait pas, celui-là, qu’est-ce qu’il nous emmerde! On interdit bien la crèche! Alors!
Il ne reste plus que Ménard, ce sale facho répugnant, passez moi le pléonasme! A la Mairie de Béziers il a récidivé l’affreux! Une grosse crèche, bien réac comme pas possible, avec tout, les bergers, les moutons, le bœuf, l’âne, Joseph le saint patron des cocus et sa petite femme en cloque des œuvres du Saint-Esprit, enfin la provoc caractérisée, le délit qui frise le crime, une honte. Dieu merci…enfin non mais vous voyez ce que je veux dire, le Préfet a immédiatement sorti un arrêté d’interdiction, ah mais! Et figurez vous que cet espèce de petit führer de province, Ménard, a contesté la légalité du truc devant le Tribunal Administratif…bon évidemment sans succès, encore heureux, ils savent bien, les juges, ce que représente la crèche, une insulte à la laïcité et, par surcroît, à la Charia. Pas question de laisser passer: ou il enlève sa crèche, le rebelle à nœud- pap, ou il crache deux-mille Euros par jour d’astreinte, force restera à la loi! Alors il va l’enlever, Ménard, bien sûr… enfin il va la mettre ailleurs, dans un autre coin de la Mairie: il voyait arriver l’embrouille alors il l’a montée sur roulettes, sa crèche! Ça durera bien jusqu’à l’Épiphanie, c’est grand la Mairie de Béziers!

Bonne semaine à tous et à Dimanche prochain si Allah me pardonne… ou plutôt s’Il ne se presse pas trop pour m’administrer le châtiment que je mérite.

Et merde pour qui ne me lira pas.

NOURATIN

 

Vive les Forcedelordres!

Ils font beaucoup, à BFM-TV pour l’évolution de la langue française. Nous avons pu assister, hier, en direct, à la naissance d’un nouveau synonyme de « flic ». Désormais grâce au dynamisme linguistique du medium en question, il faut dire  » force de l’ordre ». Ainsi apprenons nous que ce Samedi de nouveau déferlement gilet-jaunesque donna lieu à la mobilisation de « quatre-vingt-neuf mille forces de l’ordre dont huit-mille à Paris« . Tant qu’on y est on pourrait carrément dire « un forcedelordre », comme, voilà un sacré bout de temps, nos ancêtres remplacèrent peu à peu les « gens d’arme » par les gendarmes, autorisant ainsi un singulier dont certains auteurs inspirés firent leurs choux gras…oui, je fais notamment allusion à la fameuse – pour les très vieux, en tout cas- chanson de Fred Adison (diable, ça nous remet loin, ça) reprise plus tard par le papa de l’ex-député socialo Raimbourg, je veux dire le fabuleux autant qu’inoubliable Bourvil. C’était au temps où l’on prenait la vie du bon côté sans chercher de complications parasites, au temps, surtout, où nous étions encore entre nous…quand on voulait rigoler, on y allait sans état d’âme, jugez plutôt:

Quand un gendarme rit
Dans la gendarmerie,
Tous les gendarmes rient,
Dans la gendarmerie.
Le premier brigadier
Se met à rigoler
A gorge déployée
Avec le prisonnier,
C’est un endroit charmant
Tout rempli d’agréments,
Quand on y a goûté on en reprend!

Je vous fais grâce des couplets, à contrecœur parce qu’ils valent leur pesant de bonne humeur sans prétention. Cela n’atteint sans doute pas le niveau de Stromaé, le génie de Papa où t’es, mais il y a plus de paroles…et peut être aussi de contenu, finalement. Mais c’est beaucoup moins cher.
Reste que « gendarmes » ça vient bien à la bouche, comme leurs homonymes harengs. « Forcedelordre » manque un peu de souplesse… Vous verriez vous « Quand un forcedelodre rit dans la forcedelordrerie… »?  Non, décidément ça ne le fait pas, je doute que le néologisme Bfmtévien connaisse un avenir fructueux, mais bon, on ne sait jamais, de nos jours les plus grosses couillonnades font parfois florès, c’est  souvent le cas, d’ailleurs, dans les sociétés décadentes.

Toujours est il qu’il en ont encore sacrément sué, ce Samedi, nos braves Forcedelordres. Comme les sbires de Castachose avaient jugé opportun de bien protéger les Champs, et surtout l’Arc de Triomphe -transformé la semaine dernière en Arc de Déroute- ça a tout bêtement pété à côté. Les Grands Boulevards, tout ça…et puis en Province, chez le vieux Juppé, par exemple, qui ne décolère pas qu’on lui salope ses beaux-quartiers, mais aussi à Marseille, à Toulouse, enfin un peu partout. Avec une mention spéciale pour Saint Etienne qui s’en est pris plein la musette vu l’absence quasi-totale de Forcedelordres, lesquels se trouvaient à Lyon afin de protéger la « Fête des Lumières », chère à Gnafron le Sénile, et dont il n’eût plus manqué qu’elle fût perturbée par d’infâmes prolos en furie, assistés de Chancepourlafrances toujours prêts à faire les courses vespérales à prix-casseurs.
Du coup, on commence tous à se demander quand ça va s’arrêter, cette plaisanterie. Avec l’allocucu télévisée de Présipède demain soir? Permettez moi d’en douter. Il va lâcher pas mal de lest, le petit coquin, mais sans doute pas assez, et probablement un peu à côté de la plaque. Faudrait déjà bien comprendre ce qu’ils veulent, les Gilets, et je doute que les conseillers élyséens en soient capables. Bon, en gros ces derniers se sont construit une idée du problème: les fins de mois calamiteuses qui commencent dans le meilleur des cas aux alentours du 10. D’accord mais ça c’est la cause initiale, pas la revendication…alors c’est quoi la revendication?…Ben c’est compliqué! Ils veulent la revalo du SMIC, certes… oui…les smicards…les autres n’en ont rien à foutre, ou pas grand chose. Chacun voyant midi à sa porte, nous sommes en face d’un phénomène polymorphe qui semble ne comporter qu’un seul dénominateur commun: le rétablissement de l’ISF! Forcément! Des types qui payent l’ISF ancienne formule, parmi les Gilets-Jaunes vous n’en trouverez sûrement pas un seul. Par conséquent, cet impôt ne touchant que les sales riches, apparaît comme une mesure propre à satisfaire nos revendicateurs jaunes…et c’est probablement le seul lest qu’il ne pourra lâcher, Macrounette, vous vous rendez compte, ça ressemblerait carrément à la capitulation sans condition, avec armes et bagages, sans préjudice du sac de cendres sur la chetron! La honte absolue! Et en plus ses commanditaires de la Haute-Finance lui feraient la peau! Sauf que le Populo, lui, il lui faut des satisfactions sonnantes et trébuchantes, certes, mais aussi morales: qu’on aille chercher le pognon là où il se trouve en abondance, pas dans les poches désertiques des propriétaires de vieilles diesel pourries. Toujours le concept fumeux de « justice », sociale ou fiscale, ou les deux, comme vous voulez. En revanche, le discours qui consiste à démontrer l’intérêt qui s’attache à encourager l’investissement pour renouer avec la croissance, on n’en a pas vu les effets, ni dans le panier de la ménagère, ni dans le réservoir de la Clio à Kévin…donc, ou il remet l’ISF en vigueur, Manu, ou c’est la démission…et l’idéal ce serait les deux, vu que le Président des Riches, personne n’en veut plus… à part, peut être, les riches: raison de plus pour le virer! Parce qu’au fond c’est surtout ça qu’il exige, le bon peuple des rond-points, la tête de Macron…certains, même, au sens littéral de l’expression, au bout d’une pique!

Cependant, l’avez vous remarqué? Pas un seul mot dans toute cette affaire sur la question migratoire, les conséquences de l’immigration, les difficultés des braves-gens à coexister avec les populations importées, bref toutes choses dont les porteurs de gilets jaunes ont forcément gros sur la patate, puisque le vulgum pecus, son problème numéro un c’est souvent celui-là. Outre qu’ils voient Mohamed et Mamadou éponger allègrement les subsides arrivant de la Sécu, des Alloc, du RSA et autres « transferts sociaux » issus en droite ligne des prélèvements réalisés sur les revenus de ceux qui bossent, ils constatent également que les « jeunes » en cause leur pourrissent la vie tout en les prenant ouvertement pour des buses. Quelle n’est pas ma surprise de n’entendre pas un seul mot de protestation sur un pareil sujet. Pourtant quand vous causez avec des clampins du genre de ceux qu’on voit dans les défilés ou sur les carrefours, en général ils vous en parlent, spontanément, et pas du tout en bien. Toutefois, depuis le début de la grosse protestation antimacronienne, silence total à ce propos. Pas la moindre allusion, pas la plus petite remarque, pas une once de rouspétance à caractère nauséabond! On vous montre juste quelques drapeaux bretons, ou vendéens, voire frappés du casque lacédémonien des Identitaires, histoire de prouver la présence de « l’extrême-droite » au sein des manifs, mais rien de plus, zéro pour la question. Ou alors, allez savoir, si ça se trouve ce seraient les media qui écraseraient le coup? Cela s’est déjà vu, n’est-ce pas…
Et en effet, on peut lire de ci de là, au gré des petites info clandestines qui circulent, quelques récriminations du style « y en a marre de payer pour la racaille » et autres observations explicites du même tonneau. Cela dit, nous demeurons dans le underground, rien ne remonte à la surface, laquelle reste lisse et dépourvue de toute vague malodorante.
Personne ne parle, singulièrement, de ce fameux pacte de Marrakech dont la signature est prévue pour la semaine prochaine; personne si ce n’est pour dénoncer « l’intox à caractère fasciste » dont le truc en question ferait l’objet. La seule chose que le lecteur attentif de la presse aura pu apercevoir reste que Macron ne fera pas le déplacement au Maroc, il envoie un sous-fifre, enfin un obscur Secrétaire d’État, aussi inconnu que la plupart de ses petits collègues du Gouvernement Barbapoux. En revanche, la France signera le traité, c’est une certitude confirmée mordicus par toute la Bien-Pensance Folliculaire et même par l’Elysée…mais à voix basse et sans en rajouter.
Alors, de quoi s’agit-il? Bof, simplement d’un texte visant à consacrer l’immigration africaine, légale autant qu’illégale, comme un droit absolu. Les clauses du traité imposent aux Occidentaux d’accueillir tous les intéressés à bras ouverts, en leur donnant accès illimité à tous les services sanitaires, sociaux et de sécurité-sociale. Il nous appartiendra aussi de faire toute la place qu’elles méritent à leurs « cultures »… surtout la Charia, si vous voyez… Donc, en gros, un suicide pur et simple qu’un tas de pays raisonnables refusent avec force: les États-Unis, l’Australie, l’Autriche, l’Italie, la Suisse, la Pologne, la Hongrie, la Tchéquie, Israël, la Bulgarie, l’Estonie, la Lettonie, la Croatie, la République Dominicaine…et je crois que j’en oublie. Tous ces gens-là sont de sales cons, bien sûr, puisque ledit Pacte n’est « pas contraignant », comme disent tous les gens comme il faut et qui pensent convenablement. La France, donc, s’empressera de le ratifier, donnant ainsi à ses Juges un outil juridique de première bourre pour nous imposer une submersion migratoire dans laquelle nous ne manquerons pas de nous dissoudre à jamais. Merci Macron, voilà qui pourrait apparaître comme le couronnement de votre carrière dévastatrice.
Mais nous en parlerons le moins possible, pas vrai? Des fois que les Gilets-Jaunes viendraient à s’en offusquer…

A bientôt, amitiés générales et vive tous les Forcedelordres!

Et merde pour qui ne me lira pas.

NOURATIN

 

 

 

Mamy ne court pas assez vite

Comme dit Castapiane, notre sémillant Ministre de l’Intérieur, le plus embêtant dans tout ça c’est qu’on n’arrive plus à faire le tri entre les manifestants gentils et les autres salopards de casseurs sans foi ni loi. Qu’est-ce que vous voulez, avec cette combine à la con de gilet jaune, impossible de savoir qui est qui. Du coup, nos bons flics, quand il réussissent à en gauler un c’est juste parce qu’il court moins vite qu’un Black-Bloc, lequel se révèlera toujours plus véloce que la veuve de Carpentras. Par conséquent, les individus mis en état d’arrestation il faut les relâcher rapidos, pas la peine de les déférer, ça ne servirait à rien… En quoi il se trompe sans doute, car le trotsko, l’anar ou le « jeune » de banlieue, pour la plupart des Magistrats ce sont des potes, enfin, stricto-sensu des camarades. Moyennant quoi, un bon retraité, pour peu qu’il pue son vieux réac, fera toujours l’objet de la sévérité judiciaire, bien mieux, en tout cas, que Mohamed, Mamadou, ou le vétéran de Notre Dame des Landes. Il devrait y réfléchir, le barbousard de Beauveau, s’il veut des résultats tangibles en termes d’embastillement…
En attendant on le sent bien embêté. Il commence à penser qu’un bon état d’urgence ferait l’affaire pour lui assurer des week-end plus paisibles, parce que là, depuis bientôt un mois, plus moyen de descendre sur Forcalquier taper les boules avec les collègues, notamment les vieux amis des cercles de jeu du temps de Gastounet; si c’est pas malheureux d’en arriver à ce point, à cause d’une bande de tordus en gilet jâne!

Par ailleurs, un autre barbu, celui de Matignon, commence à faire grise mine. On n’aimerait pas, en ce moment, se trouver à la place de son slip, vu qu’on lui sent de plus en plus le trouillomètre à la baisse. Abasourdi, le grand couillon en question! Vous vous rendez compte, ils ont osé saloper les symboles les plus sacrés de la France, taguer l’Arc de Triomphe! Profaner le tombeau du pauvre troufion non-identifié, qu’encore un peu ils lui coupaient le gaz! L’Ultra-Droite, que voulez-vous, la peste brune…quoique plus on avance dans la chienlit bordelifique, moins ça devient possible de proférer des âneries de ce calibre. Ça se voit comme le pif au milieu de la gueule qu’il s’agit de tout ce qu’on veut sauf de la Droite, fût elle ultra. Et il commence à baliser sec, Barbapoux, il sent venir de plus en plus le fantôme des révolutionnaires de la grande époque, des grandes époques devrais-je préciser: 89, 30, 48…je dirais bien 68 mais là on avait affaire à de petits gauchiards repus…il s’agit aujourd’hui de bien autre chose.
Les gouvernants de la Répupu en marche vers le désastre règlent désormais l’addition des veuleries successives imputables à tous leurs prédécesseurs depuis l’époque giscardienne. Il doit le sentir confusément Barbapoux, ça se lit dans son regard anxieux, il ne comprend pas tout, certes, avec sa cervelle de rocardien-juppéisé on ne peut exiger de lui l’impossible, mais la trouille de l’inconnu qui arrive à grands pas, ça oui, ça reste à sa portée.

Alors, il se passe quoi, en fin de compte? Bon, eh bien c’est tout simple, vous allez voir. Depuis quarante ans de déconnage républicain, ils ont d’abord voulu faire payer les riches. Ces derniers ont foutu le camp ou se sont débrouillés pour sauver les meubles. Parallèlement, comme les populations immigrées ou issues de l’immigration, ainsi que tout un tas de fainéants et autres profiteurs du système, pesaient de plus en lourd dans les comptes publics, il fallut bien se rendre à l’évidence, les riches qui restaient en tant que cibles potentielles apparaissaient en nombre très insuffisant pour boucher le trou. Et comme ce dernier se creusait de plus en plus, sans possibilité de trucage à cause de notre nouvelle monnaie gérée depuis l’étranger, il ne resta plus qu’une solution: faire payer les plus nombreux… à savoir les pauvres!
Bien entendu, pas n’importe quels pauvres, ceux qui bossent. Les autres, les susvisés profiteurs de tout poil, évidemment on ne risque pas de les pressurer fiscalement, eux c’est le contraire, le pognon on ne le leur prend pas, on leur en donne. Et du coup ils se retrouvent coincés, Présipède et ses sbires, entre deux catégories potentiellement antagonistes d’impécunieux, les bons franchouilles et les autres. Les premiers voudraient bien s’en sortir par leurs propres moyens mais les moyens on les leur enlève pour engraisser les seconds. Alors forcément ils râlent, les braves vaches à lait et, à force d’abnégation, de renoncement, d’espoirs déçus, ils finissent par enfiler le gilet jaune! Pour foutre le feu, une toute petite étincelle suffit, le jour ou Macrouille leur parla en ces termes: « Ah vous rouspétez parce que je vous augmente le gazoile? Eh ben vous en faites pas, les ploucs, je vous en collerai encore une autre en Janvier…en attendant la suivante! Et ne vous plaignez pas, bande de pleurnichards, c’est pour votre bien, pour vous sauver la planète, espèces d’ingrats! » Ils ont beau se trimballer des tronches d’abrutis, d’illettrés, de pochetrons, de fumeurs de clopes, à ce point de foutage de gueule ils ne digèrent plus les pauvres bougres.
Et c’est à ce moment là, quand ils ont commencé à rouspéter pour de bon, à sortir les jaquettes de la boîte à gants, à menacer de foutre la pagaille partout, qu’il aurait dû comprendre, Présipède. Ça commençait à sentir le purin à pleins naseaux, il fallait lâcher un peu de lest dare-dare, désamorcer le truc avant qu’il ne parte en quenouille. Et le petit merdeux, au contraire, droit dans ses bottes le mignon: « je tiendrai le cap contre vents et marées, non mais des fois, ça ne se voit peut être pas mais j’ai des burnes, moi, c’est pas pour rien que me v’la président! »
Plus ils sont intelligents, plus ils sont bêtes! comme disait mon Paternel. Un truc que la première Ségolène venue comprenait aisément, à savoir qu’une forte odeur de roussi implique un repli stratégique, coûte que coûte, les questions de déséquilibre budgétaire ne pesant rien face aux risques susceptibles de découler d’une grosse grogne populacière. Quand elle a vu la tournure que prenaient les évènements, la Pintade, elle a tout arrêté, en catastrophe, capitulation sans condition en rase campagne. L’affaire nous a coûté un ou deux milliards mais les Bonnets Rouges sont rentrés à la maison satisfaits, ils avaient gagné. Et la Répupu socialo a pu continuer tranquillement sa paisible dégringolade…il devrait bien y réfléchir, Manu l’Intransigeant… on voyait plein de drapeaux bretons sur les Champs Élysées…

Maintenant c’est cuit! Ils se retrouvent dans la nasse, Macron et ses macronophiles. Trop grave pour essayer de s’en tirer avec de belles paroles, trop tard pour désamorcer le bigntz avec un simple report des taxes sur le pétrole, trop mal embarqué pour trouver des interlocuteurs malléables comme par exemple les syndicalistes professionnels, trop con comme situation, vraiment. D’autant qu’ils ne disposent d’aucune marge de manœuvre, ces couillons, il leur faut des sous, plein de sous, et pas moyen de trouver des économies. Le seul poste de dépenses où ils pourraient sérieusement en réaliser ce serait le social (voir ici)…inutile de dire que couper si peu que ce soit les vivres aux quartchiers sans-cible, le remède serait vachement pire que le mal. Donc il ne sait pas quoi dire, Présipède…du coup il ne dit rien, et c’est bien ennuyeux pour lui parce que les braves-gens prennent ça pour du mépris! Non, les amis, il ne s’agit plus de mépris, juste d’un petit con qui s’est mis tout seul dans le pétrin et qui ne sait plus comment s’en sortir… Et ce n’est pas en consultant les Castaner, les Ferrand, les Grivaux, les Mahdjoubi, ni même sa chère Bribri, qu’il dégottera la martingale pour se sortir du boxon…ah, si au moins il avait su garder Benalla, celui-là avait l’air un peu moins benêt que les autres…

Au bout du compte, partis comme nous voilà, je ne suis pas foutu de vous prédire la manière dont les choses évolueront. Vous avez plein de gens, parmi les porteurs de gilets, qui trouvent la plaisanterie un peu trop poussée…mais en même temps, comme disait ma chère grand-mère quand on a fait trente, autant faire trente et un…donc, Samedi prochain il devrait bien encore se passer quelque chose…ce sera dur à éviter, hélas!
Alors, les amis, à propos de grand-mère, dites donc à Mamy d’éviter d’y aller, le prochain coup, ce serait mieux qu’elle reste à la maison, elle ne court pas assez vite…

Bonne semaine à tous, et vous aussi, si vous le pouvez, demeurez donc bien pépères chez vous, ça me semble plus raisonnable.

Et merde pour qui ne me lira pas.

NOURATIN

Un fort affaiblissement

Pourtant ça commençait bien. Pas plus tard qu’hier matin, le camarade Castaner, dit « L’Harpian » (1), successeur de Gnafron-le-Sénile, pouvait faire état d’un « fort affaiblissement » du mouvement des « Gilets Jaunes ». Il aurait tout aussi bien pu dire « un faible renforcement », toutefois la formule eût moins bien collé à sa démonstration, fondée sur la méthode Coué et l’affirmation selon laquelle « les séditieux de l’ultra-droite », répondant à l’appel de Marine, constituaient désormais le gros des maigres troupes manifestantes. En substance l’idée repose sur l’essoufflement d’un mouvement dont la spontanéité semble plus que douteuse, puisqu’en vouloir à Macrounette s’apparente forcément  à une aberration extrémo-droitiste. Les Gilets Jaunes, cela va de soi, descendent en droite ligne des chemises noires de Mussolini et -encore plus affreux- des brunes dont s’affublaient les épouvantables Nazis, orresco referens, quand ils se livraient à leurs exactions contre le Peuple Élu des Ghettos. Et d’ailleurs, hein, qu’est-ce que c’est que ces histoires de gilets, sinon une référence à peine voilée à la tenue des immondes parmi les immondes, les Ku Klux Klan! Somme toute, vous allongez le gilet jusqu’aux godasses, vous lui ajoutez une cagoule à pointe (comme les casques de sinistre mémoire), vous repeignez le tout en blanc et hop ça y est, vous tombez chez les infâmes racistes suprématistes de la face-de-craie! Ne nions donc pas l’évidence: les Gilets-Jaunes apparaissent sans aucune contestation possible comme les héritiers de la Milice des Heures les Plus Sombres de Notre Histoire, la honte de notre Beau Pays des Droidlom, Dieu merci…enfin pas Dieu…bon, allez, on va dire Staline merci…délivré de l’opprobre éternel par l’incommensurable héroïsme des Forces du Progrès. On ne sait même plus comment les qualifier, cette bande d’ivrognes en jaune-pisseux, mal fagotés, mal embouchés, mal ficelés, mal léchés, malpropres et mal foutus! Collabos? Oui, sans doute, au sens où ces gens apportent un soutien inconsidéré aux sales fachos-frontistes du soi-disant Rassemblement National… Mais pas seulement! En cherchant bien, on pourrait leur trouver une parenté encore plus évidente: les Gilets-Jaunes ne sont rien d’autre que les nouveaux Poujadistes! Ça ne vous dit rien ça,  Pierre Poujade?
Eh oui, mes chers amis, tous ces ploucs abrutis ne sont ni plus ni moins que les héritiers d’une coterie qui, entre autres forfaits, avait porté le jeune Jean-Marie au Palais Bourbon, parmi un gros paquet de députés de son acabit. L’extrême-droite, quoi, tout le contraire de la Droite Républicaine (l’autre façon d’être de gauche): des boutiquiers pusillanimes à courte-vue, des ploucs ignares autant qu’égoïstes, de sales connards sans idéal autre que leur petit intérêt personnel…des Gilets-Jaunes avant l’heure pardi, ça crève les yeux! Alors, quand il vous le dit Castaner, que tout ça c’est l’Extrême-Droite, l’Ultra-Droite, la Main-Droite…enfin je veux dire la Main-Noire, cette effroyable organisation secrète de nationalistes Serbes qui nous a si bien coûté la Guerre de 14/18, excusez du peu! Alors, hein? Il a pas raison, l’Harpian, de nous les écrabouiller par tous les moyens, ces Yellow-Jackets de mes deux?

Et tout cela se confirme à merveille. Les media appuient vigoureusement les propos du sinistre de l’Intérieur: c’est un coup de « l’ultra droite ». Même pas l’extrême, l’ultra, parfaitement. Ils nous ont même sorti de la naphtaline un éminent spécialiste, le sieur Sylvain Boulouque, un type dont on décèle rien qu’au look-boulouque le sérieux et la compétence: une tronche de prof trotsko à mettre dans un musée. Il nous dit, le Sylvain, après avoir affirmé que tout le bordel venait des « groupuscules de l’ultra-droite », qu’en réalité ce sont ces derniers qui ont commencé, on en est certain, absolument, parce qu’on a vu un drapeau français frappé du cœur et de la croix…mais oui, voyons! Les Vendéens! Les ennemis de la Répupu, enfin! Vous vous rendez compte! Le cœur et la croix, merde, si c’est pas une preuve, ça! Même qu’après en avoir massacré des palanquées, hommes, femmes et enfants, en quatre-vingt-treize, il en reste encore assez pour venir mettre le souk sur les Champs! Donc on est sûr. Et ça se confirme figurez vous, car certains ont pu aussi apercevoir, sous les gilets jaunes, des tee-shirts de la Manif Pour Tous! Deux ou trois au moins, signe de la présence manifeste, dans les cortèges, des éléments fachos les plus radicalisés.
Mais bon, on a trouvé aussi -surtout, même- plein de tags gauchos, anar et antifas un peu partout sur les boutiques, les murs et même les barrières en béton bordant les chantiers. Alors il fournit une explication Boulouque: si c’est bien la Droite infecte qui a commencé, ensuite la Gauche radicale a pris le relais, voilà tout. Vers le soir les Black-Blocs et autres camarades du même tonneau sont venus en remettre une couche, vous voyez, une seconde manif succédant à celle des poujado-fachos! En somme, il a raison l’Harpian, le grabuge doit être imputé aux ultras du mauvais côté, voilà! Le reste, ceux de gauche, c’est autre chose mais on n’en parle pas puisque de toute manière l’essentiel c’est le pauvre Présipède lâchement agressé par les Gaulois abrutis de la France illétrée. Et l’arrivée, dans l’après-midi,  des petits « jeunes » de banlieue venus participer à la fête pour dénoncer la misère des cités sans-cible et les entraves parlementaires à la libre circulation des stupéfiants(2), ne présente rigoureusement aucun intérêt au regard de l’affaire qui nous occupe! L’ultra-droite, point final, circulez y a rien d’autre à voir!
Cela dit, ainsi que je vous le précisais au début, le mouvement des gilets poujadistes apparaît en totale perte de vitesse. La preuve? Bon, écoutez, c’est simple: près de trois-cent-mille clampins la semaine passée et seulement cent-six-mille-trois-cent-un hier à 17 heures, 106 301!… Comment dites vous? Oui c’est précis comme nombre… On se fout de notre gueule? Mais pas du tout enfin! Le Ministère de l’Intérieur, quand il compte, il compte, là, ce coup-ci il les a dénombrés un par un, les gilets, fastoche vu qu’ils étaient peu nombreux. D’accord vous avez un syndicat de police qui parle de sept-cent-cinquante-mille au total, mais vous voyez bien le manque de rigueur, hein, on est dans l’estimation à la louche! Sans compter que le syndicat en question, il serait plutôt de droite que ça ne me surprendrait pas plus que ça! Laissons donc ces péquenots entre sales poujadistes et parlons plutôt de choses sérieuses.

Pour ne rien vous cacher, moi, dans toute cette histoire je vois émerger des trucs assez déplaisants. Ces braves Gilets-Jaunes -la couleur des éternels cocus- veulent la démission de Macron, très bien. Ils ne l’auront pas, c’est sûr. Mais le problème réside avant tout dans la pauvreté manifeste de l’argumentaire. Leur truc, à nos rouspéteurs du samedi, c’est « le Président des Riche » qui supprime l’ISF et qui le remplace par des taxes sur le gazoile des malheureux et sur les retraites des vieux. Très bien, d’accord, ce n’est d’ailleurs pas faux; cependant, à mon sens, la question n’est pas là. En réalité Macrounette, comme ses prédécesseurs depuis quatre décennies, se trouve dans l’obligation absolue de ramasser un max de pognon. D’où l’idée d’éviter de continuer à dégoûter les investisseurs, donc les riches, afin qu’ils recommencent à apporter leurs capitaux. En soi, l’idée me semble plutôt bonne, bien que dictée par la Haute Finance Internationale dont on sait l’appui qu’elle a pu apporter à ce brave petit Manu. Cela dit, la Finance en question se révèle forcément mieux informée que Mme. Michu ou M. Tartempion, dont le seul recours reste de défiler vêtus d’un oripeau de sécurité routière. Faudrait-il encore que ces pauvres couillons se penchassent un peu sur la structure des dépenses publiques, telles que n’importe qui peut en prendre connaissance par l’entremise d’un Google toujours prêt à rendre service. Ils s’apercevraient, alors, que les charges de l’État, des Collectivités Locales et de la Sécu, comportent des « dépenses sociales » à hauteur d’environ 650 Milliards d’Euros, une paille! Sur cette montagne de blé, vous en avez bien la moitié, en étant très-très modéré, qui découle directement des conséquences de notre belle « diversité » et de l’immigration aliénatoire que nous subissons depuis plus de quarante ans. Si vous ajoutez à la somme les dépenses induites par les populations en cause dans les domaines de l’éducation (enfin le gros patacaisse qu’on appelle ainsi), de la justice pénale, de la police et autres, vous dépassez très largement les quatre-cents milliards…je veux bien admettre l’impossibilité de tout supprimer, aujourd’hui les conséquences seraient sans commune mesure avec les petites bluettes des chasubles jaunâtres, mais peut être faudrait il commencer à s’y intéresser plutôt que d’emmerder le pauvre monde avec la « fiscalité écologique » macronnienne. Avec seulement dix pour cent d’économies sur ces postes-là, on résoudrait bien des difficultés…oui mais bien sûr, pour y parvenir il faudrait commencer par élire des gouvernants d’une autre trempe… genre Salvini, tiens, au hasard…
Macron démission! Macron démission! Macron démission!… On peut toujours rêver…

Bonne semaine à tous, avec ma fidèle amitié.

Et merde pour qui ne me lira pas.

NOURATIN

(1) « L’avide », celui qui bouffe à tous les râteliers, en provençal…enfin je crois.

(2)Allusion a la contravention de 200 € nouvellement créée pour sanctionner la consommation de drogue.

Les révoltés du week-end

Ce sont ces gens qu’on voit, au petit matin dans leurs bagnoles, lorsqu’ils vont au boulot, la gueule un peu de travers, pas bien contents mais résignés, quand faut y aller, faut y aller… Et puis aussi des vieux et des vieilles, plus habitués à des activités pépères, style jardinage ou mots croisés, qu’à se pointer sur le bitume pour faire voir qu’ils existent encore et n’entendent pas se laisser faire les poches sans rouspéter. Le Franchouille de base, en somme, celui qui se crève la paillasse pour un salaire miteux amputé d’un bon quart, ou se brosse d’un gros bout de son étique retraite afin d’engraisser Mohamed et Mamadou, lesquels n’en foutent pas une rame et, en plus, se payent allègrement leurs tronches.  Plutôt des moutons, ces « manifestants », tondus mais excédés; trop c’est trop, il arrive un moment où il faut que ça pète ou que ça dise pourquoi. Nous y voilà, à ce point d’exaspération inéluctable, il a fini par arriver! Macron t’es foutu, les braves-gens sont dans ta rue!
Oui, parce qu’on les a retrouvés devant l’Elysée, ces nanas et ces types plus ou moins porteurs de ce fameux « gilet jaune » qui, pour une fois, présente une utilité: tant qu’à l’avoir dans la bagnole pour éviter la prune susceptible de découler d’une absence d’équipement de bord règlementaire, autant le porter pour aller faire un petit coucou à Présipède. Le jour où ce dernier, en pleine explosion des prix du gazoile, crut bon de faire savoir qu’il poursuivrait sans faillir l’augmentation continue de la fiscalité « verte », la cause se trouva entendue, la goutte fit déborder le réservoir. Ils avaient jusque-là tout supporté, les cocus des prélèvements obligatoires, mais là, tout à coup, ça faisait trop. Ce morveux, accoutumé à les traiter de pleurnichards, de fainéants, d’illettrés, de gens de rien, entre autres marques de considération, leur intimait, avec sa bille de faux-cul, l’ordre de cracher de plus belles au bassinet d’une « transition énergique »  dont la ficelle se voit depuis la Lune. Tant que le prix du baril baissait, ils pouvaient y aller sans trop de crainte, nos braves gouvernants successifs, mais avec la remontée brutale des cours la combine a viré au désastre pour les forçats de la bagnole. Obligés, pour cause de prix de l’immobilier, d’aller crécher de plus en plus loin d’un boulot mal payé, leur sensibilité au coût du plein s’exacerbe et le petit « président des riches », incapable de sentir venir le coup, commence à faire les frais de leur grogne un peu désespérée. Elles n’y changeront rien, les mesurettes à la con décidées en catastrophe afin, soi disant, d’aider les pauvres à changer d’automobile; pas plus que les commentaires du style, « ah oui mais ça augmente pour deux bons tiers à cause du prix du brut« … pauvre con, tout ce que tu trouves à faire c’est de nous en coller un tiers supplémentaire en attendant les augmentations futures que tu nous promets déjà! Et maintenant, on nous balance à grands coups de media « plus la peine de manifester, bonnes gens, le pétrole baisse, la pompe va en faire autant! Si ce n’est pas prendre les enfants de la Répupu pour des jambons de Bayonne…
Sans compter que le gazoile c’est juste la partie émergée d’un iceberg qu’on pressent énorme, en dessous de la ligne de flottaison. Des années et des années de rancœurs accumulées quand ça commence à sortir on ne peut pas vraiment savoir où ça va s’arrêter.
Tenez, prenez Grauburle, par exemple, ça fait des décennies qu’il en prend plein la gueule sans moufter. Son problème à lui c’est qu’il a de plus en plus de mal à s’offrir sa petite biture post-prandiale, celle qui lui assure une bonne sieste paisible dans son coin perso Derrière Napoléon ; depuis le coup de la CSG il a du mal, le pauvre, à assurer ses cent sous quotidiens de blanc-limé. Vous avez bien Thérèse qui lui accorde du crédit, quitte à oublier de réclamer le solde, mais c’est humiliant, tout de même, pour un ancien préposé des PTT! Alors il l’a revêtu, Grauburle, le gilet-jaune qui depuis des années prenait la poussière dans sa vieille 4L; et il s’en est allé gaillardement arpenter les rues de la ville, en compagnie de trois mille clampins animés des mêmes intentions de rouspétance généraliste. Le seul problème c’est qu’il a fini par se retrouver en compagnie de Ciotti, juste à côté, dites donc! Du coup ça l’a refroidi, il a remis le gilet dans sa poche et s’en est retourné au bistrot.
– « Vous comprenez, les mecs, moi je veux bien aller gueuler contre Macrouille, ça reste logique comme démarche, y me semble, mais si c’est pour servir la soupe aux politicards professionnels en mal de voix, je préfère encore me bourrer la gueule entre amis! Moi je marchais tranquille, entre Jean-Jacques et Gérard, vous savez, les retraités de Roblot-Borniol… à tel point que sans les vociférations des défileurs j’aurais fini, à force de marcher en troupeau, par me croire à un enterrement. Et puis voilà l’autre nabot-crâne d’œuf qui se pointe avec deux autres blaireaux du même acabit, et hop, ni une ni deux, ils passent le machin jaune par dessus le costard et vas-y que je t’emboîte le pas en tête de cortège. Juste quand on descendait l’avenue par les rails du tram, lequel, bien entendu, ne pouvait plus circuler…je vous dis pas les râleries des fatmas bâchées qui se trouvaient dedans avec chiares et poussettes! A ce moment là j’avais l’impression de faire œuvre utile, par le fait, et il a fallu que le petit crevard rapplique avec sa gueule enfarinée de charognard à suffrages. Bon après tout c’est son droit, y a rien à lui reprocher, seulement moi, ça m’a gâché le plaisir de faire chier la démocratie, vous comprenez. De droite, de gauche, du milieu ou d’ailleurs, tous ces comiques ça reste des profiteurs du pauvre monde…alors pourquoi on les accueillerait à bras ouverts, hein? Moi, je me suis barré et mes potes aussi, on s’est repliés au troquet et on a tapé une belote avec Jeannot, c’est moins fatigant et ça permet de mouiller la meule de temps à autres, chose qui se révèle difficile quand on déambule dans les manifs, pas vrai camarade Foupallour? Et si tu nous payais la tienne, non? Y commence à faire soif, à ç’theure! »

Bien obligé, la mort dans l’âme, de s’exécuter, l’interpellé en profite pour s’emparer du crachoir. Jean Foupallour qui donne son point de vue sur des questions comme les Gilets-Jaunes et leur présumée récupération politique, ça peut présenter un certain intérêt, au moins d’un point de vue anthropologique.
-« Oh ben moi, vous savez, j’y suis pas allé dans leur gros raout. L’idée d’empêcher les gens de circuler, juste pour emmerder Macroûte et sa clique, j’ai pas compris. Ben oui quoi, admettons qu’hier j’aurais eu un truc important, à faire, je sais pas, moi, tiens aller aux champignons par exemple. Alors bon je prenais ma voiture… à supposer bien sûr que j’en aie une, qu’au prix où ça navigue, ces machins-là, c’est pas avec mille cinq-cent balles par mois moins le loyer et les pastagas, que je vais pouvoir m’en offrir une… Bon bref, qu’est-ce que je disais… ah, oui, je prenais ma bagnole et tchac! Plus moyen de sortir de la ville à cause d’une bande de falabraques comme Marcel et ses alcooliques…enfin acolitres, on dit, je crois… qui bouchent toutes les rues pour emmerder le Président de la République! Et là j’ai du mal à saisir les tenants et les abrutissants, vu que pour le coup c’est moi qu’est emmerdé! Macron, lui, s’il a envie de se taper un plat de morilles, de cèpes voire même de petits-gris c’est pas le défilé à la con des gilets couleur-cocus qui va lui couper l’approvisionnement, vous mordez le topo? Par contre, le Jeannot, son petit plaisir il va pouvoir se le carrer où je pense en guise de suppositoire… Putain, pour comprendre votre truc, faut s’accrocher, tu sais Marcel, je vois pas la logique… »

Et une fois encore, dans l’estaminet de Thérèse, comme la plupart des Dimanches-matin, c’est le vieux Maurice qui a le dernier mot. Il nous dit, comme ça, tout en descendant une jolie gorgée de son éternel demi-pression:
-« Y a pas à tortiller, le Système arrive à sa dernière extrémité, alors il faut bien prendre le taureau par les couilles et commencer à secouer les puces à toute cette bande de parasites incapables qui profitent de la connerie républicaine pour se fignoler des carrières dorées sur tranche. La question c’est comment on fait? Et c’est vrai qu’on a pas beaucoup de solutions, on s’exprime comme on peut. Alors je suis d’accord avec toi Jeannot, y a pas de raison qu’on te prive de tes chanterelles impossibles, mais faut bien trouver le moyen de faire voir qu’on proteste. Avant on prenait d’assaut la Bastille, maintenant on bloque l’autoroute…reste à trouver la plus conne des deux solutions… ça se vaut, sans doute… l’avantage de l’autoroute c’est qu’on peut s’en resservir le Lundi, pour retourner au boulot. Parce que c’est comme ça qu’elle va se terminer, leur jacquerie de week-end, les mecs qui bossent devront reprendre le collier dès demain. Il n’a pas trop de souci à se faire, le Présipède, les braves gens ne peuvent se révolter qu’en dehors des heures…ça va générer des trous dans l’action! Vous voyez, au fond, l’honnêteté et la politique ça fait mauvais ménage; quand on vit de son taf ça laisse peu de temps pour s’occuper des affaires publiques. Voilà pourquoi, sans doute, la démocratie ça sera toujours une affaire de voyous et d’escrocs…
Allez, à la bonne vôtre! Et pour la prochaine tournée je prendrai bien un petit jaune, faut savoir se mettre au diapason! »

Que la paix soit avec vous, avec ou sans gilet.
Amitiés à tous et bonne semaine.

Et merde pour qui ne me lira pas.

NOURATIN